Pollution. particules en suspension dans l’air

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Pollution. particules en suspension dans l’air

Message par Virginie le Lun 27 Juin 2011 - 11:38

Haute-Normandie : la nouvelle menace des poussières dans l'air

Pollution. Le niveau record des particules en suspension présentes dans l’air haut-normand devient préoccupant.

Il y a décidément encore du pain sur la planche. Alors que la Haute-Normandie a réalisé ces dernières années des progrès importants dans la maîtrise des polluants industriels (dioxyde de soufre, SO2), elle se trouve confrontée à une autre forme de pollution atmosphérique qui prend une importance alarmante : les particules en suspension.
Selon les relevés des capteurs d’Air Normand (l’observatoire régional de qualité de l’air), leur densité a atteint de janvier à mai dernier un niveau jamais égalé sur la même période les cinq dernières années (voir infographie en page 9). Sept fois les seuils d’information et de recommandation aux personnes sensibles ont même été dépassés depuis le début de l’année (en janvier et surtout mars), contre trois en 2010. L’information n’est pas neutre, d’abord parce que, selon toute vraisemblance, la région va ainsi rejoindre fin 2011 la dizaine de régions française pointées du doigt par l’Europe pour non-respect des normes de qualité de l’air, avec une menace de lourdes amendes pour la France à la clé. Mais aussi et surtout parce que l’effet sur la santé de ces particules – notamment les plus fines – est mis en évidence par de plus en plus d’études et que les moyens pour endiguer cette progression sont complexes.
« Tout le problème est de savoir comment agir au niveau local », résume la directrice d’Air Normand, Véronique Delmas, dans ses locaux rouennais. Contrairement à d’autres polluants atmosphériques, l’origine des particules est en effet multiple : par ordre d’importance, agricole (fosses à lisier, épandage d’engrais), industrielle, résidentielle (chauffage au bois), portuaire. La spécialiste attribue ainsi essentiellement les records enregistrés en cette première partie d’année à une présence extraordinaire d’un vent de nord-est au printemps, poussant vers la Haute-Normandie des poussières d’origine agricole en provenance notamment du Benelux. Il reste que la tendance de fond oblige à réagir.
« Il va falloir réfléchir à différentes actions. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faudra rien mettre de côté » trace déjà Guillaume Appéré, responsable du service Risques à la Dréal, l’autorité environnementale haut-normande.
La fin de l’année s’annonce décisive : dans le cadre de la révision des plans de protection de l’atmosphère (PPA), de nouvelles mesures incitatives (développement des transports en commun, véhicules électriques) mais aussi restrictives (limitation de la vitesse sur certains axes, restriction de la circulation pour certains véhicules) pourraient être prises. C’est d’ailleurs déjà le cas dans huit agglomérations françaises qui vont bannir dans leurs centres les véhicules les plus polluants.
Il y a de toute façon urgence. Car faute d’actions, la menace des particules fines continuera de plusen plus lourdement sur la région. L’été dernier, le Plan Particules lancé par le ministère de l’Ecologie a fixé l’objectif d’une diminution de 30 % des particules d’ici 2015. Oui, il y a du travail…


Pourquoi et comment les combattre

Les plus dangereuses
La dangerosité pour la santé des particules en suspension est inversement proportionnelle à leur diamètre. De tailles plus petites, elles pénètrent plus profondément dans l’appareil respiratoire. Elles sont classées en PM10 (inférieures à 10 microns), PM 2,5 (inférieures à 2,5 µg), PM 1 (inférieures à 1 µg).

Le seuil de 35 jours par an
L’Union européenne fixe des valeurs limites de particules en suspension : pas plus de 35 jours par an de dépassement de 50 microgrammes par mètre cube (µg/m³)
Rouen a déjà largement dépassé cette limite en 2007, sur la station située au bas du boulevard des Belges (47 jours). En 2011, au vu des relevés des premiers mois de l’année, les dépassements devraient concerner de nombreux sites. En seulement cinq mois, les relevés de chacuen des onze stations sont déjà au delà des dépassements constatés pour l’ensemble de l’année 2010 !

Zones d’actions prioritaires pour l’air
La ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a annoncé en avril dernier la mise en place de « Zones d’action prioritaires pour l’air » (Zapa), des zones urbaines interdites aux véhicules plus polluants, s’inspirant de celles existant déjà dans quelque 180 villes européennes. Elles doivent être expérimentées à partir de 2012 et durer au moins trois ans dans huit agglomérations volontaires : Paris, Saint-Denis, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Nice et Aix-en-provence. Quatre catégories de véhicules sont déterminées, des plus polluants aux moins nocifs. Les associations environnementales sont assez réservées, jugeant la mesure discriminatoires pour ceux qui sont contraints de se déplacer avec un véhicule plus ancien. L’expérimentation peut néanmoins concerner un seul type de véhicule, comme par exemple les poids lourds.

L’air de chez soi
A la fin de l’année, Air normand proposera un nouveau site internet pour la Haute et Basse-Normandie, permettant de suivre périodiquement les indicateurs de pollution. A l’échelle de l’Europe, des cartes disponibles depuis peu en ligne (http://prtc.ec.europa.eu/DiffuseSourcesAir.aspx) permettent notamment de répertorier à très petite échelle (de 5 à 25 km) les sources de pollutions atmosphériques autour de chez soi.


« La relation pollution/mortalité est identifiée »

Myriam Blanchard, chargée de projet sur la thématique de l’air à l’Institut de veille sanitaire à Rouen, répond à nos questions. Ses réponses sont tirées d’études commandées à partir d’un programme national de « surveillance air et santé » auquel participent neuf villes françaises (dont Le Havre et Rouen sur la base du volontariat), et sur un autre européen axé sur la pollution urbaine.

Comment agissez-vous dès qu’un seuil d’information ou d’alerte est atteint ?
Myriam Blanchard : « En santé publique, nous ne travaillons pas en termes de seuils mais de pollution. Celle de tous les jours, sans se préoccuper des dépassements… »

Quelles sont les incidences directes sur la santé de la pollution atmosphérique, et en particulier celle liée aux particules ?

« Les études en notre possession révèlent l’impact direct sur la santé. Toutes les poussières ont des conséquences sanitaires évidentes, qui se manifestent sous forme de toux, de crises d’asthme. Les conclusions scientifiques concernant les dix villes européennes montrent que 15 % des enfants vivant à proximité du trafic routier développent de l’asthme. Ceux qui n’en souffrent pas vont en développer… »

Jusqu’où peuvent aller les conséquences en terme de santé publique ?
« Déjà, il est possible d’être touché sans être gêné. En dehors de la toux et des yeux qui piquent, cette forme de pollution engendre des problèmes cardio-vasculaires, et peut provoquer des infarctus du myocarde. Les études épidémiologiques partagées par la communauté scientifique qui englobent les particules fines et l’ozone mettent en parallèle les niveaux de pollution et la mortalité. La relation entre les deux est clairement identifiée. D’ailleurs, la hausse de la mortalité est de 1 à 5 % pour une augmentation de 10 microgrammes d’un polluant..»

Les dangers des poussières ont-ils été clairement identifiés ?
« Bien sûr, plus elles pénètrent dans les bronches et plus elles sont dangereuses sur le plan médical. Celles des chantiers peuvent comporter des substances comme des hydrocarbures avec un impact sur le développement de certains cancers. Il est possible que d’autres suspensions, plus minérales, déclenchent une gêne respiratoire… »

Y a-t-il des solutions ?
« Pas simple en milieu urbain. Nous savons qu’un habitacle de voiture, par exemple, peut être fortement exposé à des concentrations dues au pot d’échappement juste devant. Mieux vaut aérer sa maison le matin en plein été à cause de la forte couche d’ozone dans l’après-midi. Il est préférable de circuler à vélo, en se mettant à bonne distance d’un véhicule. En diminuant de 10 microgrammes par m³ les particules fines, nous pourrions gagner en espérance de vie. Jusqu’à 22 mois… Le respect des normes de l’OMS (*) pour protéger la population permettrait de gagner 4,6 jours à Rouen et 4,2 au Havre. C’est une moyenne… »

(*) Organisation mondiale de la santé


« Il faut peser là où on peut le faire : sur la circulation »

