la création du duché

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

la création du duché

Message par Asulf le Jeu 23 Sep 2010 - 15:04

Bon voila, étant étudiant en histoire, je vais faire un petit récapitulatif de la création du duché, vu que la rubrique indique histoire. Voici quelques dates.
Je tiens également à signaler que la notion de Duc est apparu vers l'an mil(trace dans les documents), avant il n'y est pas fait mention, ils avaient le titre de Comte de Normandie. Ce n'est donc que sous le règne Richard II (996-1026), que le terme de Duc est utilisé. Par la suite l'usage, a fait désigner ainsi toute "la lignée", qui régna de 911 à 1135. La suite étant la prise de pouvoir des Plantagenêt.

911 création du duché au traité de Saint-claire-sur-epte, suite à un traité entre Charles III et Rollon (rolf le marcheur),domination sur l'actuelle haute-Normandie (argh..)

933 conquête de l'Avranchin et du Cotentin par guillaume longue épée (guillaume Ier)

1009-1020 conquête des terres entre Sélune et Couesnon sur les bretons, rattachement de l'île du Mont Saint Michel à la Normandie.

Voila petite cours vite fait sur la création du duché dont les frontières n'ont pas tellement changées.



avatar
Asulf


Revenir en haut Aller en bas

Re: la création du duché

Message par Invité le Jeu 23 Sep 2010 - 15:20

Merci pour ce petit cours rapide ;)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: la création du duché

Message par Asulf le Jeu 23 Sep 2010 - 15:49

de rien, petit à petit je vais en mettre d'autres^^ bien sur je m'efforcer de rester assez général, si je rentre dans les détails, sa risque d'être très long, mais bon l'histoire de notre région est passionnante. :study:
Et toute contribution est la bienvenue Very Happy
avatar
Asulf


Revenir en haut Aller en bas

Re: la création du duché

Message par Erik le Jeu 23 Sep 2010 - 20:11

Asulf a écrit:de rien, petit à petit je vais en mettre d'autres^^
Ces petits rappels de notre histoire sont les bienvenus! St Olaf 4
avatar
Erik


Revenir en haut Aller en bas

Re: la création du duché

Message par Berthon37 le Jeu 23 Sep 2010 - 21:27

et important a redire aux enfants !!! :refl:

-------------ƒօгuო ռօгოﻪռժ-------------

avatar
Berthon37


Revenir en haut Aller en bas

Re: la création du duché

Message par Virginie le Jeu 6 Jan 2011 - 19:56

normandie magazine N°240
22/12/2010

:arrow: http://info.normandie-magazine.fr/index.asp?ART_ID=30502&911+%3A+naissance+de+la+Normandie


La Normandie est née voilà onze siècles à Saint-Clair-sur-Epte, quand le roi de France céda par un traité une partie de ses terres au chef viking Rolf le Marcheur (Rollon). Devenu "comte de Rouen, jarl des Normands", Rollon fut, de fait, le premier duc de Normandie.

C’est sur les bords de l’Epte, cette rivière qui descend des terres du pays de Bray, qu’est née en automne 911 la Normandie lors d’un traité - non écrit, mais sûrement conclu de "main à main" dans le village de Saint-Clair-sur-Epte - entre le chef scandinave Rollon et Charles le Simple, le roi de France.

Que sait-on de ce fameux traité ? Pour avoir la paix à l’ouest de son royaume, pour éviter de nouvelles incursions des guerriers vikings par la vallée de la Seine, Charles le Simple a cédé à Rollon une partie de la Neustrie. Il s’agissait d’un grand comté de Rouen limité au nord de la Seine par la Bresle et par l’Epte et, au sud du fleuve, par l’Eure, l’Avre et la Dives. Une zone qui englobait à peu près des diocèses de Rouen, Évreux et Lisieux, et qui allait être la base de la future Normandie.

Cette cession était assortie de deux conditions. Sur le plan politique, Rollon renonçait à lancer de nouvelles attaques au-delà du territoire cédé et il devait même barrer la Seine aux autres pillards scandinaves. Et, sur le plan religieux, il s’en-gageait à recevoir le baptême. Ajoutons aussi que Rollon ayant réclamé, en plus, une "terre à piller", le roi de France accorda aux Vikings de Normandie un droit de pillage… sur la Bretagne !

