Château de Robert le Diable

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Château de Robert le Diable

Message par Virginie le Lun 9 Mai 2011 - 20:52

Château de Robert le Diable

:arrow: Normandie Tourisme

Château fort

Le château où a vécu Richard Cœur de Lion a été de nombreuses fois démoli, notamment pendant la Guerre de 100 ans et la Seconde Guerre mondiale. Il a conservé cependant sa base médiévale. Le site est classé au titre des sites naturels en 1935, en particulier pour les panoramas qu’il offre sur la vallée de la Seine. Fermé en 2003, la Communauté de l’Agglomération Rouennaise le rachète fin 2007 et entreprend une vaste opération de réhabilitation afin de le sauver. Aujourd’hui, les travaux de sécurisation et les aménagements permettent d’ouvrir les extérieurs du château au public.Les abords du château resteront ouverts à la visite la majeure partie de l'année. Une équipe constituée par les permanents d'une association d'insertion et des stagiaires formés progressivement à l'accueil du public, répondra aux questions des visiteurs sur l'avancée des travaux et l'histoire du château

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:arrow: CREA



Depuis novembre dernier, le Château Robert-le-Diable sort de l’enfer grâce au travail de restauration effectué par 12 adhérents du PLIE (Plan local pour l’Insertion et l’emploi) membre de l’Association d’Insertion Cursus.
Racheté par la Communauté en 2007, le château est actuellement en pleine réhabilitation. Mais depuis les premiers coups de pioche et de tronçonneuse, le parc du château s’est transformé.

« Le parc est complètement restauré » se réjouit Martine Taillandier, maire de Moulineaux et conseillère déléguée de la CREA en charge du château Robert-le-Diable et du label d’art et d’histoire.

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Galeries photos :
:arrow: http://francoisbayeux.free.fr/galerie/index.php?/category/61
:arrow: http://45ansdephotographie.free.fr/galerie/index.php?/category/28
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Re: Château de Robert le Diable

Message par Virginie le Ven 2 Sep 2011 - 8:25

Pour que tous comprennent l'importance de sauver le Château de Robert le Diable, je me suis permise de "retaper" le petit fascicule, créé par Roger PARMENT, que l'on pouvait se procurer à l'entrée du Château avant que celui-ci ne soit fermé au public pour cause d'insécurité (si mes souvenirs sont bons, il me semble que le pont du Château s'était effondré).

En attendant que le Château "revive" à nouveau, je souhaite que ce sujet rappellera de bons souvenirs à tous ceux qui ont eut la chance de visiter le Château de Moulineaux. Quant à ceux qui n'ont pas eut cette opportunité, j'espère que grâce à ce sujet, ils pourront se faire une idée plus concrète de ce que fut le Château de Robert le Diable.

Bonne lecture...
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Re: Château de Robert le Diable

Message par Virginie le Ven 2 Sep 2011 - 8:27

(fascicule créé par Roger Parment, que l'on pouvait jadis se procurer à l'entrée du château)

Château Robert-le-Diable
Moulineaux






ROBERT : diable et diableries


Qui était Robert le Diable dont le château de Moulineaux et un Opéra de Meyerber portent le nom ?
Un homme ou un mythe ? Un prince ou un démon ? Lui reconnaît-on des liens avec ces ruines, cette colline, ces bois, ce fleuve ?

Les historiens sérieux, ou qui se présument tels, concluent volontiers d'un coup de gomme destructeur : Robert le Diable est né de l'imagination populaire. Il appartient aux fictions du Moyen-Age. Il n'a rien de commun avec l'histoire. Il ne s'apparente ni de près, ni de loin, aux ducs de Normandie. Il nous est parvenu à travers des ragots de bonnes femmes. De veillées en veillée, son nom a couru jusqu'au XXème siècle. Et voilà !

Les historiens moins rigoristes ou qui s'accordent le privilège, en l'absence de documents, de laisser douter de leur gravité, acceptent tantôt une image de Robert le Diable, tantôt une autre. Il y a ceux qui optent pour Robert 1er, VIème Duc de Normandie, père de Guillaume le Conquérant et ceux pour qui Robert le Diable ne saurait être que Robert Courte Heuse, Robert Courte Cuisse, second fils de même Guillaume. Pendant une partie du XIXème siècle, entre les deux tendances, les historiens restèrent déchirés en troupes égales. Depuis le début du XXème siècle, une sorte d'unanimité semble s'être faite autour du premier nommé. A Moulineaux où l'on ne pouvait que rallier la majorité on ne parle plus que de Robert le Diable et d'Arlette.

