Le ton monte chez les salariés de La Hague

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le ton monte chez les salariés de La Hague

Message par Steinn le Ven 18 Nov 2011 - 7:58


Les salariés de La Hague veulent maintenir leurs acquis sociaux. Pendant que la filière nucléairetraverse une tempête.
Reportage


Drôle d'ambiance hier matin aux abords de l'usine de la Hague. De longues files de camions de bus, de voitures, moteurs arrêtés, attendent. Sur la quatre-voies qui relie Cherbourg à Beaumont, une déviation a été mise en place. Les automobilistes ont le choix. L'emprunter ou pas. Du coup, même les petites routes de La Hague sont encombrées. Les bus qui amènent les enfants au collège sont eux aussi bloqués. Il y aura du retard ce matin. Les salariés de La Hague ont compris. Une partie de leurs collègues sont plus loin. Ils bloquent les ronds-ponts à l'aide de pneus.

Seule solution : laisser les voitures sur le bas-côté, et tenter de rejoindre leur lieu de travail. Pas d'énervement. Depuis quelques semaines, ces manifestations sont devenues presque habituelles. Qu'il s'agisse des employés de la sous-traitance ou des « privilégiés » de La Hague, un brouillard d'inquiétude recouvre les travailleurs du nucléaire.

Au rond-point de l'entrée de Beaumont, Jean-Christophe, syndicaliste FO, résume : « Nous nous battons pour le maintien de nos acquis sociaux. L'âge du départ en retraite, la pénibilité. Lorsque j'ai signé mon contrat en 2001, on m'a dit, tu as de la chance, tu vas pouvoir partir à 55 ans. Aujourd'hui au mieux, je partirai à 59 ans et demi. »

Pour lui pas de doute : les économies recherchées par le groupe Areva auront des conséquences sur toute la filière. « Si nous perdons nos avantages, les sous-traitants auront moins de travail. »

Luc Oursel, le patron du groupe, devrait s'exprimer le 12 décembre. En attendant, les syndicats maintiennent la pression. Et les salariés sont un peu désorientés. Ce matin, ils ne pensent qu'à une chose en marchant : « Qui dit moins de centrales, dit moins de retraitement. » Et que va devenir leur usine ?

Sauver ce qui peut l'être

L'analyse de Greenpeace n'est pas faite pour les rassurer : « Les usines de La Hague et de Melox tournent au ralenti. Dimensionnées pour répondre à une forte demande internationale, elles ne sont aujourd'hui utilisées qu'à environ 50 % de leur capacité. Areva envisage de réduire drastiquement les effectifs concernés, ce qu'elle devrait confirmer début décembre 2011, lors de la publication de son plan de restructuration stratégique. Les errances stratégiques d'Areva aboutissent aujourd'hui à une impasse pour les milliers d'ouvriers employés à La Hague et à Melox. Seul le développement d'une vraie filière de démantèlement et de gestion des déchets nucléaires permettrait d'assurer les emplois de ces travailleurs du nucléaire. »

Heureusement, en début d'après-midi, PS et Verts parviennent à un accord : « En cas de victoire de la gauche, au cours de la prochaine législature, les activités dans les filières concernées de retraitement et de production de combustible avec les emplois afférents seront maintenues dans les deux sites de production, La Hague et Marcoule ».

De quoi faire retomber la pression ? Pas sûr. En attendant, aucun blocage n'était prévu ce matin.

Thierry DUBILLOT


Source :arrow: Ouest-france
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum