Le Mouvement Normand

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le Mouvement Normand

Message par Steinn le Lun 19 Sep 2011 - 12:29


« NE BOUDONS PAS NOTRE PLAISIR... »

Les présidents des deux demi-régions normandes viennent de se réunir le 7 septembre à Rouen pour faire le point sur les nécessaires coopérations inter-normandes. La presse (Ouest-France du 8 septembre ; Paris-Normandie du 9 septembre) s'en est fait largement l'écho et nous reproduirons le texte du communiqué commun qui en est résulté dans le numéro 321 de l'Unité Normande - parution fin septembre -.


Cette démarche, somme toute naturelle, renoue avec la politique de rapprochement des deux collectivités régionales normandes, qui s’était quelque peu assoupie ces trois dernières années et l’on s’aperçoit que les indispensables convergences fusionnelles inter-normandes sont le gage d’une véritable prise en compte globale de la problématique normande confrontée aux défis de la mondialisation, du projet Grand Paris – Axe Seine et de l’avenir même de la Normandie.

Certes, tout cela n’est pas exempt d’arrière-pensées électoralistes et partisanes. C’est, là, la loi du genre et cela constitue une vraie réponse aux déclarations d’intention gouvernementales, telles qu’elles ont été exprimées, lors du Colloque Axe Seine du printemps dernier, par Monsieur Bruno Le Maire, ministre de l’Aménagement du Territoire (cf son discours reproduit dans le numéro 320 de l’Unité Normande).

Les sujets abordés sont cruciaux et devraient faire l’objet d’un très large consensus au sein de l’opinion publique, qu’elle de droite ou de gauche. En tout cas, le Mouvement Normand appuie chacun des points abordés, à savoir :
• Les liaisons ferroviaires vers Paris et, au-delà, les interconnexions T.G.V. et les couloirs de fret reliant la Normandie avec le reste de l’Europe.
• La promotion de l’aéroport interrégional de Deauville – Normandie.
• La nécessité d’une prise en compte globale de la Normandie dans le projet Axe Seine.
• La stratégie convergente à l’international des collectivités normandes. A ce sujet, nous eussions aimé que l’on profitât de l’occasion pour organiser une vraie délégation commune normande auprès des institutions européennes à Bruxelles.
• La mise en place d’un fonds d’amorçage pour les entreprises normandes.
• Une ambition partagée sur la filière éolienne off-shore. Il eût été bon qu’en la circonstance les deux demi-régions normandes missent en commun leur expertise en matière de politique énergétique nucléaire.
• La volonté de réaliser – enfin ! – le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (P.R.E.S.) Normandie – Université et le projet d’une Université numérique en région.

Il nous paraît emblématique la volonté de création d’une marque « Normandie », symbole d’ambition et d’excellence. Cela rejoint toutes les convergences fusionnelles normandes déjà réalisées : une seule Chambre Régionale d’Agriculture, un seul Comité Régional du Tourisme, un même Comité du Littoral, l’Etablissement Public Foncier de Normandie (E.P.F.N.), l’approche identique d’Air Normand, le rapprochement des Chambres Régionales de Commerce et d’Industrie, sans compter la fusion des Caisses d’Epargne... Il reste beaucoup à faire, notamment la création d’un ensemble métropolitain normand ou un Observatoire Culturel de Normandie, etc.

Tout cela est une affaire de volonté politique : les prochaines échéances électorales devraient être l’occasion, pour les uns comme pour les autres, d’élaborer un véritable PROJET NORMAND, pouvant rallier l’adhésion du plus grand nombre de citoyens normands, surtout si l’on affiche l’exigence d’intéresser tous les terroirs normands, qu’ils soient centraux, séquaniens ou situés sur les franges du territoire régional.

Tous les Normands doivent se sentir concernés. Notre devenir sera collectif ou ne sera pas !

Guillaume LENOIR


Source :arrow: http://www.mouvement-normand.com


Dernière édition par Steinn le Mar 31 Jan 2012 - 8:10, édité 1 fois
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Steinn le Mer 25 Jan 2012 - 7:48


Quels sont, en 2012, les arguments pour vouloir réunifier la Normandie ?

Divisée en 1956, de façon technocratique, sans l’aval des populations concernées, la Normandie est séparée depuis cette date en deux demi-régions, la haute et la basse Normandie. Les différentes étapes de la décentralisation ont ainsi créé deux collectivités régionales, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ont connu un déclin relatif par rapport aux régions qui l’entourent.

En un demi-siècle, la Normandie, dont on vient de commémorer le Onzième centenaire de la naissance, a perdu un grand nombre de fonctions métropolitaines supérieures et beaucoup de tertiaire de commandement ou de décision, notamment des directions régionales d’administrations ou d’organismes qui sont allées vers Lille, Rennes, Nantes, Orléans ou Paris, à telle enseigne que c’est maintenant un territoire dépendant comptant peu de sièges sociaux d’entreprises. Ce territoire n’agit plus : il est « agi ». Ce territoire n’attire plus : un quart de ses jeunes diplômés le quitte chaque année.

Peut-il en être autrement pour des petites régions (deux départements pour l’une, trois départements pour l’autre, les deux ayant des moyens limités pour générer un véritable développement endogène) ? Elles n’ont pas l’entregent suffisant pour faire valoir un lobbying efficace, tant auprès de la Capitale que des autorités européennes ! Le résultat de ce fractionnement des volontés normandes se constate avec éclat dans la déshérence dans laquelle se trouve le réseau ferré normand : de toute la façade maritime de la France, la Normandie est la seule zone à ne pas être connectée aux grands sillons ferroviaires européens.

Cette est en elle-même une anomalie : en effet, par la force des choses, des structures unitaires subsistent ou se recréent : une seule Chambre Régionale d’Agriculture, un seul Comité Régional de Tourisme, une seule CARSAT, un seul Comité du Littoral, un seul Etablissement Public Foncier, un Bassin Laitier de Normandie bien individualisé et, bientôt, une seule Chambre Régionale des Comptes et une seule Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie. La volonté d’union ou de réunion des Normands ne cesse de croître, même si elle ne se concrétise pas au plan institutionnel.

Cependant la donne est en train de changer. Et ce, sous la pression de la mondialisation, d’une part, qui incite les zones littorales et portuaires à s’inscrire dans le contexte des échanges intercontinentaux. En fonction, d’autre part, du désir exprimé avec force par le Président de la République de faire de Paris une « ville – monde », ne se concevant qu’avec un accès intégré à la mer.

Paris – la Mer, l’Axe Seine, devient un impératif d’aménagement du territoire national pour le vingt-et-unième siècle et il suppose une prise en compte globale de l’estuaire et de la baie de Seine, avec tous ses ports (Dieppe, Le Havre, Rouen, Caen, Cherbourg). Dès lors, il devient urgent de concentrer les énergies normandes dans un ensemble territorial cohérent et équilibré : la Normandie, « de la Bresle au Couesnon et de l’Epte à la Hague », dans laquelle le Grand Estuaire (dont les pointes sont Dieppe, Vernon et Cherbourg) ferait le pendant et le partenaire du Grand Paris et dont le Pôle métropolitain, constitué par les agglomérations de Rouen, Le Havre et Caen, jouerait un rôle d’entraînement.

On voit donc que la revendication unitaire de la Normandie ne relève pas du folklore ou d’une nostalgie, mais qu’elle s’inscrit dans une perspective d’avenir concernant tout autant les Français que les Normands.

La Normandie est la rencontre de la mer la plus fréquentée du globe, la Manche, et du fleuve, la Seine, qui doit ouvrir Paris au monde : sa vocation maritime est donc essentielle. C’est en outre une des portes d’entrée de l’Europe occidentale pour les flux mondiaux et sa géopolitique en fait une région d’ouverture de première importance. Il est indispensable que les Français, en général, les Normands, en particulier, en prennent conscience et fassent tout pour que cette opportunité d’aménagement du territoire qu’est le projet du Grand Paris et de l’Axe Seine trouve sa concrétisation dans un partenariat équilibré entre la Région Capitale et la Normandie.

Pour y parvenir, il faut donc que la Normandie existe : nous n’en sommes plus aux simples coopérations interrégionales, mais aux convergences fusionnelles afin d’atteindre, dans les toutes prochaines années, la résurrection d’une Normandie conquérante et sûre d’elle-même.
Tout le reste n’est que misérables calculs politiciens de boutiquiers sans envergure ou de prébendiers profiteurs de la calamiteuse division absurde de la Normandie.

Didier PATTE
Président du Mouvement Normand


Source :arrow: Tvnc.tv


Dernière édition par Steinn le Mar 31 Jan 2012 - 8:10, édité 1 fois
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Steinn le Mar 31 Jan 2012 - 8:04


En Normandie, l’époque n’est pas celle des hommes (et des femmes) de bonne volonté

Trois faits d’actualité, apparemment sans liens entre eux, nous font douter d’une volonté commune de s’en sortir en Normandie. L’égoïsme catégoriel, l’effet NIMBY (not in my back yard, ou pas chez moi, chez le voisin),et le localisme, tels sont les chemins de la décadence normande et ce n’est pas la crise qui en est la causse, mais une mentalité de nantis, d’esprits à courte vue ou de potentats fieffés. Le Mouvement Normand n’entend pas se résigner et en appelle à une prise de conscience et à un sursaut : PLUS ET MIEUX SONT EN NOUS !


LES CONTENEURS QUI DERANGENT

Le préfet de basse Normandie « ne donnera pas suite à la demande des Ports Normands Associés de réaliser une plate-forme d’accueil de conteneurs dans le Port de Caen ». Cette décision-couperet entérine l’avis défavorable du commissaire-enquêteur sur le projet qui faisait du quai de Calix, sur le canal de Caen à la mer, le point d’aboutissement d’une navette reliant Le Havre à Caen par la traversée de l’estuaire. Cette navette, à raison de trois rotations par semaine, d’un navire transportant 200 conteneurs, avait l’ambition de capter 15% des 50 000 conteneurs qui transitant entre le Grand Port Maritime du Havre et Caen, important centre logistique à destination de l’ouest et le sud – ouest de la France. Cette navette entre Port 2000 et le quai de Calix pouvait enlever 21 000 camions sur les 90 km séparant Le Havre et Caen (soit une économie de 2000 T de CO2 et 700 T d’équivalent pétrole). On a cédé à la pression des riverains ne voulant pas d’une activité de ruche sur le Port de Caen, voué ainsi à une fonction de plaisance, de nautisme, de marinas. Comme le dit assez hypocritement Rodolphe Thomas, maire d’Hérouville : « Je n’ai rien contre l’activité portuaire, mais je m’oppose à un développement industriel sur le quai de Calix. On risquait de mettre en péril un développement urbain FUTUR pour un projet dont la réussite n’est pas prouvée et seulement pour 10 ou 20 emplois » et de suggérer d’aller installer le terminal conteneurs chez les voisins de Blainville-sur-Orne… Signalons au passage qu’au pied du viaduc de Calix se trouve un peu esthétique dépôt pétrolier qui ne paraît pas gêner les ambitions résidentielles du maire d’Hérouville…
Ainsi, pour accéder aux exigences très contestables d’un édile faisant le choix du résidentiel au détriment du portuaire, condamne-t-on le Port de Caen au marasme, l’agglomération de Caen-la Mer à douter de sa fonction de plate-forme logistique tandis que le tout – routier restera la solution de facilité pour les relations du Port du Havre avec son hinterland. Quant au mépris affiché pour les « 10 à 20 emplois » induits par la réalisation du Terminal conteneurs de Calix, nous laisserons à M. Rodolphe Thomas cette vision mesquine de l’activité logistique qui ne se limite certes pas au transbordement des conteneurs…
Cet incident est significatif : trop d’élus se refusent à accepter l’idée de la vocation maritime prioritaire de la Normandie. Le balnéaire, passe encore ! Les loisirs nautiques, ça classe, mais le trafic portuaire, c’est bruyant, quelquefois sale… Pouah ! Cachez ces conteneurs disgracieux que manipulent des portiques tonitruants et des engins virevoltants à vous donner le tournis… Cela nous rappelle les moues dégoûtées des bons bourgeois rouennais devant les cheminées d’usine de la rive gauche du méandre : ils sont contents maintenant et cette « joie » a gagné la France entière puisque notre pays connaît une vague de désindustrialisation sans précédent ! Pas d’industries, pas de ports : que voilà un bel avenir de réserve d’Indiens. Etonnez-vous après que 15 000 – nous disons bien quinze mille – jeunes diplômés de basse Normandie aient quitté la région en une décennie !


LES AGRICULTEURS DISENT NON A LA L.N.P.N.

Après des palinodies pitoyables se résumant à l’oxymore « Nous voulons bien d’une ligne nouvelle à condition que ce soit sur la voie existante », les responsables agricoles (?) veulent faire pleurer Margot sur l’emprise d’une telle infrastructure « qui réduira les surfaces cultivables ».
L’inconvénient, il est vrai, n’est pas mince : il serait ridicule de le nier, mais, outre le fait qu’il faille une détermination sans faille pour limiter cette artificialisation des sols (le Mouvement Normand, dans son cahier d’acteur du débat public sur le projet de Line Nouvelle Paris – Normandie, a beaucoup insisté sur l’idée d’utiliser au maximum les emprises autoroutières – A 13 et A 154, voire A 15 et A 29 – pour installer la ligne nouvelle afin de limiter l’utilisation de surfaces agricoles), il faut mettre en balance les conséquences du report sur la route du trafic fret ferroviaire à destination ou en provenance des ports de la Basse Seine. Tous comptes faits, les surfaces consacrées à la L.N.P.N. seront-elles plus importantes que celles qu’il faudra réserver aux axes routiers obligés d’être élargis, remodelés, amplifiés sans doute, si l’on veut conjurer si peu que ce soit leur thrombose ?
La Normandie, aujourd’hui, est au moins autant une région d’échanges qu’une région agricole : ne pas l’admettre, c’est de la part des responsables agricoles faire preuve d’une cécité dirimante. Leur égoïsme catégoriel est contre – productif. C’est vrai que les surfaces agricoles diminuent, mais qui vend les terres pour faire des lotissements ? Qui consacre des surfaces toujours exponentielles à bâtir des bâtiments agricoles toujours plus vastes ? Le mitage de la « rurbanisation » n’est pas qu’une calamité pour un monde agricole qui y trouve l’opportunité d’une plus-value immédiate.
Alors se mettre à hurler à la mort contre un projet structurant d’intérêt général en passant sous silence beaucoup de quêtes d’avantages particuliers et juteux serait une dérision si, là encore, il n’y avait une méconnaissance de l’importance des professions liées à la logistique. D’ailleurs, on peut s’étonner de la contradiction d’un monde agricole qui, d’une part, préconise avec juste raison la réalisation d’une ligne ferroviaire reliant la Beauce aux ports de la Basse Seine pour acheminer les céréales et qui, d’autre part, refuse la Ligne Nouvelle permettant de libérer les infrastructures ferroviaires existantes pour le fret généré par ces mêmes ports.


LA CHAMBRE REGIONALE DES COMPTES DE NORMANDIE SERA INSTALLEE A ROUEN

Nous l’avions pressenti (cf notre communiqué N° 164 « La réunification à petits pas à l’épreuve des réalités ») et le fait essentiel à nos yeux, c’est que la Normandie constitue, de ce fait, une entité reconnue. Qu’aurions-nous dit si la basse Normandie, dans ce domaine, avait été rattachée à Rennes et la haute à Douai ou Lille ? Puisqu’il fallait réduire le nombre des Chambres Régionales des Comptes (personne ne le conteste), il était plus que souhaitable que l’entité normande fût reconnue.
Il fallait choisir entre Caen et Rouen : nos deux chères villes (nous les aimons également) avaient chacune des arguments à faire valoir. Caen pour la centralité, Rouen pour l’importance des collectivités locales à surveiller et à accompagner. L’ Etat en région a choisi Rouen : c’est conforme à sa tradition, qui ne date pas d’hier. Dont acte.

Nous jugeons indécent le triomphalisme imbécile affiché par les responsables rouennais, «seino-marins » et haut-normands. Ils ont gagné ! disent-ils. Gagné sur qui ? Sur les collègues caennais et bas-normands ? Cette arrogance traduit le degré zéro d’une vision large du devenir normand. C’est une manifestation ridicule de localisme d’un autre âge. Le futur de la Normandie demande une autre hauteur de vue : la recherche d’un équilibre dans l’aménagement du territoire normand. Nous l’avons déjà dit et écrit, et nous ne cesserons jamais de le dire et de l’écrire : à tout avantage consenti à l’une de nos grandes villes, il faut immédiatement rechercher la compensation à réserver à l’autre ville – capitale. Le reste, le roulage de mécaniques de ceux qui l’ont emporté (ils n’y sont d’ailleurs pour pas grand- chose !) est une insulte au bon sens.
Au fond, et si tout cela n’était qu’une affaire de bon sens et de rapports confiants entre hommes et femmes de bonne volonté, ayant le souci du bien commun plus que celui de la satisfaction des besoins particuliers… Nous l’avons déjà suggéré : des concertations valent mieux que des décisions imposées ou le manichéisme du tout ou rien.

Le Mouvement Normand est conscient des gênes que peuvent produire certaines installations logistiques et nous concevons fort bien que le cadre de vie de certains puisse être perturbé par une nouvelle activité. Qu’un édile se fasse le porte-parole de ses administrés afin qu’ils soient le moins lésés possible, voire dédommagés, c’est tout à fait normal, mais qu’un élu fasse délibérément l’impasse sur une nouvelle activité ou une vocation portuaire essentielle, c’est à la fois démagogique et dépourvu de vision à moyen et long terme.
De même, qu’une profession se refuse à prendre en comptes les autres activités et se racornisse dans une mesquinerie égoïste, voilà qui, à terme, se retournera contre elle. Nous savons tous que les activités nouvelles – comme les activités plus anciennes – ont un impact négatif sur l’environnement et sont dévoreuses d’espaces (c’est une fatalité du genre humain), mais faut-il pour autant se fermer à toute idée de progrès et de développement ? Le malthusianisme est l’antichambre de la mort d’une société. Qu’on travaille tous à rendre, autant que faire se peut, toutes les activités compatibles et non destructrices des économies traditionnelles, voilà qui est une noble ambition. Cela a une autre allure que de vouloir tout ramener à la satisfaction de ses propres besoins.

Quant à la compétition, qui peut être stimulante, entre des villes voisines et cousines, elle doit se dérouler dans un esprit plus coopératif qu’agressif. Il ne peut y avoir de « victoire » de l’une sur l’autre, mais la recherche constante de l’efficacité, de l’équilibre et des compensations accordées à celle qui perd un fleuron de son influence. En l’occurrence, et nous en avons la conviction au Mouvement Normand, l’Etat en région s’appuiera essentiellement sur Rouen : ses services y trouveront leurs sièges, même si, pour certains d’entre eux, il faut envisager une présence à Caen (la direction régionale de l’agriculture et de la forêt par exemple). Mais qu’est-ce qui empêche les Normands de mettre leurs organes délibératifs (Conseil régional, CESER) à Caen, dont la centralité est un atout considérable ? Une répartition des rôles et des fonctions est certainement plus à rechercher que la violence totalitaire du poids démographique et le triomphalisme stupide de roitelets en mal de notoriété. La micro-centralisation rouennaise serait tout aussi pernicieuse que la centralisation parisienne et seule une Normandie unie autour de la Seine et de la Baie de Seine peut faire contrepoids et jouer la carte du partenariat avec la région – capitale. Une recherche constante de l’équilibre de l’aménagement du territoire normand est la seule politique régionale normande digne de ce nom. Il serait temps que les Elus, même, voire surtout, quand ils sont de même tendance – c’est le cas – s’en fissent les zélateurs.

En prend-t-on le chemin ?

Guillaume LENOIR

Source :arrow: Tvnc.tv
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Steinn le Mar 31 Jan 2012 - 22:05


Quels sont, en 2012, les arguments pour vouloir réunifier la Normandie ?

Divisée en 1956, de façon technocratique, sans l’aval des populations concernées, la Normandie est séparée depuis cette date en deux demi-régions, la haute et la basse Normandie. Les différentes étapes de la décentralisation ont ainsi créé deux collectivités régionales, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ont connu un déclin relatif par rapport aux régions qui l’entourent.

En un demi-siècle, la Normandie, dont on vient de commémorer le Onzième centenaire de la naissance, a perdu un grand nombre de fonctions métropolitaines supérieures et beaucoup de tertiaire de commandement ou de décision, notamment des directions régionales d’administrations ou d’organismes qui sont allées vers Lille, Rennes, Nantes, Orléans ou Paris, à telle enseigne que c’est maintenant un territoire dépendant comptant peu de sièges sociaux d’entreprises. Ce territoire n’agit plus : il est « agi ». Ce territoire n’attire plus : un quart de ses jeunes diplômés le quitte chaque année.

Peut-il en être autrement pour des petites régions (deux départements pour l’une, trois départements pour l’autre, les deux ayant des moyens limités pour générer un véritable développement endogène) ? Elles n’ont pas l’entregent suffisant pour faire valoir un lobbying efficace, tant auprès de la Capitale que des autorités européennes ! Le résultat de ce fractionnement des volontés normandes se constate avec éclat dans la déshérence dans laquelle se trouve le réseau ferré normand : de toute la façade maritime de la France, la Normandie est la seule zone à ne pas être connectée aux grands sillons ferroviaires européens.

Cette est en elle-même une anomalie : en effet, par la force des choses, des structures unitaires subsistent ou se recréent : une seule Chambre Régionale d’Agriculture, un seul Comité Régional de Tourisme, une seule CARSAT, un seul Comité du Littoral, un seul Etablissement Public Foncier, un Bassin Laitier de Normandie bien individualisé et, bientôt, une seule Chambre Régionale des Comptes et une seule Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie. La volonté d’union ou de réunion des Normands ne cesse de croître, même si elle ne se concrétise pas au plan institutionnel.

Cependant la donne est en train de changer. Et ce, sous la pression de la mondialisation, d’une part, qui incite les zones littorales et portuaires à s’inscrire dans le contexte des échanges intercontinentaux. En fonction, d’autre part, du désir exprimé avec force par le Président de la République de faire de Paris une « ville – monde », ne se concevant qu’avec un accès intégré à la mer.

Paris – la Mer, l’Axe Seine, devient un impératif d’aménagement du territoire national pour le vingt-et-unième siècle et il suppose une prise en compte globale de l’estuaire et de la baie de Seine, avec tous ses ports (Dieppe, Le Havre, Rouen, Caen, Cherbourg). Dès lors, il devient urgent de concentrer les énergies normandes dans un ensemble territorial cohérent et équilibré : la Normandie, « de la Bresle au Couesnon et de l’Epte à la Hague », dans laquelle le Grand Estuaire (dont les pointes sont Dieppe, Vernon et Cherbourg) ferait le pendant et le partenaire du Grand Paris et dont le Pôle métropolitain, constitué par les agglomérations de Rouen, Le Havre et Caen, jouerait un rôle d’entraînement.

On voit donc que la revendication unitaire de la Normandie ne relève pas du folklore ou d’une nostalgie, mais qu’elle s’inscrit dans une perspective d’avenir concernant tout autant les Français que les Normands.

La Normandie est la rencontre de la mer la plus fréquentée du globe, la Manche, et du fleuve, la Seine, qui doit ouvrir Paris au monde : sa vocation maritime est donc essentielle. C’est en outre une des portes d’entrée de l’Europe occidentale pour les flux mondiaux et sa géopolitique en fait une région d’ouverture de première importance. Il est indispensable que les Français, en général, les Normands, en particulier, en prennent conscience et fassent tout pour que cette opportunité d’aménagement du territoire qu’est le projet du Grand Paris et de l’Axe Seine trouve sa concrétisation dans un partenariat équilibré entre la Région Capitale et la Normandie.

Pour y parvenir, il faut donc que la Normandie existe : nous n’en sommes plus aux simples coopérations interrégionales, mais aux convergences fusionnelles afin d’atteindre, dans les toutes prochaines années, la résurrection d’une Normandie conquérante et sûre d’elle-même.
Tout le reste n’est que misérables calculs politiciens de boutiquiers sans envergure ou de prébendiers profiteurs de la calamiteuse division absurde de la Normandie.

Didier PATTE
Président du Mouvement Normand


Source :arrow: Tvnc.tv
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Steinn le Jeu 16 Fév 2012 - 16:37


"HaRoPa" ou "Harbours of Paris" ?

Vendredi 10 Février 2012
Communiqué du Mouvement Normand. N° 167 - semaine 5, 2012.

On dit généralement qu’il est essentiel de savoir bien dénommer les choses. On dit aussi que le Diable se niche toujours dans les détails… La constitution d’un Groupement d’Intérêt Economique (G.I.E.) réunissant les ports de l’Axe Seine, à savoir Le Havre (HA), Rouen (RO), Paris (PA) met en évidence un nouvel acronyme HAROPA, qui deviendra d’usage courant dans les décennies à venir. Il faudra s’y habituer et, surtout, à l’étranger, chez les clients – nous disons bien clients – des ports de l’Axe Seine, on désignera sous ce vocable nouveau d’Haropa un ensemble portuaire voulant jouer dans la cour des grands en compétition avec et aux cotés des ports du Northern Range belgo-néerlandais.

L’initiative est intéressante, bien qu’un peu tardive et le Mouvement Normand s’en réjouirait presque si le fameux acronyme Haropa n’avait une autre signification, mise en avant, bien entendu, dans la Capitale : HArbours Of Paris – Ports de Paris. D’un acronyme pratique, Haropa (comme on dit DATAR ou CREA…), on en fait une pétition de principes : voilà les ports du Havre et de Rouen devenus les ports de Paris : ce qu’ils sont, et uniquement cela : ce qu’ils ne doivent pas devenir.