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L'Amour de Robert et d'Arlette, c'est celui d'un prince pour une bergère. Le prince avait 17 ans et la bergère 15. Ils s'aimèrent follement de tout l'emportement de leur jeunesse. Leur enfant, le fils de cet amour naturel - ô combien – créa un empire, unit à sa couronne ducale de Normandie, celle de l'Angleterre. Toute sa vie, il s'appela lui-même, Guillaume Le Bâtard. Fièrement, presque par défi, souligne Jean de la Varende.

Mais leur amour avait commencé dans la mort, et sans doute, dans le sang. Pour que vienne au monde en 1027, le petit Guillaume, enfant de l'amour de Robert et d'Arlette, pour que ce fils pût régner, accomplir son destin, il fallut d'abord que Robert lui ouvre la voie, lui conquiert son duché. Cela n'alla pas tout seul. Car à la mort de Richard II de Normandie, en 1026, c'est Richard, frère aîné de Robert qui succéda à leur père.

Robert, qui n'avait que 16 ans s'insurgea. Il s'enferma dans Falaise, s'y fortifia. Richard III attaqua son benjamin avec sa maisnée de chevalerie. Il utilisa de redoutables instruments de guerre, des espringales et des balises. Les mangonnaux, les bricoles et les trabucs catapultèrent sur la forteresse des projectiles divers, blocs de pierre, détritus porteurs de germes de peste et de fièvre. Falaise céda. Tout semblait à jamais compromis pour Robert. Mais voici que la mort de Richard III survenant brutalement dès son retour à Rouen, remit en selle l'adolescent. Richard et plusieurs de ses compagnons périrent en quelques heures. Nul ne pensa que, peut-être, ils avaient contracté devant Falaise quelques-unes des épidémies qu'ils y avaient si généreusement semées. La rumeur accrédita l'hypothèse d'un empoisonnement. Un crime ? L'ordre n'en pouvait émaner que de Robert, une diablerie bien dans la manière du jeune rebelle.

Si meurtre il y eut, il ne pesa pas sur la conscience du prince. Tandis que l'on conduisait déjà, sur son ordre, en l'abbaye de Fécamp, pour y être destiné à la tonsure, Nicolas, fils de Richard III, un bébé de quelques mois, Robert se tournait vers l'amour.

A Falaise, il avait remarqué, parmi les lavandières de la fontaine du Val d'Ante, Arlette. Elle était la fille d'un tanneur. Elle avait de l'instruction et de l'esprit. Il ne l'aborda pas lui-même. Il se contenta de la regarder souvent d'une fenêtre du Château de Falaise. Puis, il informa le père de la fillette. Et c'est le bonhomme, qui après avoir pris conseil de sa famille, alla solliciter la fille. On sait qu'elle avait quinze ans. Elle se montra doucement respectueuse :
« Mon père, je suis votre géniture, faites de moi suivant votre bon plaisir ».

Il n'était pas question de mariage, mais d'amour, rien que d'amour, que d'être aimée et bien sûr d'aimer en retour. Elle ne s'y trompait pas. Ses amies médiraient peut-être, mais l'envieraient sûrement. Quand elle fût parée pour aller au château des gens voulurent l'y conduire discrètement. Elle n'eut cure du « qu'en dira-t-on ». La tradition rapporte ainsi sa détermination :

« Manquerais-je de courage ?
Que si le duc à soi me mande,
Que mon gentil corps requiert et demande
Que j'agisse comme une mercenaire,
Ou comme une pauvre chambrière ?
Ainsi j'irai et c'est tout comme,
En vierge et en fille de prud'homme
Pour mon honneur accroître et pour mon bien,
Et je n'ai vergogne de rien.
Et qu'il voudra, qu'il sache et voie ! »

Mais elle n'alla pas à pied au troublant rendez-vous. Elle réclama une suite :

« Faites vos palefrois venir
Je vous en prie et requiers doucement
Ainsi irons-nous plus dignement ».