Ce traité de Saint-Clair-sur-Epte était, il faut le souligner, la régularisation d’une situation antérieure puisque Rollon (encore appelé Rolf le Marcheur), était depuis une bonne dizaine d’années un chef reconnu et craint sur des territoires où des hommes venus du Nord comme lui, étaient venus s’installer. Pourquoi "le Marcheur" ? L’Histoire des rois de Norvège de Snorri Sturluson qui date de 1230 (1) rapporte que Rolf "était si grand de taille qu’aucun cheval ne pouvait le porter et qu’il allait à pied en quelque endroit qu’il se trouvât". Près de deux mètres de hauteur et 140 kg, voilà la stature de celui qui deviendra le premier "souverain" normand. "C’est du lignage de Hrolf que sont issus les ducs de Normandie", dit encore le chroniqueur médiéval.

Les premières incursions des Vikings en Seine datent de 820, sous Louis le Pieux, mais elles se multiplièrent sous le règne de Charles le Chauve. Les envahisseurs scandinaves remontèrent la Seine jusqu’à Paris en 845 et ne repartirent qu’après avoir obtenu le paiement d’un tribut par le roi de France. Les Vikings revinrent régulièrement en basse Seine, attaquant les riches monastères.

Et puis, voici que Rollon entre en scène. Fils d’un chef norvégien, le "jarl" Rognwald de MØre, le gaillard avait la réputation d’être un coureur de mers avide de pillages. À la tête d’une bande de plus en plus importante (où les Danois étaient majoritaires), il multipliait les raids sur toutes les côtes. Rolf fut d’ailleurs banni pour pillage par le roi de Norvège Harald à la Belle Chevelure et dut chercher fortune à l’étranger.

Certains historiens affirment que Rolf (ou Rollon) était déjà venu sur les bords de Seine lors d’une importante incursion viking en 876 et qu’il avait aussi participé à un siège de Paris en 885. Nous nous contenterons, pour notre part, de le retrouver quelques années plus tard à l’ouest de la basse Seine, prêt à étendre son pouvoir sur la région. Il avait alors franchi la Risle et l’Orne, puis avait pris d’assaut - sans doute en 890 - la ville de Bayeux, tenue par le seigneur Béranger qui avait laissé sa vie dans l’affaire. Parmi ses prisonniers, Rollon avait, dit-on, remarqué Poppa, la fille de Béranger, et cette dernière était devenue rapidement sa concubine officielle. De cette union "à la Viking" (more danico) naquit un fils, Guillaume.

Après un séjour hors de Neustrie, Rollon devait revenir sur les bords de Seine. Cette fois, nous le retrouvons en 898 en face des émissaires de l’archevêque de Rouen, au port de Saint-Vaast-de-Jumièges. Il aurait accepté de défendre la ville de Rouen (Rudhaborg pour les Vikings) contre l’installation toujours plus intensive de "colons" scandinaves ou anglo-scandinaves dans la région, notamment en bordure du fleuve, et aussi de protéger plus efficacement le territoire dont il était devenu plus ou moins le maître. Dans les livres d’histoire normande, cet accord porte le nom de "pacte de Jumièges".

Agacé par la puissance grandissante de cet encombrant voisin, Charles le Simple avait alors envoyé l’un de ses ducs, Ragnold, croiser le fer avec Rollon. Mais la courte bataille de Pont-de-l’Arche fut un échec pour les Carolingiens : la Normandie était bien aux mains de Rollon et des siens.

Durant l’été 911, Rollon, en bon chef normand, reprit ses assauts. Contre Paris - où il connut l’échec - puis contre Sens et Auxerre, où il ne fut pas plus heureux. Il revint alors vers Chartres où il entama un nouveau siège. Mais la ville ne tomba pas, et Rollon dut se replier sur ses bases normandes après avoir subi de lourdes pertes.

Au lendemain de cette bataille de Chartres, Charles le Simple pensa que le moment était arrivé de négocier avec Rollon, avec un intermédiaire tout trouvé en la personne de Francon, l’archevêque de Rouen.