Vu de Chine, de l’Inde, du Brésil, bref des pays émergents, qui vont jouer un rôle de plus en plus déterminants, Haropa ne sera donc qu’un ensemble portuaire dédié à la satisfaction des besoins parisiens et nullement l’ambition de devenir la grande porte d’entrée portuaire de l’Europe de l’Ouest. Exit l’idée de desservir l’Allemagne du Sud, l’Europe danubienne, la botte italienne, la péninsule ibérique et, plus près, le sud–est de la France ou le sud–ouest de l’Hexagone. Ports de Paris : à quoi bon le pluriel ? La vieille lune de Paris – port de mer trouve, là, sa traduction contemporaine. Que le Grand Port Maritime du Havre et le Grand Port Maritime de Rouen aient une autre dimension que le Port Autonome de Paris ne semble pas effleurer les bons esprits de la Capitale : il ne manque plus que la direction de l’ensemble ne soit pilotée des tours de la Défense et le hold-up parisien sera achevé. L’on imagine très bien les opérateurs parisiens jouant alternativement des services du premier port français, Anvers, pour ne pas le nommer, et des services des ports de la Basse - Seine. Grâce, notamment, au Canal Seine – Nord – Europe, bientôt en cours de réalisation, soit dit en passant !

Lorsqu’en 1971, le Mouvement Normand suggérait la création d’un Directoire des Ports Normands, nous n’avions rencontré que sarcasmes de la part des dirigeants des Ports Autonomes du Havre et de Rouen, qui concevaient à peine une coopération entre les ports de la Basse–Seine et n’avaient que mépris pour les autres ports normands, ports départementaux, ports locaux… Et nous en sommes aujourd’hui à un G.I.E. des ports de l’Axe Seine… sans plus de considération pour les Ports Normands Associés de Cherbourg et Caen ou le port régional de Dieppe… Certes Le Havre veut travailler avec Caen (ce n’est pas encore fait : le projet de navette entre les deux ports vient d’être retoqué) ; certes Rouen envisage des coopérations avec le port de Cherbourg, mais qui ne voit le caractère secondaire de ces timides approches en regard de l’alliance décisive des ports de la Basse – Seine avec le Port Autonome de Paris… ?

Nous faisons preuve de pessimisme ? Posons – nous quelques questions :
Le G.I.E. Haropa considérera-t-il comme prioritaire la réalisation d’une ligne ferroviaire digne de ce nom destinée au fret reliant Le Havre à l’est de la France, évitant ainsi Paris ?
Po installe-t-on, dès maintenant, les plates-formes multimodales, dans la région parisienne ou dans la partie normande de la vallée de la Seine ?

Il ne faudrait pas que la constitution du G.I.E. Haropa aboutît à un marché de dupes dont les Normands seraient une nouvelle fois victimes. Trop de services supérieurs ont déjà quitté la Normandie, divisée contre elle-même, au profit de Rennes, Lille ou Paris. Le credo du Mouvement Normand, c’est que la Normandie a une vocation maritime, depuis ses origines, et qu’elle doit en rester maîtresse. Et une vocation MARITIME, ce n’est pas seulement un capital de situation, mais une mentalité qu’un port FLUVIAL, si important soit-il, ne peut acquérir. Et si le G.I.E. Haropa doit exister (le Mouvement Normand y est favorable), il ne doit pas être dénaturé dans la seule satisfaction des besoins de la Capitale. Et nous ajoutons qu’un Directoire des Ports Normands se justifie tout aussi pleinement, malgré les différences de statuts entre les Grands Ports Maritimes et les ports régionaux.

Allons plus loin.

Qui parle de l’Axe Seine ? Les Normands ! Les Parisiens, eux, s’en tiennent à la notion Grumbach du Grand Paris. Parle-t-on de la même chose ?
Aujourd’hui, toute la réflexion sur ce grand projet d’aménagement du territoire, d’importance nationale et pas seulement régionale, cafouille dans son libellé même : c’est, au mieux, le projet Grand Paris – Axe Seine. On s’accorde, dans le débat sur la Ligne Nouvelle Paris – Normandie sur la réalisation tout à fait indispensable de nouveaux sillons dans le Mantois, en priorisant d’ailleurs le prolongement d’EOLE vers Mantes sur la Ligne Nouvelle. Et, au-delà ? La Région Ile de France est-elle prête à financer la Ligne Nouvelle vers Le Havre et vers Caen ? Ah, il est vrai qu’on en trouvera des prétextes pour ne pas faire les travaux des différents scenarii A, AB, B. ou C (trop chers ! trop gourmands en terres agricoles, d’une rentabilité contestable, etc. On connaît la chanson du renoncement). D’ailleurs, ne sommes-nous pas prévenus ? L’Axe Seine, selon Grumbach, ce ne peut être qu’un couloir d’usage permettant à Paris – sur – Mer d’accéder au rang de « ville-monde »…
Les récentes déclarations des représentants de l’Ile de France, lors de la dernière séance du Débat Public sur la L.N.P.N., le lundi 30 janvier, à Caen, devraient ouvrir les yeux des Normands : les Franciliens veulent bien de l’argent normand pour faire les nécessaires travaux dans le Mantois, pour le reste, on verra. C’est la technique du « Donne –moi ta montre, je te dirai l’heure ! ».

Tout autre est la vision du Mouvement Normand qui préconise un PARTENARIAT entre le Grand Paris et le Grand Estuaire Normand, dont les pointes sont Dieppe – Vernon – Cherbourg.
Mais ceci est une autre histoire…
Il n’empêche : derrière des dénominations équivoques ou floues, il y a des intérêts très divergents, des visions différentes de notre devenir. Il serait temps que les Normands s’en aperçussent !

Didier PATTE
Président du Mouvement Normand

Source :arrow: Tvnc.tv
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Steinn le Lun 14 Mai 2012 - 20:57


Autant en emporte le vent...

Jeudi 19 Avril 2012
Les résultats de l’appel d’offres éolien ont été connus le 6 avril dernier. Ils font jaser : c’est d’autant plus le moment de raison garder et de conserver son sang-froid.

D’abord, un fait inquiétant (à notre avis) : l’appel d’offres concernant la zone du Tréport a été déclaré infructueux. Il n’y avait qu’un seul compétiteur, G.D.F.-Suez, ce qui peut expliquer le refus du ministère de M. Eric Besson de se prononcer, mais, surtout, l’avis de la Commission de régulation de l’énergie (C.R.E.), une autorité administrative indépendante, avait fait remarquer que « le prix d’achat de l’électricité produite par la zone du Tréport était le plus élevé parmi les cinq zones retenues, entraînant à lui seul une surcharge de 500 millions d’euros pour la contribution du Serve public d’électricité ».
Il n’y a lieu de contester cette raison invoquée et il faut souhaiter que d’autres opérateurs se mettent en lice lorsqu’il s’agira, au cours du second trimestre 2012, de relancer un deuxième appel d’offres pour la zone de Noirmoutier et celle du Tréport. Le problème est donc de trouver un projet de réalisation de ce champ d’éoliennes off-shore proposant des « prix d’achat de l’électricité ne présentant pas des écarts significatifs dépassant largement le prix plafond fixé par le cahier des charges » (d’après le C.R.E.).
Si cela se révélait impossible au Tréport, alors, mais alors seulement, la filière de l’off-shore éolien en Normandie ne serait pas aussi prometteuse que ne le prévoyaient et le souhaitaient les autorités régionales.

Ensuite, si, comme au Mouvement Normand, on a une vision globale du devenir de la Normandie, il n’y a pas lieu de hurler à la mort parce que E.D.F. et Alstom ont été choisis comme opérateurs au détriment de G.D.F.- Suez – Aréva – Vinci : ce qui compte, c’est la reconnaissance de la vocation éolienne off-shore de la Normandie et que, à la clef, outre la production d’énergie électrique renouvelable, il y ait des milliers d’emplois créés, tant pour la réalisation des aérogénérateurs en mer que pour leur maintenance.