Elle avait revêtu une belle chemise fine fendue de haut en bas – une trouvaille de son jeune génie – et par-dessus avait jeté une pelisse grise et un manteau court. Bandelettes et réseaux la coiffaient. Les poètes, Wace en tête, nous confirment son sens de l'apparat. Elle exigea d'entrer au château par le grand portail. On la guida vers « Une précieuse chambre voûtée, toute remplie d'images peintes et de soieries ». Robert l'attendait. Ils parlèrent. Leur conversation devint secrète. Robert avait ce qu'il voulait.

« Une fillette encore pucelle
Qui lui sembla avenante et belle
Menée elle fut à son lict ;
Son bien en prit et son déduit ».
« Quand, au lit du duc, elle fut entrée
De sa chemise enveloppée,
La chemise, sur le devant était rompue
Et jusqu'au pieds fendue.
Toute se peut abandonner
Sans sa chemise remonter.
Demande le duc ce qu'il y avait
Pour avoir ainsi sa chemise déchirée
« Ce n'eut pas été, dit-elle de mise
Que le plus bas de ma chemise
Qui sur mes jambes frotte et touche
Soit retroussé jusqu'à votre bouche
Ni ce qui est à mes pieds mis
Soit retourné près de votre visage ».

Tous les chroniqueurs ont décrit la scène si bien légendée 150 ans plus tard, vers 1170, par Wace, chanoine de Bayeux.


De cette nuit, de cette première nuit au Château de Falaise, naquit Guillaume. Le fruit de leur amour se révéla dès les premiers instants de sa vie, solide, ardent, vigoureux, indissoluble comme leur amour même.

« Quand vint le temps que la nature requiert, Arlette eut un fils qui fut appelé Guillaume ; lequel sitôt qu'il fut reçu, fut plcé sur un peu de paille blanche et sans linge ; alors commença l'enfant à pestiller et tirer la paille de ses mains, tant qu'il en eut plein ses poings et ses bras :
« Par Dieu, dit alors la Sage-femme, cet enfant commence à acquérir et amaster ».

Puis Robert se battit, il ne manqua pas d'ennemis. Il triompha finalement de tous. Un jour, il annonça qu'il partait pour la Terre Sainte. Seul un pèlerinage au tombeau du Christ effacerait à jamais ses fautes, ses audaces, ses excès. Il s'adressa en ces termes aux grands de son entourage : « Ce n'ai pas ma volonté de vous laisser sans seigneur. J'ai un petit garçon qui croistra, si Dieu plaist, et me promets, de sa prud'hommie ».

Les vassaux de Robert, ses compagnons acclamèrent le nom de l'enfant. Robert formula encore un vœu étrange : « Herluin de Conteville, si je ne reviens pas, tu épouseras Arlette... ».

Il s'en alla pieds nus. Mais sa suite emportait, pour lui, de fabuleuses richesses. La caravane pliait sous le poids du trésor. A Rome, il fit revêtir la statue de Constantin de son plus beau manteau. A Constantinople, pour impressionner l'Empereur, il fit ferrer ses mules, en or, avec des clous trop courts. Ainsi les bêtes perdaient leurs fers et nul Normand ne s'en souciait, toujours pour épater la galerie !




Bien avant d'atteindre Jérusalem, il tomba malade. On l'étendit sur une litière. Le voyage continua et l'escalade des monts de Judée se transforma en calvaire. Aux portes de la Cité, des pèlerins, trop pauvres pour acquitter le péage, attendaient leur chance. Robert jura : « Par le coeur au ventre, vous entrerez tous ou les besants manqueront ».

Ses dévotions accomplies, Robert le Magnifique rebroussa chemin. La mort interrompit son retour par l'Asie Mineure à Nicée en Bithynie. Fin consécutive à une épidémie ou au poison ? Pour lui aussi, comme huit ans plus tôt pour son frère Richard, la question se posait. Drogon, comte du Vexin n'alla pas plus loin que son maître. On inhuma Robert II de Normandie dans la Cathédrale Sainte-Marie de Nicée, le 2 juillet 1035. Rouen ne sut la mort que trois mois plus tard.

La Varende raconte que, selon une légende de son enfance, Robert avait en réalité été enterré sous une dalle de cuivre en face de la route du Nord-Ouest.

Cinquante ans plus tard, Guillaume voulut restituer à la mère patrie, les cendres de son père. Il dépêcha une mission à Nicée. L'escorte qui ramenait la dépouille faisait escale en Calabre, lorsque se répandit la nouvelle de la mort à Rouen du bâtard de Robert et d'Arlette. « Alors, tous abandonnèrent le cercueil on ne sait où ».

