La Maladrerie Saint Nicolas de Gravigny

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La Maladrerie Saint Nicolas de Gravigny

Message par Virginie le Dim 4 Sep 2011 - 22:02

La Maladrerie Saint Nicolas de Gravigny




La Maladrerie Saint Nicolas de Gravigny, est l'une des dernières Maladreries Normandes encore « debout ».

En 1994, la ville de Gravigny avec l'accord de la DRAC décide de sauver les bâtiments de la Maladrerie, et pour cela, en fait l'acquisition. La même année, La Maladrerie est inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques.
Les travaux de restauration ont débuté en 1996. Des travaux d'aménagement (chauffage, cuisine, sanitaires...) permettent une ouverture au public de la grande salle (150 m2) pour des manifestations culturelles ou des réceptions privées.

La Maladrerie est ouverte aux visiteurs lors des Journées du Patrimoine en septembre.




Ce que l'on sait de l'histoire de la Maladrerie...

Les Archives Départementales de l'Eure conservent beaucoup de documents du Moyen-Age et de la première moitié du XVIème siècle sur l'ancienne Maladrerie Saint Nicolas de Gravigny. Le document le plus important est un cartulaire en latin qui contient des pièces du XI ème au XIII ème siècle.

Nous avons trace de l’existence de cette maladrerie (ou léproserie), grâce à la notification des dons du Comte Simon de Montfort : Cartulaire de la Léproserie Saint-Nicolas-lès-Evreux.
Nous ne possédons pas de documents sur de plus lointaines origines mais les historiens pensent qu'il y avait sans doute un groupe de lépreux à cet endroit, et qu'il est très possible que les comtes d’Évreux, bienfaiteurs, aient participer à l'organisation.

Au fil des années, les évêques notifient les donations, ainsi on sait que l'Abbaye de la Trinité à Rouen est la patronne de la paroisse de Gravigny, et l'Abbaye Saint-Taurin d'Evreux a des droits sur les lieux (si des ébroïciens lisent ce sujet : j'ai bien écrit l'Abbaye Saint-Taurin, elle n'est devenue simple église que plus tard...)

Vers 1160, le comte d’Évreux Simon le Chauve (Simon de Montfort) établi un acte de donation d'un jour de foire ; le jour en sera fixé en 1180 à la fête Saint-Nicolas.

Il est mentionné dans les actes que du XII ème au XIV ème siècle, y vive une communauté conventuel de frères et de sœurs formant chapitre. On ignore si ces frères et ces sœurs étaient sains ou lépreux. Il est fort possible (comme à la Maladrerie du Mont-aux-Malades à Rouen) que les malades soient comptés en tant que frères et sœurs de l'établissement.

Du XII ème au XIV ème siècle, les actes de donations se succèdent : terres, rentes en nature, et argent. Le patrimoine foncier de la Maladrerie devient donc assez important.
Les donateurs sont des gens importants : les comtes d’Évreux de la famille de Montfort (Simon et Amaury), des seigneurs locaux, et en 1206, le Roi Philippe-Auguste.
Cette même année, une Bulle Papale confirme la Donation de la Foire Saint-Nicolas.
En 1207, le Roi Philippe-Auguste, donna à la Foire Saint Nicolas qui ne durait qu'un seul jour, l'extension de 8 jours, or comme cette fondation est antérieure à 1207, nous devons penser que ce Roi n'a fait que ratifier une coutume qui se pratiquait depuis l'Acte de Fondation de la Foire Saint-Nicolas par Simon de Montfort Comte d’Évreux.
En 1354, le comte d’Évreux Charles le Mauvais, confirmera les droits d'usage du prieur en forêt d’Évreux.

Au XIV ème siècle, la lèpre disparaît peu à peu, et la Maladrerie semble accueillir de moins en moins de malades. Seuls les noms des prieurs successifs apparaissent alors sur les actes, en tant que simples administrateurs des biens. Ces prieurs étaient des personnages occupant des postes importants qui cumulaient divers bénéfices et qui ne vivaient plus dans la Maladrerie. Elle devient alors une exploitation agricole affermée.

En 1557, la Maladrerie et son patrimoine sont réunis au Bureau des Pauvres d’Évreux. Un prieur en titre, jouissant du bénéfice simple y est nommé jusqu'en 1661. Date à laquelle meurt le dernier prieur (qui n'est pas remplacé). Durant les dernières années, La Maladrerie devenue une Ferme, n'offrait plus qu'une simple assistance aux malades et des secours spirituels.

A la révolution, les propriétés du Clergé ont été estimés puis vendues comme biens nationaux. Mais la Maladrerie qui appartenait à l'hôpital et au Bureau des Pauvres ne fut pas vendue immédiatement.
En 1795, des experts sont chargés d'estimer la Ferme de Gravigny. La léproserie s'étend sur environ 50 hectares et comprend alors : « une cuisine et un cellier, deux chambres à feu avec un cabinet et grenier, un pressoir, un cellier et une "charreterie" attenante. Deux bergeries, des étables à vaches, une écurie et une autre bergerie attenante avec un beau grenier, une grange, une étable à porcs, un poulailler et un fournil ».
Estimée à 3200 livres, elle sera vendue 80000 livres à un fondé de pouvoir d'un acquéreur Bruxellois.


Les Bâtiments anciens conservés et restaurés

Le bâtiment d'entrée, donnant sur l'ancienne route qui allait de Chartres à de Rouen, s'ouvre sur la cour par une grande porte cochère, voûtée en anse de panier côté route, et en arc brisé côté cour. Ce bâtiment est partiellement couvert par des charpentes anciennes. La partie centrale des charpentes date du XIII ème siècle, celle de l'est date du XVI ème siècle.


Le revers de façade de ce bâtiment d'entrée appartient à l'art du XVI ème siècle. Il est doté d'une fenêtre à meneau dont le bandeau inférieur porte une tête de Vierge et une tête d'ange, ailes déployées, donc une représentation d'une Annonciation. Au fronton se trouve un écu martelé soutenu par des angelots.

La grande salle, dite Salle aux Malades, est couverte d'une superbe charpente, sans doute restaurée ou refaite au XVI ème siècle. Les fenêtres en plein cintre, sont divisées en deux parties rectangulaires par un meneau, une troisième fenêtre disparue a été dégagée et restaurée. Le tympan est percé d'un « oculus ». Ce style est typique de ce qui se faisait au XIII ème siècle.


Dans l'enceinte de la Maladrerie, un petit bâtiment (encore debout) sans doute une bergerie, est construit dans le même style que l'ensemble.

Ces anciens bâtiments sont des témoins exceptionnels de l'architecture des maladreries médiévales.


(virginie du Forum Normand)
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Virginie


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