« Enfin une bonne nouvelle pour le port de Cherbourg », titre Ouest-France en date du 7 avril dernier, tandis que La Manche Libre du 14 avril commente : « Eoliennes : 1000 emplois dans deux ans » : tous les Normands devraient se réjouir que les plats passassent enfin pour le port du Nord Cotentin.
Car, si scandale il y a, c’est bien dans la sous-activité de ce port de la Manche, l’une des plus grandes rades artificielles du monde, situé sur la mer la plus fréquentée du globe et qui ne parvient pas à capter un trafic important et pérenne. La cause en est la mauvaise desserte, tant routière que ferroviaire de ce port normand et qui, sur place, ne trouve pas les activités industrielles et commerciales génératrices de trafic maritime. Or, pour la réalisation et la maintenance des éoliennes en mer (mais aussi – et c’est tout aussi prometteur – des hydroliennes du Raz Blanchard), la proximité des zones à équiper donne à Cherbourg un avantage concurrentiel qui est loin d’être négligeable. Que les opérateurs vainqueurs de l’appel d’offres aient choisi Cherbourg avant même la consultation est un signe d’espoir qui ne trompe pas : pour une fois, Cherbourg pouvait lutter à armes égales avec d’autres ports, Le Havre, en l’occurrence.
E.D.F. – Alstom ont gagné. Cherbourg en profite. Ou est le scandale ? Comment comprendre dès lors les cries d’orfraies de certains responsables ploitiques de haute Normandie ? Laurent Fabius parle « d’un coup de poignard dans le dos. La décision de M. Sarkozy et de son gouvernement en matière d’énergie éolienne montre combien ces gens-là se moquent de toute vraie ambition industrielle et qu’ils mentent lorsqu’ils prétendent vouloir le » développement de l’Axe Seine. Les hauts Normands doivent réagir et les sanctionner durement ». Guillaume Bachelay, plume de Hollande et vice-président du Conseil régional de haute Normandie n’est pas en reste : « La décision du gouvernement contredit l’ambition du gouvernement concernant le développement de l’Axe Seine ». Quant à Alain Le Vern, toujours égal à lui-même, il ne voit que « promesses quant à l’annonce d’une installation de deux usines d’Aréva au Havre ; il faut rester très prudent en période électorale… ». Ce n’est pas le grand souffle de l’histoire normande qui anime ces excellences !

Que signifie ce hourvari intempestif ?
S’agit-il d’une remise en cause de l’honnêteté des membres de la Commission de régulation de l’énergie électrique, dont les recommandations ont strictement été suivies par le ministère ? Si tel est le cas, c’est grave, et on attend les preuves que pourraient fournir ces accusateurs imprudents et impudents. S’agit-il de la dénonciation d’un quelconque favoritisme politique ? Si MM. Fabius, Bachelay et Le Vern (P.S.) s’estiment défavorisés par la décision gouvernementale, comment se fait-il que MM. Laurent Beauvais, président du Conseil régional de basse Normandie, Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg, autre plume de Hollande, eux aussi P.S., se réjouissent de la déclaration d’Eric Besson ?

Les criailleries de MM. Fabius et consorts sont indignes et, une nouvelle fois, cherchent à dresser les Normands les uns contre les autres. Elles montrent surtout la mesquinerie du localisme de ces responsables qui manquent du fair-play le plus élémentaire. Des élus de droite comme MM. Rufenacht et Philippe, ancien et nouveau maires du Havre, ont exprimé leur déception, mais n’ont pas lancé des accusations et des invectives pour autant. Eux aussi pensaient que les projets d’Aréva, G.D.F.-Suez, Vinci qu’ils soutenaient seraient retenus. Eux aussi avaient apporté leur contribution et leur appui aux projets éoliens off-shore esquissés dans le schéma régional éolien de la région haute Normandie, mais ils savaient aussi qu’il y avait compétition.
Ni le poids politique des uns, ni l’agitation médiatique des autres (le triomphalisme des dirigeants de G.D.F.-Suez – Areva – Vinci avant la décision du 6 avril avait quelque chose d’indécent et, même, de menaçant « Si nous ne remportons pas au moins deux des lots de l’appel d’offres, nous remettrons en cause nos projets d’usine au Havre ») n’ont empêché que la décision prise ait été fondée sur des critères objectifs. Et c’est bien ainsi.

D’ailleurs, tout n’est pas perdu pour Le Havre et la haute Normandie : il reste le problème du Tréport et, surtout, l’on apprend que WPD, le partenaire allemand d’E.D.F. et d’Alstom, allié au groupe danois DONG, entend utiliser la plate-forme du Havre, en investissant 4 milliards d’euros et en générant 800 emplois (10 millions d’heures de travail) pour assembler les grosses éoliennes d’Alstom et les énormes blocs de béton de 4000 t. pour les fondations gravitaires des éoliennes au large de Fécamp et de Courseulles.

Les responsables politiques hauts normands avaient cru faire affaire avec G.D.F. et les autres, ils devront s’adapter à E.D.F., Alstom, WPD, DONG et, pourquoi pas ?, chercher à travailler la main dans la main avec leurs homologues bas normands. Où est le problème ?

Guillaume LENOIR

:arrow: Tvnc.tv
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Les centrales nucléaires de Normandie

Message par Carente50 le Mar 15 Mai 2012 - 18:16

le vern fait du le vern et fabius fait du fabius....que voulez vous espérer avec ces deux olibrius qui n'aiment la Normandie que lorsqu'ils reçoivent leurs chèques de fin de mois
avatar
Carente50


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Steinn le Dim 2 Déc 2012 - 7:13


La capitale normande asphyxiée

Vendredi 30 Novembre 2012

L’accident qui a mis hors d’usage le Pont Mathilde pour une période indéterminée a mis en lumière très crue la fragilité des communications au sein de la Communauté Rouen – Elbeuf – Austreberthe, ainsi que la vulnérabilité d’une société dans laquelle les échanges, les déplacements et même les liaisons immatérielles sont vitals pour son équilibre. A ce jour, on n’en mesure pas toutes les conséquences, mais cela devrait nous inviter à réfléchir sur le rôle et l’extension même de la métropole rouennaise.

Un accident improbable

Le Pont Mathilde (80 000 véhicules / jour) est essentiel pour la vie de l’agglomération et ses multiples activités portuaires et industrielles. Des six ponts routiers qui franchissent la Seine, c’est le plus stratégique en ce sens qu’il relie l’A 28 (ouverture vers le Nord) à l’A 13 (liaisons avec Paris et l’ouest de la Normandie)… Mais c’est aussi le débouché de la route du blé par la calamiteuse RN 31 (Rouen – Reims) avec les silos du Port de Rouen… Pour l’instant, faute de contournement est de Rouen – attendu depuis … 1972 – ce lien fixe assume en outre un trafic local important entre les deux rives… Sa mise hors service temporaire – mais un temporaire qui peut durer plusieurs mois ! – perturbe gravement la circulation de Rouen intra muros : combien d’heures seront perdues dans les embouteillages et les bouchons ? L’accident en lui-même est un fâcheux concours de circonstances, plus improbable qu’imprévisible (la circulation de certains camions transportant des matières inflammables constitue un danger certain : la catastrophe de Los Alfaques, en Espagne, est dans toutes les mémoires) et, d’après des témoins, l’accident du Pont Mathilde aurait pu avoir des conséquences plus dramatiques.
Certains disent que ces transports dangereux devraient se faire majoritairement par voie ferroviaire, mais, là encore, la configuration rouennaise est loin d’être satisfaisante : la traversée de la ville par l’actuelle ligne Paris – Le Havre au moyen de plusieurs tunnels sera bientôt remise en cause pour les trafics de fret de produits dangereux… Puisque l’on parle de communication ferroviaire, il faut savoir que pour même le trafic des voyageurs la gare de Rouen – R.D. se revêle inadéquate (quais trop courts, voies insuffisantes) : on retrouve, là, toutes les justifications du projet de Ligne Nouvelle Paris – Normandie.
Bref, par la route et par le fer, la desserte de Rouen est totalement insuffisante et dès qu’un accident se produit la thrombose s’installe.

Rouen le paie cher. Cela va-t-il durer ?

Quarante ans de retards dans les prises de décisions courageuses sont la cause profonde des désagréments actuels.

Le site de Rouen est contraint : le fleuve, les collines, les vallées adjacentes, une urbanisation anarchique et, faut-il le rappeler et s’en désoler ?, la présence d’un port et de multiples usines, accroissent les problématiques scabreuses de communications internes. Trop longtemps, on a manqué d’avoir une vision globale de l’agglomération. La création de la C.R.E.A. est un premier pas dsécisif de la prise en compte des problèmes urbanistiques du plus important centre urbain de Normandie : est-il cependant apprécié dans toute son ampleur ? L’adjonction récente des C.D.C. de la CASE (Louviers – Val de Reuil) et Seine – Bord montre que le processus d’agglomération n’est pas achevé. Sans doute faudra-t-il un jour inclure dans l’ensemble le Pays du Roumois, reconstituant ainsi dans toute sa plénitude le Pays de Rouen (signification primitive de Roumois d’ailleurs). Pour le Mouvement Normand, deux arguments militent en faveur d’une plus large extension de la C.R.E.A. : l’héritage historique de la période gallo-romaine – le « pagus rothomagensis » s’étendait au nord et au sud de la cité rouennaise proprement dite, car, alors, on ne concevait pas une cité sans son environnement rural proche – et le fait, incontestable et plus actuel, des alternances journalières entre le péri-urbain et les lieux de travail de la banlieue rouennaise.
Dès l’instant où une majorité des habitants d’une zone péri-urbaine vit professionnellement et culturellement en symbiose avec le noyau urbain central, il importe d’avoir une conception globale de cet espace lié intimement avec la cité chef de file, notamment en ce » qui concerne les modes et les moyens de communication collectifs.

Le Mouvement Normand considère qu’il ne faut pas opposer la vie citadine et la vie rurale péri-urbaine, mais plutôt concevoir que le péri-urbain est une chance d’aération de la ville concentrée (forêts, espaces naturels préservés au maximum). Cela n’empêche nullement de densifier le noyau urbain central en rebâtissant au besoin les quartiers sur les espaces jadis habités, mais en ayant toujours le souci de « renaturer » la ville (écoquartiers) en l’ouvrant aussi sur la campagne proche d’un péri-urbain maîtrisé, bien relié au point central et doté des services publics essentiels sans lesquels le péri-urbain se réduit au rôle de cités – dortoirs.

Actuellement, c’est la mode de fustiger le péri-urbain, responsable du mitage d’un rural qui ne saurait accueillir les populations qui s’y installent. Ne jamais oublier que la plupart des bourgs et villages p »ri-urbains n’ont pas retrouvé la population qu’ils avaient avant 1850. Au lieu de fractionner la population entre citadins, d’une part, ruraux, d’autre part, (ne sachant pas où placer la population péri-urbaine, dont on se désintéresse, quand on ne la critique pas pour ses choix d’habitats individuels), il conviendrait, au contraire, de favoriser les coopérations entre toutes ces populations, dont les intérêts, à bien y regarder, sont identiques si, toutefois, l’ensemble urbain le plus large les prend en compte. Et l’on en arrive, de ce fait, au concept de ville – parc, à la recherche constante d’un équilibre entre mode de vie urbain et mode de vie rural, l’un vivifiant l’autre. Cela suppose préalablement que les moyens et les modes de communication, notamment collectifs, soient développés au maximum, pour en assurer l’interpénétration. Et c’est là que nous retrouvons le lancinant problème posé inopinément par la défaillance du Pont Mathilde, véritable symptôme du mal – vivre dans la principale agglomération normande.

Pour le Directoire Vermillon (problèmes d’aménagement du territoire)
du Mouvement Normand
Robert Levasseur
Source TVNormanChannel
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Utlit le Mer 13 Mar 2013 - 21:54

L’heure de la région est-elle passée ?

Jeudi 14 Février 2013
Communiqué du Mouvement Normand. N° 180 - semaine 7, 2013.



Pour commencer, mettons les choses au point ! Le Mouvement Normand a deux objectifs essentiels : l’unification (ou la réunification) de la Normandie et une décentralisation véritable de la France par une régionalisation authentique.
Il existe, certes, d’autres organisations, d’autres groupements luttant pour l’unité de la Normandie et nous nous en réjouissons : nous ne serons jamais trop nombreux à vouloir corriger la calamiteuse division de 1956 et, dans ce but, mieux vaut attaquer le problème par des biais différents, des approches complémentaires… En ce qui concerne l’idée régionale, on se bouscule moins et c’est bien là où réside l’originalité du Mouvement Normand. Nous ne sommes pas les seuls à vouloir une vraie décentralisation du pays, mais nous sommes peu à vouloir promouvoir un authentique pouvoir régional.

Les étapes de la décentralisation sont connues. On parle, entre autres, d’Acte I de la Décentralisation (Les lois Defferre de 1982) et d’Acte II par lequel on a élargi les prérogatives régionales, lors du gouvernement Raffarin, et l’on peut dire que, depuis trente ans, progressivement, la région a acquis une incontestable légitimité. Mais on est loin d’avoir su faire de la région française l’équivalent du Land allemand ou de la région espagnole ou italienne. A telle enseigne qu’on parle, aujourd’hui, d’un futur Acte III de la Décentralisation, que nous devrions connaître dans les prochains mois.

Le processus est lent depuis l’échec du referendum de 1969, mais il apparaît irréversible et l’affirmation du Général de Gaulle selon laquelle « le processus multiséculaire de la centralisation n’a plus de raison d’être » ne s’est pas démentie.

Nous devrions nous en réjouir pleinement, même si les résistances jacobines ont trop longtemps freiné ou entravé l’évolution vers ne république décentralisée. Pourtant, dès le début, nous avons éprouvé une insatisfaction radicale et elle provient de la confusion instaurée par la loi de décentralisation de 1982, intitulée « Droits et libertés des communes, des départements et des régions ». En effet, Gaston Defferre – et tous les ministres chargés par la suite de mener à bien la décentralisation ont suivi la même ligne – a mis sur le même pied ces trois échelons de collectivités territoriales qui ont, toutes, été dotées de la « clause de compétences générales » et qui n’ont pas été hiérarchisées. Il en est résulté le fameux « mille-feuille » territorial, source de confusion et de gâchis. Qui fait quoi ? Cette lancinante question n’a pas trouvé de réponses satisfaisantes et chaque échelon se mêle de tout. Cela déroute l’opinion, qui n’y comprend plus rien et voit dans cette superposition une débauche de dépenses somptuaires et superflues… D’ailleurs, si l’on n’en est pas à remettre en cause le principe de décentralisation, il est évident que nombre de citoyens s’interrogent sur une nécessaire clarification des compétences de chacune des catégories de collectivités territoriales, demandant même la suppression des départements, le regroupement des communes (il y a 36 000 communes en France, autant que dans tout le reste de l’Union européenne) et, de façon contradictoire, une remise en cause des communautés de communes. D’autres – nous, en l’occurrence – réclament des regroupements de régions, mais, attention si nous voulons un retour aux vraies régions (la Normandie, la Bretagne par exemple), nous ne voulons pas des fourre-tout technocratiques du genre Grand Ouest, Grand Nord ou Grand Sud, pas plus que nous ne sommes favorables à une région Rhône-Alpes ou P.A.C.A. (Mais, là, c’est une affaire qui concerne les citoyens de ces super-régions et ce n’est pas à nous de mener le branle à ce propos !).


Que peut-on attendre de l’Acte III de la Décentralisation ? La clarification en matière de compétences dévolues aux collectivités territoriales. Encore faut-il s’entendre sur le champ des compétences affectées à chacune d’elles… Si l’on doit garder le département (cela se discute : le département est sans doute plus apte à gérer les questions d’aides sociales…), encore faudrait-il qu’il fût subordonné à la région… Si l’on ne veut pas supprimer nombre de communes, encore serait-il souhaitable que les C.D.C. fussent démocratiquement représentées puisqu’elles ont à gérer des budgets de plus en plus importants… Et si C.D.C. il y a, il faut que, de façon presque automatique, les communes adhérentes connaissent une cure d’amaigrissement en matière de personnel et de services communaux…
Etc.. etc..
Ce cheminement souhaité est assez théorique et ne tient pas compte de l’importance des (grandes) villes, dont les budgets et les prérogatives sont souvent à la hauteur des budgets des départements, voire des régions. Aussi n’est-il pas étonnant que, à l’instigation de certains grands maires, on ajoute au fameux mille-feuille les métropoles, comme Lyon, ou des succédanés, les pôles métropolitains.

Comme on peut le constater, une décentralisation, qui ne s’appuie pas principalement sur une vraie régionalisation et, donc, une infériorisation des autres collectivités territoriales qui doivent être subordonnées à la région, conduit inéluctablement à la confusion, aux concurrences inutiles, à ne perte en ligne du dynamisme que pourrait apporter la dite décentralisation, seul moyen de réveiller toutes les énergies de la nation.

La tendance politique actuelle qui tient les rênes en France a une responsabilité historique. Les socialistes tiennent tout : l’Exécutif, les deux assemblées législatives, la quasi totalité des régions, la grande majorité des départements et elle gère nombre de grandes villes. Elle dispose en outre d’une année sans consultation électorale. Elle peut donc tout faire et réaliser un déterminant Acte III de la Décentralisation, qui dessinerait enfin les institutions d’une France rajeunie, non hypertrophiée de la tête, non mise en langueur dans ses extrémités.