Robert le Diable, Robert le Magnifique, l'amant de la petite lavandière repose au vent d'Italie.

Quels furent les rapports de Robert le Diable avec Moulineaux. Il y vint certainement. Il y passa inévitablement au cours de ses déplacements entre Falaise et Rouen. Peut-être la forteresse existait-elle ? Le puits en tout cas, s'enfonçait déjà dans la colline. Les archéologues l'estiment gallo-romain. L'Abbé Cochet a découvert au siècle dernier, un cimetière de cette époque dans les parages. M. Schneider vient de défricher, au lieu-dit La Maredotte, à quelques centaines de mètres à l'Est du château, dans les bois de Moulineaux, les substructions d'une villa contemporaine du puits.
[Des objets récupérés parmi les pierres fixent au IIIème siècle l'incendie qui détruisit cette habitation et celles qui l'entouraient.]
Au XIème siècle, Robert II séjourna, peut-être dans ce lieu de vieille civilisation. Chasseur passionné, il ne devait pas se priver de battre la forêt. Il se reposait près du puits dans l'enceinte fortifiée qui protégeait l'énorme citerne profonde de 104 mètres. Le gouffre mesure aujourd'hui 10 mètres de plus. On les a creusés, en 1955, pour atteindre l'eau et en approvisionner le château.

Ce qui est certain concernant la citadelle, c'est que Richard Cœur de Lion y fit accomplir des travaux, au puits principalement, en 1199. Certain également que Jean sans Terre, treizième et dernier duc de Normandie, s'y réfugia en 1204, après l'assassinat de son neveu Arthur de Bretagne. C'est de Moulineaux qu'il s'enfuit vers l'Angleterre pour échapper à la colère de Philippe-Auguste, roi de France.

Nous avons le droit de croire que Robert le Magnifique et Robert le Diable ne forment qu'un seul et même héros. Dès lors qui oserait prétendre que Robert n'a pas visité Moulineaux ? D'ici, persuadons-nous en, il a contemplé la Seine, les forêts de Rouen, sa bonne ville.
Ici, Arlette a accompagné Robert. Guillaume, leur enfant s'ébattait près d'eux. La défaillance des preuves ne dément pas les faits. C'est ainsi que l'histoire devient légende. Ainsi que résonne encore à nos oreilles, le message du duc moribond dans sa litière que portaient des esclaves noirs.
A un Normand du Cotentin, rencontré en Terre Sainte, il lança cet adieu :
« En rentrant au pays, l'ami, dis que tu as vu le duc Robert porté au paradis par quatre diables ! »
Les diables de Robert !

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Origines du Château de Robert-le-Diable

Le château de Moulineaux fut édifiée vers les XIème-XIIème siècles. Richard Cœur de Lion y séjourna. Son successeur, Jean sans Terre, 13ème duc de Normandie – en partit en 1204, pour aller assassiner à Rouen non neveu Arthur de Bretagne.

Dans l’entrefaite, le Roi de France, Philippe-Auguste entreprenant la conquête de la Normandie, investit aux Andelys la redoute réputée imprenable, construite dix ans plus tôt par Richard Cœur de Lion.

Jean sans Terre pensant retarder le triomphe de Philippe fit démanteler la petite forteresse de Moulineaux et se réfugia dans son royaume d'Angleterre.

C'est ainsi que les rois d'Angleterre perdirent la Normandie. Ainsi furent séparées la Normandie et l'Angleterre, dont en 1066, Guillaume le Bâtard avait fait, avec la bénédiction du Pape, le royaume anglo-normand.

Attachant beaucoup de prix au verrou de Moulineaux, Philippe en releva, une première fois le château.

C'est que la petite place forte contrôlait l'entrée de Rouen où le Roi de France édifiait le château dans lequel en 1430-1431 Jeanne d'Arc fut emprisonnée. Château qui fut démoli au XVIème siècle.

On possède la liste des capitaines qui gardèrent au nom du Roi de France, le bastion de Moulineaux. En 1418, les Rouennais croyant, à leur tour, à l'importance stratégique de Moulineaux en sacrifièrent les tours et les firent sauter.

A leur avis, il y avait là de quoi empêcher les Anglais de se fortifier dans leur conquête de notre Province. Ils se trompaient, car les Anglais demeurèrent à Rouen de 1418 à 1449.

Dès lors, les ruines furent la proie des pillards, des brigands, des réprouvés, des chouettes, des grand ducs, des fantômes. - Pendant des siècles, personne n'osa plus venir vivre sur la colline. - Les habitants de Moulineaux se signaient en passant dans les parages et ne s'y aventuraient jamais à la nuit tombée. Les ruines émergeaient de la forêt pour sombrer dans la brume ou dans l'obscurité. On racontait que le soir, les nuages bas transportaient dans leur voyage, la silhouette fantastique des murailles, les stigmates de tous ceux qui avaient péri en s'aventurant dans les ruines.

On sait maintenant que ces spectres inquiétants ne sont que des jeux de lumière, reflets des ruines au clair de lune sur un ciel tourmenté.

Au début du XIXème siècle, les romantiques rodèrent à Moulineaux. Des gravures allemandes représentent les ruines s'élançant par dessus les broussailles, les ronces, les mûriers sauvages. En 1870, les francs-tireurs s'y battirent. Les Prussiens dépensèrent plus d'hommes pour la prise de Moulineaux que pour celle du Havre.

L'histoire moderne du Château de Robert le Diable ne commence vraiment qu'en 1903. Le propriétaire de la colline, M. Oscar Cosserat fit défricher les vestiges du Château, relevé par Philippe-Auguste.

Audacieusement, il rêva de restituer au paysage l'ancienne forteresse. Il rebâtit au Nord la tour de Rouen, au Sud celle de Bourgtheroulde, consolida les souterrains. Grâce à lui, le Château de Robert le Diable ressuscita de ses cendres.

Les Rouennais le dimanche visitaient parfois le Château. Un petit musée dans lequel étaient exposés les souvenirs ramassés lors des fouilles en 1903, avait été aménagé dans la Grande-Tour.

Dix ans après, en 1953, Roger Parment entreprit avec une poignée d'amis de sauver une fois de plus ces ruines séculaires, toujours abandonnées et toujours protégées.

Le 12 avril 1954, le Château de Robert le Diable était rendu aux Rouennais sur la Colline de Moulineaux. C'est-à-dire, qu'ils pouvaient enfin visiter les ruines, sans risque de tomber au fond d'un puits de 114 mètres, sans risque d'être précipités du sommet des remparts ou du faîte des Tours. Ils pouvaient, en toute quiétude, en se laissant guider à travers les souterrains et les salles aménagées, visiter ce cadre incomparable d'où l'on découvre l'un des plus beaux panoramas de Normandie.



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Les Vikings

Les Vikings découvrirent l'Amérique 4 siècles avant Christophe Colomb.

Au début du 9ème siècle, les drakkars remontèrent la Seine, ces embarcations non pontées, longues en général de 24 mètres, larges de 5, profondes d'environ 2 mètres, naviguaient à la voile et à la rame, avec une soixantaine d'hommes.

Le Drakkar édifié sur la Colline de Moulineaux, dans la cour du Château a été réalisé d'après le gabarit du Bateau d'Oseberg qui fut découvert en 1904 sur la rive du Fjord d'Oslo. Il n'avait sans doute jamais navigué et n'avait été construit qu'à usage de sépulture. On trouva à bord des objets, parmi lesquels trois barques placées à l'avant du navire. Près de ces embarcations de petites dimensions, il y avait également 5 lits démontables. Enfin sous la chambre funéraire dressée comme une tente au milieu du Drakkar, un 6ème lit avait dû servir de couchette à la dépouille du chef Viking inhumé là.

Des ustensiles de cuisine, des jeux, des pelles et un traîneau de bois sculpté, tous objets ayant dû appartenir au mort et l'ayant accompagné dans son voyage dans l'au-delà, avaient été pieusement disposés près de lui.

Le bateau d'Oseberg mesurait 21 mètres de long, 5 de large et le mât atteignait 13 mètres.

Quant au bâtiment qui abrite le Drakkar de Moulineaux, il a été inspiré de vieilles églises norvégiennes.



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Le Musée des Vikings

Souterrains

1ère scène : L'une des invasions Vikings qui ravagèrent la Neustrie du VIIIe au IX e siècle.

2ème scène : Le traité de Saint Clair sur Epte

Par ce traité Charles le Simple, roi de France, remit à Rollon, chef Viking, la Neustrie qui devint la Normandie. En plus de ce cadeau, il donna sa fille Gisèle en mariage. Certains historiens contestèrent ce mariage, car Rollon avait près de 60 ans et la fille du Roi n'en avait que 12 environ. Il n'est pas certain que ce mariage eut lieu, tout ce que l'on sait, c'est qu'à la mort de Poppa en 919 (première femme de Rollon) ce dernier avait pour le soigner la belle et gracieuse fille du Roi.

Il était d'usage que celui qui recevait une province du Roi, s'agenouillât devant lui, en témoignage de respect et dévouement, et lui baisât le pied. Rollon trop fier pour s'incliner ordonna à un de ses soldats de le remplacer et ce dernier en grand guerrier au lieu de s'agenouiller saisit le pied du Roi, et le porta jusqu'à sa bouche, ce qui fit tomber Charles le Simple à la renverse.

3ème scène : La légende des bracelets d'or

La légende raconte que Rollon lors d'une chasse dans la forêt de Roumare, avait accroché ses bracelets d'or à la branche d'un arbre où il les oublia. Son autorité inspirait tant de crainte que personne n'osa y toucher et ces bracelets seraient restés pendus pendant 3 ans.

4ème scène : Guillaume Longue Epée (fils de Rollon et de Poppa)

2ème Duc de Normandie. En 933, il fut attaqué par Riulf, ancien compagnon d'arme de son père. Riulf était accompagné de 4000 Normands du Cotentin dont il était le Comte. Guillaume les massacra au Pré de la Bataille à Rouen.


Tour de Rouen

1ère scène : Robert et Arlette, père et mère de Guillaume le Conquérant

2ème scène : Bataille d'Hastings 1066

Le Roi d'Angleterre Edouard Ier le Confesseur n'ayant pas d'enfant avait pour héritier son neveu Harold, fils de Godwin. Mais Edouard avait promis la couronne d'Angleterre à Guillaume, duc de Normandie, Harold avait reconnu ce testament et prêté serment sur les reliques des saints. Or à la mort de son oncle, Harold se parjura et proclama ses droits sur l'Angleterre. Guillaume le Conquérant, très mécontant forma une très forte coalition et s'embarqua à Saint Valéry sur Somme, le 28 septembre 1066, à la tête d'une flotte de 1600 navires et d'une troupe de 50 000 hommes. Les 13/14 octobre 1066 à Hastings, après une lutte acharnée, le duc Normand remporta la victoire. Avec la couronne le malheureux Harold perdit la vie sur le champ de bataille.
Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie, se fit sacrer Roi à Noël 1066 en l'Abbaye de Westminster. Son palais sera la Tour de Londres.


3ème scène : La Reine Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant

La douce Reine broda une tapisserie reproduisant les principaux épisodes de la bataille d'Hastings. Cette pièce émouvante d'art médiéval est conservé à Bayeux, elle mesure 70 mètres de longueur et représente 58 tableaux. C'est l'un des plus merveilleux documents de l'an mil !

4ème scène : Le 1er juillet 1067, Guillaume le Conquérant assista à la dédicace de l'Eglise Notre-Dame de Jumièges, par le Saint Archvêque de Rouen Maurille, en présence de Robert 30ème Abbé du monastère et d'un baron anglais, prisonnier de Guillaume le Conquérant.

5ème scène : 1087 Mort de Guillaume le Conquérent

En 1087, Guillaume mourut au prieuré Saint-Gervais de Rouen. Le Roi de France avait osé demander : « quand donc ce gros homme accouchera-t-il ? ». Le Duc de Normandie, Roi d'Angleterre, avait rétorqué « j'irai faire mes relevailles à Notre-Dame-de-Paris ». Il s'y rendait, escorté de 10 000 lances quand à Mantes, il tomba de cheval, se blessa au ventre, revint à Rouen et y trépassa dans des douleurs affreuses.

Il avait régné cinquante-deux ans sur la Normandie et vingt-et-un sur l'Angleterre.



LES DUCS DE NORMANDIE

De Rollon à Jean sans Terre, treize ducs gouvernèrent la Normandie. Le plus considérable d'entre eux, Guillaume le Conquérant, fils de Robert le Diable, rattacha la couronne royale d'Angleterre à la couronne Ducale de Normandie en 1066.

C'est Philippe-Auguste, Roi de France qui en 1204-1205, s'emparant de Rouen et de la Normandie dépouilla Jean sans Terre rentré en Angleterre de la couronne Ducale. Toutefois, ce n'est que beaucoup plus tard, sous Louis XI, que la Normandie fit définitivement partie du Royaume.

Voici la liste des 13 Ducs de Normandie. Les dates indiquées sont celles de leur règne, sauf pour Robert Courte Heuse, qui mourut captif de son frère Henri Beau Clerc, après 28 années de détention, à l'âge de 70 ans.

ROLLON : 876-926, Duc de Normandie en 911
GUILLAUME LONGUE EPEE : 926-942
RICHARD 1ER SANS PEUR : 943-996 (fils de Guillaume)
RICHARD II : 996-1026 (fils de Richard 1er)
RICHARD III : 1026-1027 (fils aîné de Richard II)
ROBERT LE MAGNIFIQUE, dit Le Diable : 1027-1035 (2ème fils de Richard II)
GUILLAUME LE CONQUERANT : 1035-1087 (fils bâtard de Robert le Diable et d'Arlette)
ROBERT II COURTE HEUSE : 1087-1134 (fils de Guillaume le Conquérant)
HENRI 1ER BEAU-CLERC : 1106-1135 (autre fils de Guillaume le Conquérant)
ETIENNE DE BLOIS : 1135-1154 (fils d'Adèle, soeur d'Henri Beauclerc, elle-même fille du Conquérant)
HENRI II 1154-1189 (petit-fils d'Henri 1er)
RICHARD IV CŒUR DE LION : 1189-1199 (fils de Henri II)
JEAN SANS TERRE : 1199-1216 (fils de Henri II et frère de Richard Coeur de Lion).




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Château de Robert le Diable

Message par Carente50 le Ven 2 Sep 2011 - 19:07

Oui mais ils ont profité de l'occasion pour ne pas remettre le drapeau normand et ce malgré plusieurs mails de protestations!!!
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Re: Château de Robert le Diable

Message par Virginie le Ven 2 Sep 2011 - 20:03

@carente50 a écrit:Oui mais ils ont profité de l'occasion pour ne pas remettre le drapeau normand et ce malgré plusieurs mails de protestations!!!

oui c'est honteux !

St Olaf 5

Tout ce que j'espère c'est qu'ils le restaurent à l'identique pour que le public puisse à nouveau s'assoir dans le drakkar en écoutant le guide raconter les raids vikings, revoir les statues de cire relatant les scènes de l'histoire de la Normandie, bref revoir tout ce que Roger Parment a mis dans son petit fascicule...

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Re: Château de Robert le Diable

Message par Berthon37 le Sam 3 Sep 2011 - 9:51

@carente50 a écrit:Oui mais ils ont profité de l'occasion pour ne pas remettre le drapeau normand et ce malgré plusieurs mails de protestations!!!



mais c'est pas croyable !!!
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Re: Château de Robert le Diable

Message par Invité le Ven 9 Sep 2011 - 18:44

@Virginie a écrit:...Au sujet du bâtiment qui rappelait une église norvégienne...

Le bâtiment avait le toit en Essentes (sorte de tuiles/ardoise en bois), les anciens propriétaires laissèrent le bâtiment se délabrer (ainsi que la château), et remplacèrent les essentes par du shingle... (bravo la conservation du patrimoine...)!

Pour ce qui est du véritable Robert Le Diable:

Les Saxons de la proto-normandie, eurent avant l'arrivée des Normands, le privilège d'avoir eux aussi leurs propres Ducs dont: Aubert de 751 à 770, son fils Richard de 770 à 828 (le Saxon Robert surnommé "le Diable", autre fils d'Aubert, fut confondu à dessin par les Français, avec le Duc Viking Hróbjartr Skrautfíkinn: "Robert le Magnifique"), et son neveu Ernëz de 828 à 830 (assassiné par le Duc mérovingien du Razès Guillem de Gellone dit "au court nez", fils de Theodoric, qui fit couronner Roi de France Louis le Pieux dit "le débonnaire" en 813, fils de Karl Magnus, l'histoire des Ducs saxons circulait déjà en Normandie avant 1480). Diable

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Re: Château de Robert le Diable

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