« Ce sont les collectivités locales et les acteurs économiques qui freinent. Il existe plein de solutions. A Grenoble, qui s’y connaît en termes de cuvette, ils ont obtenu des résultats importants en en faisant une priorité ». Réunis autour d’une même table jeudi après-midi, les élus écologistes de Rouen et de la communauté d’agglomération appellent à un sursaut dans la lutte contre la pollution atmosphérique. Avec en ligne de mire une source marginale mais locale : les transports et tout particulièrement le trafic des poids lourds. « La question des particules fines est largement minorée. Comme l’ont montré les études, elles ont pourtant un vrai impact sur la santé. Et là où l’on peut peser, c’est la circulation. C’est elle qui fait dépasser les normes autorisées » militent Cyrille Moreau et Guillaume Grima. L’impact est d’évidence réel, comme l’atteste le plus grand nombre de dépassement des valeurs limite dans les stations les plus proches du trafic.
L’argumentation des écologistes sert une volonté de peser une nouvelle fois pour une interdiction de la circulation des poids lourds sur les quais de la rive gauche rouennaise (1200 camions par jour). Le dossier est brûlant car il intervient au moment même où la majorité lance son ambitieux projet d’aménagement de ces quais. Même si la question n’est pas encore tranchée, Valérie Fourneyron s’est désormais rangée clairement dans le camp des partisans de l’interdiction. Les derniers chiffres de particules fines devraient lui offrir un argument supplémentaire face aux acteurs économiques de la région, notamment portuaires.
Des stations de mesures plus proches du trafic
Lors de l’assemblée générale d’Air Normand qui s’est tenue mardi dernier, son vice-président, également vice-président de la Crea chargé de l’environnement, l’écologiste Pascal Magoarou, a également milité pour un renforcement du réseau des capteurs. « J’ai demandé l’adaptation et l’augmentation des stations de mesure pour mieux coller aux trafics les plus importants. »
Bizarrement, jusqu’alors les capteurs rouennais sont placés en hypercentre quasi piétonnier (rue Saint-Lô) et en bas du boulevard des Belges, mais aucun sur les axes qui accueillent les poids lourds.Aucun sur les plateaux Est, entre Boos et Bonsecours, et aucun sur… les quais bas, rive gauche. « Ils sont désormais à l’étude » assure l’élu, prudent.

Thierry Delacourt

:arrow: Paris Normandie
Publié le lundi 27 juin 2011
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Virginie


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Re: Pollution. particules en suspension dans l’air

Message par Berthon37 le Lun 27 Juin 2011 - 12:38

bon ça va je ne circule qu'en vtt !!!!! Very Happy
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Berthon37


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Rouen Pollution : pouquoi les alertes aux particules fines augmentent...!!!

Message par JPL27 le Ven 9 Mar 2012 - 9:21

Treize, déjà. Depuis le début de l'année, c'est le nombre de jours durant lesquels la concentration de particules fines dans l'atmosphère rouennaise a dépassé le seuil d'information et de recommandation...

article ici ...
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Une pollution par particules en suspension samedi dans l’Orne...!!!

Message par JPL27 le Sam 24 Mar 2012 - 10:47

La préfecture de l’Orne signale que la concentration moyenne de particules en suspension va dépasser le seuil des 50 microgrammes par m3, samedi. C’est un seuil au-delà duquel il existe des effets... l'article ici...
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manche (50) calvados (14) Pollution de l’air : des consignes pas faciles à appliquer à l’école...!!!

Message par JPL27 le Mer 28 Mar 2012 - 9:53

Depuis plusieurs jours, en raison des conditions atmosphériques, l’alerte à la pollution de l’air est au niveau rouge dans la Manche et le Calvados. A la préfecture, à l’Éducation nationale, on donne des consignes qui ... l'article ici...
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Pollution de l’air, à Caen : des élus demandent au préfet d’agir...!!!

Message par JPL27 le Ven 30 Mar 2012 - 10:18

Les niveaux de particules en suspension dans l’air sont (encore) trop élevés. Une procédure d’alerte ... l'article ici...
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Pollution de l’air : la rechute dans l'ORNE et le CALVADOS...!!!

Message par JPL27 le Ven 6 Avr 2012 - 14:05

Les préfectures de l'Orne et du Calvados annoncent "une dégradation" de la qualité de l'air ce vendredi 6 avril.
Dans le... l'article ici...

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