Hélas, nous n’en prenons pas le chemin : les luttes d’influence internes à l’actuelle majorité déterminent des clans qui vont férocement s’opposer. D’abord, l’échelon central – notamment la Haute Administration –, suprême espoir de l’esprit jacobin encore prégnant à gauche, qui, à tout moment, multipliera les embûches à toutes les tentatives de réformes remettant en cause ses privilèges et ses prérogatives… Ensuite le clan des départementalistes qui, en aucun cas, n’acceptera d’être subordonné à la région et de perdre sa sacro-sainte « clause de compétences générales »… Puis l’innombrable armée des édiles municipaux qui, on le voit tous les jours, traîne les pieds devant le courage politique d’une volonté d’intercommunalités qu’elle s’ingénie à rendre inopérante ou caricaturale (la multiplication des vice-présidences dans les C.D.C. en est un parfait exemple)… S’invite maintenant la cohorte des grands maires et autres patrons de métropoles qui veulent, non, seulement une part du gâteau des compétences, mais, surtout, une totale indépendance par rapport à l’échelon régional, qui pourrait malencontreusement leur rappeler leur devoir de solidarité à l’égard de tous les territoires…

Reste l’assemblée des présidents de région. Ils ne sont pas exempts de critiques. Se conduisant souvent comme des potentats locaux, comme Alain Le Vern, si l’on voit bien ce que je veux dire, confondant souvent politique de communication avec l’autopromotion, augmentant plus de raison l’administration régionale, multipliant les clientélismes par le truchement des subventions qui, bien que maigres, sont indispensables à la prise en compte des dossiers impactés par le système des financements croisés, les présidents de région souhaiteraient – on peut leur donner acte – que la primauté fût donnée à l’échelon régional dans la politique de décentralisation. Mais quoi qu’ils prétendent ou qu’ils disent, ils ne pèsent pas suffisamment dans l’aréopage socialiste.

Alors, ils finassent…

•Ils souhaiteraient que leur budget ne dépendît pas autant de la dotation de l’Etat… mais savent que la responsabilité de lever l’impôt est difficile à assumer et est souvent politiquement suicidaire.
• Ils souhaiteraient que les diverses subventions européennes accordées aux régions fussent gérées directement par leurs services… C’est en voie de se faire, mais cela arrive bien tard : la part des subventions européennes ne cesse de s’amoindrir.
• Ils souhaiteraient que les compétences économiques fussent octroyées aux régions, regrettant amèrement au passage que l’Acte II de la Décentralisation de Raffarin les ait privés de cette prérogative… mais le contexte économique et social du moment n’incite pas à un franc optimisme en la matière.
• Ils souhaiteraient que leur fût reconnu – pour le moins – un rôle de « chef de file » en matière d’aménagement du territoire. Le « chef-de-filat » (j’ai vu cette expression bizarre dans des textes officiels) n’est qu’un pâle « ersatz » de la primauté reconnue à l’échelon régional que nous appelons de nos vœux.
Voilà où nous en sommes à la veille des débats sur la prochaine réforme des collectivités territoriales, désignée par anticipation Acte III de la Décentralisation.
Le Mouvement Normand craint que des considérations de politique bassement politiciennes ne conduisent, comme cela a été le cas depuis 1982, à vouloir ménager les uns et les autres et, donc, à ne rien décider de déterminant et à consacrer l’existence d’un nouvel échelon du mille – feuille territorial : les pôles métropolitains, qui peuvent se révéler de véritables machines de guerre contre la région.
Nous sommes du coté de la région… Encore faudrait-il qu’il n’y en eût qu’une en Normandie. MM. Beauvais et Le Vern, voyez où mènent vos querelles d’un autre âge qui vous empêchent d’accélérer les coopérations fusionnelles nécessaires pour l’avenir de la Normandie…

Guillaume LENOIR

Rédaction TVNC
avatar
Utlit


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Utlit le Jeu 28 Nov 2013 - 19:18

UNE ACTUALITÉ INQUIÉTANTE ET CHARGÉE
Jeudi 28 Novembre 2013

LE SEMAINIER DU MOUVEMENT NORMAND
COMMUNIQUE n°191 - SEMAINE 48 - NOVEMBRE 2013

La Commission Exécutive du Mouvement Normand, réunie, en présence des dirigeants de l’Organisation Normande de Défense de l’Environnement (O.N.D.E.), le 23 novembre 2013, à Ecaquelon (siège de l’Association), a délibéré sur un certain nombre de questions d’actualité et a pris la décision de faire connaître ses positions à l’opinion publique normande sur certaines d’entre elles par le truchement du présent communiqué.
 
1.- La diminution du nombre des cantons et le nouveau système électoral pour la prochaine consultation cantonale.
Il y a indiscutablement la nécessité de rééquilibrer le nombre des électeurs entre les cantons très peuplés et ceux qui le sont moins.
Mais il ne faut pas oublier que chaque canton représente une portion de territoire qui ne doit pas être marginalisée.
Le Mouvement Normand souhaite que le Ministère de l’Intérieur tienne compte des intercommunalités et des espaces ayant adopté un S.C.O.T. (Schéma de cohérence et d’organisation du territoire). De même qu’il convient qu’un canton nouvelle formule s’inscrive pleinement dans la circonscription législative dont il dépend.
D’autre part, il observe que la fusion de plusieurs cantons actuels pose le problème du chef-lieu du canton qui sera retenu et, conséquemment, du devenir du ou des chefs-lieux de cantons qui n’auront plus cette fonction. Il ne faudrait pas que l’opération aboutisse – notamment en secteur rural – à un abandon programmé des services publics au moment où, justement, le monde rural connaît une désertification inquiétante de ces fonctions d’encadrement de la population, souvent le prélude à une désertification des fonctions commerciales de proximité.
Le Mouvement Normand, en outre, est très sceptique à propos du système électoral retenu, au nom de la parité homme / femme, par lequel deux candidats (avec leurs suppléants et suppléantes) représenteront le canton. Le système bi-nominal majoritaire – une innovation insolite – est-il vraiment compatible avec nos institutions et la pratique politique de notre pays ? On attend avec intérêt la position du Conseil Constitutionnel sur cette bizarrerie.
Enfin, le Mouvement Normand – et cela est valable pour tous les types de scrutins – dénonce le fait que les systèmes électoraux changent tout le temps.
 
2.- Le Mouvement Normand déplore un hiatus grandissant entre le monde politique et la société civile à propos, notamment, du problème de la réunification de la Normandie.
Cette question, vitale pour le devenir de la Normandie, est pratiquement mise sous le boisseau par le monde politique – toutes tendances confondues – alors que le monde économique et culturel ou associatif s’organise dans le cadre de l’ensemble normand. Le refus ou la timidité des Elus à prendre en compte une vraie dimension régionale normande est un frein pour le développement cohérent et équilibré de l’espace normand. Il nous paraît urgent que les responsables régionaux s’engagent en faveur de convergences fusionnelles entre les deux demi-régions de haute et de basse Normandie, particulièrement lors de la préparation du prochain Contrat de Projet Etat – Région.
 
3.- La question de l’éco-taxe
Elle se pose avec la même acuité en Normandie qu’en Bretagne. (cf le communiqué n° 190 du Mouvement Normand « Bonnets rouges et Nu-pieds »). Le désir de désamorcer la colère bretonne par des concessions unilatérales, telles qu’elles s’expriment dans l’action gouvernementale, introduit des distorsions de concurrence inacceptables, sources de conflits à venir et d’incohérences économiques. Le dossier est à reprendre entièrement à l’échelon national plutôt que d’instaurer des sortes d’ « usines à gaz » contre-productives.
 
4.- Le devenir des industries agro-alimentaires
Le devenir des industries agro-alimentaires, voire du secteur primaire (agriculture – pêche) dans son ensemble, doit être observé à l’aune des négociations commerciales en cours avec le Canada et les Etats-Unis, dont les conséquences ne semblent pas suffisamment évaluées dans le contexte actuel. D’autre part, il est évident que le système productiviste breton est à bout de souffle : seules les productions de qualité et les niches agricoles peuvent être une réponse aux défis de la concurrence des agricultures et des industries agro-alimentaires des pays émergents. En outre, il est malsain que ce secteur d’activités ne survive que grâce aux diverses subventions – restitutions attendues de l’Union Européenne. La Normandie, grâce à ses nombreuses A.O.C. et I.G.P., peut tirer son épingle du jeu, mais il faut être vigilants et innovants.
Le Mouvement Normand attire l’attention des responsables sur le devenir de la filière céréalière : aujourd’hui, on se glorifie de l’éclatante santé du trafic céréalier du Port de Rouen, mais, demain, la concurrence du Port d’Odessa et des immenses potentialités céréalières ukrainiennes peut conduire à une crise qui ne sera pas sans rappeler la crise actuelle de la filière agricole et agro-alimentaire bretonne. D’autant plus que nombre d’opérateurs français investissent massivement dans l’achat de terres dans cette république retrouvant sa vocation de grenier à blé de l’Europe.
 