Et quelques mois plus tard, Charles le Simple et Rollon se retrouvèrent face à face à Saint-Clair-sur-Epte. Là, il y eut le traité… avec la fameuse petite histoire de l’acte de soumission réclamé à Rollon par les évêques, à savoir baiser le pied du roi. Le chef viking refusa d’accomplir ce geste pour lui humiliant et il envoya l’un de ses hommes l’accomplir à sa place. Le guerrier s’exécuta en saisissant le pied royal pour le porter à sa bouche, sans se baisser, et donc renversa le roi de France… Cette histoire est sans doute trop savoureuse pour être vraie !

Comme le voulait le traité de Saint-Clair-sur-Epte, Rollon - en compagnie de ses compagnons et guerriers - se fit baptiser au début de l’an 912 par l’archevêque de Rouen, prenant le nom chrétien de Robert.
Premier "duc de Normandie" (en fait, il portait le titre de comte de Rouen et de "jarl des Normands") durant vingt ans (de 911 à 931), Rollon s’assura du soutien de l’Église pour opérer une fusion entre les autochtones d’origines très diverses (Gaulois, Gallo-romains, Francs, Saxons) et les envahisseurs du Nord (Norvégiens, Danois). Les noms de lieux d’origine scandinave - en "tot", en "bec", en "beuf" ou en "torp" - nombreux dans les campagnes de certaines régions normandes (pays de Caux et Cotentin en tête), prouvent que tout un "peuplement" nordique s’est bel et bien fait au fil des raids des Vikings, avant même le traité de Saint-Clair-sur-Epte !

Dans sa Normandie partagée "à la corde" entre ses plus fidèles compagnons, Rollon instaura la paix et les prémices d’un droit normand coutumier sur des terres encore agrandies par l’obtention, en 924, du Bessin et du Hiémois (à l’époque la région de Sées, d’Alençon et le Perche), à la faveur de nouvelles tractations avec le roi de France. L’historien Jean-Pierre Armand de Laporte des Vaulx conte, de la manière fleurie en vogue au XIXe siècle, comment les anciens pillards devinrent des protecteurs des biens et des hommes : "Rollon, le pirate, n’eut pas grand peine à devenir un prince. Il avait en lui-même l’instinct de toutes les grandeurs. Ses compagnons suivirent l’exemple de leur chef. Bandits la veille, ils furent le lendemain gentilhommes ; païens la veille, ils se levèrent chrétiens le lendemain et de concert avec leur chef, ils ne songèrent plus qu’à s’affermir par une sage politique dans ces contrées qu’ils venaient de conquérir".

Pour sa part, dans un écrit du XIe siècle, un moine de Saint-Wandrille affirme que "Rollon fit de toutes les races un seul peuple en s’appuyant sur l’ordre chrétien qu’il avait adopté et l’armature féodale qu’il avait instaurée".

Fils de Rollon et de Poppa, et donc second "duc de Normandie" (le premier à porter ce titre officiellement sera Richard II, qui devint le premier duc de Normandie en 996), Guillaume Ier de Normandie s’évertua à consolider l’œuvre de son père qui avait été le chef des Normands de la Seine et aussi celui des arrière-pays, de Fécamp à Bayeux. Le nouveau "jarl" normand se tourna donc vers l’ouest. Il vint rapidement à bout des Bretons qui, depuis le traité de Saint-Clair-sur-Epte, supportaient de plus en plus mal le "protectorat" normand, et put ainsi fixer la frontière de la Normandie sur les bords du Couesnon. Mais il eut infiniment plus de difficultés avec les Vikings installés dans le Cotentin qui vivaient de manière quasiment indépendante et finirent par refuser l’autorité de leur duc. Sous la conduite de leur chef Rioulf, ces rebelles marchèrent sur Rouen mais ils furent sévèrement défaits au lieu-dit du Pré-de-la-Bataille en 935.

Ce fut au lendemain de cette bataille gagnée que Guillaume hérita du surnom de "Longue-Épée". La Normandie y trouva, elle, une plus grande unité territoriale. La grande aventure du duché de Normandie allait durer trois siècles.


(1) Histoire des rois de Norvège, traduit du vieil islandais par François-Xavier Dillmann, est paru chez Gallimard en 2000 (collection L’aube des peuples)
avatar
Virginie


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum