Découverte archéologique dans la Pointe de Caux

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Découverte archéologique dans la Pointe de Caux

Message par Asulf le Jeu 22 Sep 2011 - 21:30


Lillebonne possédait à l'époque romaine une nécropole digne d'une capitale

Les archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques (Inrap) ont eu la main heureuse fin février : en peu de temps ils ont mis au jour à Lillebonne les vestiges d'une nécropole romaine où reposent probablement plusieurs milliers de nos ancêtres. Ils étaient intervenus pour un simple diagnostic commandé par la municipalité de Nicolas Beaussart (PS) qui voulait vérifier l'intérêt pour l'archéologie d'un terrain qu'elle compte diviser en jardins ouvriers. En un peu plus de quinze jours, les archéologues ont découvert une centaine de tombes, un imposant mur d'enceinte et probablement le drain qui servait à étancher le terrain. Mais ils n'ont sondé qu'une petite partie de l'espace sur lequel se déployait selon toutes vraisemblances la nécropole, de part et d'autre de l'ancienne route qui conduit actuellement à Notre-Dame de Gravenchon. « Nous pouvons déjà dire qu'elle s'étendait sur environ trois hectares et qu'elle a été utilisée durant probablement trois siècles tant par les habitants de Lillebonne que par ceux des environs », assure Frédéric Kliesch, responsable du chantier pour l'Inrap. Avant ce travail, des indices pouvaient toutefois laisser penser que le sol de ce site recelait des richesses. Au XIXème, un important matériel funéraire avait été découvert ici par le fameux abbé-archéologue Jean-Bernard Cochet et des morceaux de sarcophages, utilisés comme matériau de réemploi, étaient visibles encore récemment dans les murs des maisons construites sur le coteau.
Dans cette nécropole, tous les types de rites funéraires peuvent être observés : inhumation des corps dans des coffrages, des cercueils ou des sarcophages et crémation avec dépôt des cendres dans des urnes, des vases, des amphores, voire des sacs de cuir ou des paniers en osier. Frédéric Kliesch peut même montrer les traces noires d'un bûcher qui a servi à brûler sur place un corps. A côté des squelettes ou des cendres de crémation, les archéologues ont découvert de nombreux objets comme des vases, des pièces de monnaie, des perles ou des statuettes. « Il s'agit soit d'offrandes funéraires soit d'objets ayant appartenu au défunt qui nous renseignent dans les deux cas sur la vie quotidienne à cette époque », explique l'archéologue. Les tombes s'étagent sur trois niveaux et très peu de celles mises au jour ne se chevauchent. « C'est la preuve que ce cimetière était bien géré », dit Frédéric Kliesch.
Les archéologues ont achevé ce vendredi leur travail de terrain et devraient commencer dans les jours prochains à procéder à l'interprétation des données recueillies. Il reviendra ensuite aux élus de dire s'ils veulent ou non engager un programme de fouilles systématique pour en connaître un peu plus sur cette nécropole hors-normes. S'ils acceptaient d'aller au delà, ils n'en auraient pour autant pas fini avec le passé antique de leur ville. Le port qui était peut-être la raison d'être de Juliobona n'a encore jamais été localisé.

Le premier port de l'estuaire de la Seine

L'ampleur de cette nécropole confirme la puissance de l'ancienne Lillebonne à l'époque romaine. Appelée Juliobona en l'honneur de Jules César la cité comptait peut-être dix mille habitants à son apogée, du Ier au IIIème siècle après Jésus-Christ. Elle fut la capitale du pays des Calètes qui s'étendait sur une grande partie de la Seine-Maritime actuelle. De ce passé bien oublié, ont déjà été exhumés les vestiges de riches maisons, de thermes, d'aqueducs, d'une fontaine, d'un forum et surtout d'un vaste théâtre. Capable d'accueillir jusqu'à 10.000 spectateurs, cet hémicyclique antique est le plus important encore en élévation dans l'ancienne Belgique gauloise qui s'étendait entre Seine et Rhin.
Citée dans la Géographie de Ptomélée, Juliobona était un port de commerce actif qui servait de relais entre l'intérieur de la Gaule et la province romaine de Bretagne, au-delà de la Manche. Juliobona a ainsi été le premier port d'envergure de l'estuaire de la Seine, avant Honfleur et Le Havre, alors que le fleuve avait une toute autre configuration qu'aujourd'hui. Son lit était beaucoup plus large et, portés par la marée, les navires pouvaient accoster pratiquement aux portes de la cité. Aujourd'hui la Seine endiguée au XIXème siècle a été reléguée à plus de cinq kilomètres de Lillebonne d'où elle est parfaitement invisible.
Avec les bouleversements de la fin de l'Empire romain, Juliobona a périclité pour des raisons qui restent encore inexpliquées. Au IVème siècle, Rouen prend le relais au fond de l'estuaire de la Seine et dans la pointe de Caux, ce sont les abbayes de Montivilliers et de Fécamp qui deviendront à partir du VIIIème siècle et pour longtemps les puissances dominantes.



il y eu une histoire avant la Normandie Very Happy
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Asulf


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Re: Découverte archéologique dans la Pointe de Caux

Message par Asulf le Jeu 22 Sep 2011 - 21:40

voici, un lien pour voir une petite vidéo, en plus il y a un ami Very Happy http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoaftF6k.html



Au premier siècle après J.C., le site de Lillebonne fut choisi par les Romains pour fonder la capitale des Calètes, le peuple gaulois qui peuplait l'ouest du Pays de Caux. "Juliobona", en hommage à Jules César, était fondée.

Lillebonne conserve les vestiges d'un théâtre gallo-romain construit à l'arrivée des Romains, mis au jour vers 1816.

D'abord édifice de spectacles qui ressemblait à un amphithéâtre, il fut agrandi au cours du deuxième siècle après J.C. et devint un théâtre pouvant accueillir jusqu'à 10.000 personnes. Ses vastes gradins et ses deux entrées latérales sont encore bien visibles. D'une ampleur exceptionnelle, il est l'édifice gallo-romain le plus grand et le mieux conservé au nord de la Loire.

La ville conserve également un ensemble très important de thermes ainsi que des aqueducs, ouvrages découverts aux XIXème et XXème siècles. L'hôtel de ville quant à lui abrite dans ses jardins une villa gallo-romaine.
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