5.- L’équitaxe (et plus généralement l’augmentation de la T.V.A. sur les occupations de loisirs) voulue par l’Union Européenne
C’est un coup très grave porté à la Normandie, terre du cheval par excellence,. Le Gouvernement français doit dire NON (et non pas promettre des subventions compensatoires, incomplètes et non - pérennes…). A la veille des Jeux Equestres mondiaux qui, en 2014, se dérouleront en Normandie, il serait aberrant qu’une telle augmentation – de 7% à 20% - perturbât la démocratisation des loisirs équestres, qui sont un atout envié du genre de vie normand.  Il y va du devenir même des clubs hippiques, des milliers d’emplois induits et de la disparition d’une grande partie du cheptel équin.
Le Mouvement Normand s’associe au mouvement de protestation des professionnels et des licenciés des clubs hippiques en colère contre une décision indéfendable qui touche la Normandie plus que toute autre région.
 
6.- Le mouvement de protestation contre le centre d’enfouissement de déchets industriels à Nonant – le Pin
Ce mouvement de protestation contre le centre d’enfouissement de déchets industriels à Nonant – le – Pin réalisé par l’entreprise Guy – Dauphin – Environnement (G.D.E.) nous paraît tout à fait justifié, même si, hélas, il est tardif puisque les installations sont d’ores et déjà opérationnelles. L’entreprise G.D.E., au passé sulfureux (cf son action en Côte d’Ivoire) et qui n’a guère de considération pour la Normandie (N’a-t-elle pas transféré son siège social de la  région de Caen vers un Morbihan très accueillant ?) a su se concilier des soutiens politiques et administratifs en finançant, par exemple, des activités footballistiques. Elle a l’intention d’augmenter la surface de son centre d’enfouissement en achetant des hectares de terrains avoisinants. Les opposants sont donc fondés à émettre de légitimes protestations et les pouvoirs publics sont malmenés par les tribunaux pour les autorisations qu’elles accordent. La situation est tendue entre l’entreprise G.D.E. et les opposants qui font remarquer, d’une part, que les routes menant à cette grande décharge ne peuvent supporter un intense trafic de camions et, d’autre part, qu’un tel établissement nuit gravement à un environnement de qualité et, notamment, voué à l’élevage du cheval (Il y a 160 haras dans un rayon de 20 km).
Le Mouvement Normand et l’Organisation Normande de Défense de l’Environnement apportent leur soutien au mouvement citoyen qui a pris le nom de Front de Résistance de l’Orne.
 
7.- Non à l’arasement des barrages du Sud – Manche
Le Mouvement Normand et l’Organisation Normande de Défense de l’Environnement réitèrent leur opposition à l’arasement des barrages du Sud Manche (cf le dossier publié dans le n° 328 de L’Unité Normande). Ces ouvrages d’art, construits dans l’Entre – deux – guerres, ont résisté aux destructions de la Seconde Guerre mondiale (qu’elles soient d’origine allemande ou américaine). Ils produisent une énergie propre hydroélectrique, donc renouvelable, et ils ont façonné un paysage permettant, notamment l’existence de plans d’eau et de bases de loisirs. Le coût, exorbitant, de l’arasement, les pollutions de la Baie du Mont-Saint-Michel qui n’ont pas sérieusement été évaluées, la destruction d’installations réalisées par le fameux ingénieur Caquot, qui constituent un patrimoine industriel de premier ordre, font de cette décision venue d’en haut une véritable aberration. En outre, il apparaît que la concertation avec les représentants des populations riveraines n’ont été qu’un simulacre. Il est donc urgent de reporter une telle décision et de tenir compte des desiderata de la population.
 
8.- Le phénomène de métropolisation
La métropolisation – en d’autres temps nous l’eussions dénommée « micro-centralisation » -, la métropolisation, donc,, nouvelle lubie de ceux, plus ou moins jacobins, qui ne veulent pas d’une décentralisation fondée sur le primat de la régionalisation, est d’abord une incohérence en matière institutionnelle. C’est un échelon supplémentaire dans le millefeuille administratif dans la mesure où une métropole bénéficie de la même clause de compétences générales que celle qui est attribuée aux régions et, aussi, aux départements.
Cela étant, il convient d’être réalistes : la métropolisation est un fait, conséquence de l’urbanisation accélérée à laquelle on assiste. Certes, dans notre conception de l’aménagement du territoire, nous nous refusons à opposer le rural et l’urbain, qui devraient être complémentaires et que l’institution régionale avait à cœur de gérer conjointement, avec, autant faire que se pouvait, un souci d’équilibre. Sous la poussée des maires des grandes villes, il apparaît que ce souci n’est plus prioritaire et nous le déplorons. Donc métropoles il y aura.
Autre aspect de la question, pouvait-il y avoir  un choix entre le polycentrisme et la métropolisation ? Il semble que les Elus, dans leur grande majorité, n’aient pas accordé suffisamment de crédit au polycentrisme…
Que se passe-t-il pour la Normandie ?
C’était le cas d’école pour une expérience de polycentrisme. Le projet de Normandie – Métropole (association dans une même entité des agglomérations de Caen, Le Havre et Rouen) a été torpillé par des responsables conservateurs, de droite comme de gauche. Le Mouvement Normand allait même plus loin avec l’idée de « Hanse Normande », dans laquelle toutes les villes normandes, grandes, moyennes et petites, se seraient fédérées, se répartissant les rôles selon leurs vocations propres : villes portuaires, villes – carrefours, villes – frontières, etc… On en reparlera dans … un siècle, peut-être !
Chacune de nos grandes villes a voulu, par suite, jouer sa partie. La notion de métropole supposant une population dépassant le demi-million d’habitants, seule l’agglomération de Rouen peut prétendre à ce label.
Les agglomérations de Caen – La Mer et de la CODAH (Le Havre) veulent au moins devenir « centres ou pôles métropolitains » - nouvelle notion… de consolation.
Le Havre voulait plus : devenir la « métropole de l’estuaire », c’est-à-dire regrouper, outre les communes de l’actuelle CODAH, d’autres communautés de communes de Seine – Maritime (celle de Fécamp par exemple) et, surtout, des C.D.C. de la rive gauche de l’estuaire, appartenant aux départements de l’Eure et du Calvados. Ce projet, ambitieux, plus réaliste qu’il n’y paraît, plaisait beaucoup au Mouvement Normand car il s’affranchissait des limites départementales et régionales. Il correspondait en outre aux légitimes ambitions de la C.C.I. de l’Estuaire, associant l’aire du Havre et celle du Pays d’Auge… C’était sans compter avec la mesquinerie des conservateurs de toutes obédiences : le Président du Conseil général du Calvados, Jean-Léonce Dupont, celui du département de l’Eure, Jean-Louis Destans et, surtout, le président du Conseil régional de haute – Normandie, Alain Le Vern (dont ce fut le dernier méfait à la tête de la demi-région), tous firent en sorte de torpiller le projet. Pensez donc ! Cela aurait conforté le maire du Havre, élu de droite ! Antoine Rufenacht a eu raison de fustiger à ce propos « cette attitude bêtement politicienne » (Courrier Cauchois – 4 octobre 2013)
Une solution pourrait exister : que l’agglomération de Caen – La Mer se fédère à la CODAH (Le Havre) dans un ensemble trans-urbain avec les communes de la Côte fleurie, dont le poids dépasserait le demi-million d’habitants. Hypothèse séduisante qui devrait ou pourrait faire l’objet d’un thème de campagne pour les prochaines élections municipales… Ne rêvons pas !
Quant à la CREA – la métropole de Rouen – dans laquelle la ville-centre n’exerce pas le leadership auquel elle pourrait prétendre -, elle a beaucoup d’ambitions. Elle sera la seule métropole normande et, à ce titre, voudra devenir une sorte de locomotive pour la Normandie. Cette micro-centralisation permettra-t-elle d’entraîner le monde politique rouennais vers une prise de conscience normande ?
La situation n’est donc pas figée. Que deviendra le département de la Seine – Maritime lorsque Rouen – Métropole et le Pôle métropolitain du Havre montreront leur puissance et exerceront leurs compétences générales ? Que deviendront les zones rurales, remisées à un rôle subalterne ? Et le département de l’Eure ?
Le Mouvement Normand sera attentif à toutes ces évolutions disparates : nous restons persuadés que la réunification de la Normandie est la seule véritable issue pour que l’aménagement du territoire normand soit équilibré et qu’une vraie région normande permettra à tous les Normands « de l’Epte à la Hague et de la Bresle au Couesnon » de se sentir capables d’affronter l’avenir grâce à une authentique solidarité régionale.
 
Tous ces thèmes seront développés dans les différents medias du Mouvement Normand et de l’Organisation Normande de Défense de l’Environnement : nos communiqués ultérieurs, notre journal L’Unité Normande et la web – télévision T.V.-Norman Channel.


La Commission Exécutive du Mouvement Normand  

Rédaction TVNC
avatar
Utlit


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mouvement Normand

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum