L'Aquitaine viking

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L'Aquitaine viking

Message par Steinn le Mer 20 Avr 2011 - 8:21

Des Vikings sous-estimés ?

Les Vikings sont encore aujourd’hui considérés comme des pillards par la plupart des historiens. Ils lançaient leurs raids contre les monastères, volaient leurs richesses puis repartaient sur leurs navires avant que leurs adversaires n’aient eu le temps de réagir. Par la suite, ils se firent mercenaires se vendant indifféremment aux Francs, aux Bretons et aux Aquitains. Seul l’acquisition de richesses les intéressait, peu importait le moyen. Cette vision a été popularisée par Jules Michelet (1798-1874) et n’a jamais été remise en cause depuis malgré les découvertes archéologiques et des incohérences textuelles.

Cette vision est d’autant plus suspecte qu’elle ne correspond pas avec ce que l’on sait des Vikings dans d’autres pays. En Angleterre, par exemple, les historiens affirment que les rois anglais devinrent des « puppet kings », des rois-marionnettes, entre les mains des envahisseurs. Loin d’être considérés comme de vulgaires pillards, les Vikings furent les véritables maîtres du pays.

Partout les Vikings fondèrent des colonies, sauf en France. Régis Boyer déclare : en Normandie « Il ne s’est pas agi d’une colonisation au sens strict du terme » car ils manquent « d’effectifs assez nombreux »[i] ! Ce territoire a été abandonné à ces bandits par un roi faible incapable de mettre un terme à leurs exactions. La croyance commune est que si les Francs avaient eu de bons chefs, jamais les Vikings n’auraient réussi à les vaincre. Le mythe de « l’invincibilité » française » était très populaire au 19e siècle… Certains le cultivent encore.

Systématiquement, les Vikings ont été sous-estimés, sous-évalués, méprisés et rejetés comme un épiphénomène de l’Histoire de France. Seule la Normandie a été marquée par les envahisseurs du Nord. Ailleurs, ils sont passés comme le vent sans rien laisser. Nous pensons que cette lecture est grandement idéologique. La France du 19e siècle, fière des ses origines latine et méditerranéennes, symbole de civilisation et de connaissance, a toujours méprisé et sous-estimé ses racines germaniques, porteuses de barbarie et d’ignorance. A ce mépris culturel s'est ajoutée une guerre de religion opposant le Christianisme latin au paganisme du Nord. Ceux qui rejettent ces origines germaniques oublient -voire nient- qu’à part les Romains et les Sarrasins, tous les envahisseurs qui s’installèrent en France venaient de l’est et du nord.

Le temps est venu de reconsidérer la lecture traditionnelle française avec laquelle les historiens ont systématiquement regardé l’histoire de cette période et sous-estimés non seulement le phénomène viking, mais toutes les influences germaniques. Ces Germains ont laissé bien plus de traces dans l’identité française – mais aussi espagnole- que nous le pensons.

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Re: L'Aquitaine viking

Message par Asulf le Mer 20 Avr 2011 - 9:29

les vikings ne concernent qu'une petite partie de la population scandinave, la plupart sont des jeunes hommes qui partent en expédition "viking" afin d'obtenir richesse et réputation. Ils sont avant tout d'excellent marins et commerçants.
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Re: L'Aquitaine viking

Message par Invité le Sam 10 Sep 2011 - 13:11

Régis Boyer, qui n'est pas un historien, yoyote de la touffe (et je connais le bonhomme), il va à l'encontre d'Abbon, qui à l'époque où les Vikings voulaient conquérir Paris, disait qu'ils étaient non seulement nombreux, mais qu'ils avaient amené des femmes du nord avec eux, et soyons sérieux, toutes ces villes et ces villages aux noms skandinaves en Normandie, ce n'est certe pas les Romains cher à Boyer (qui dit que Viking vient du latin Vicus...lol) qui les ont nommé ainsi.

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Re: L'Aquitaine viking

Message par Steinn le Sam 10 Sep 2011 - 13:29

O-H de Warenghien a écrit: il va à l'encontre d'Abbon


Tu parle du moine Abbon ?
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Re: L'Aquitaine viking

Message par Steinn le Sam 10 Sep 2011 - 13:33

@Steinn a écrit:
O-H de Warenghien a écrit: il va à l'encontre d'Abbon


Tu parle du moine Abbon ?

Il y a souvent lieu de s'étonner de la légèreté des érudits, même des plus célèbres. Le moine Abbon et son poème sur le siège de Paris par les Normands, en fournissent de singuliers exemples. On s'est trompé sur l'auteur, faute de bien lire son ouvrage qu'on imprimait ; on a réimprimé l'ouvrage six fois sans examiner avec soin le manuscrit qu'on avait sous les yeux ; et après six éditions, après les travaux de Pithou, de Duchesne et de dom Bouquet, il a fallu qu'un septième éditeur, dom Toussaint Duplessis, fit de ce poème une étude particulière pour que les erreurs, fussent rectifiées, et le texte intelligible, ou à peu près.

La première édition parut en 1588 dans le recueil de Pithou, à qui appartenait le manuscrit. On avait souvent parlé d'Abbon, mais toujours en le confondant avec un autre Abbon, abbé de Fleury, qui mourut vers l'an 1004. Or, l'auteur du poème racontait, en témoin oculaire, le siège de Paris par les Normands de l’an 885 à l'an 887. La méprise était évidente et fut dissipée; mais le texte donné par Pithou fut très incorrect; il prêta peu d'attention à une glose qui y était jointe dans le manuscrit, et qui expliquait quelques-uns des passages les plus obscurs; enfin la transposition, l'omission même de plusieurs vers attestèrent la négligence de l'éditeur, et une ponctuation très fautive rendit l'ouvrage encore plus difficile à comprendre pour les lecteurs les plus attentifs.

En 1602, Jacques Du Breul, religieux de Saint-Germain-des-Prés, en publia une édition nouvelle; il avait le manuscrit sous les yeux et fit de la glose un plus fréquent usage que Pithou; il n'en reproduisit pas moins la plupart des fautes de la première édition, et ne rétablit pas même les vers transposés ou omis. Duchesne en 1619 et 1636, Jean Du Bouchet en 1642, réimprimèrent le poème; mais, sauf quelques changements de peu d'importance, ils ne firent guère que suivre l'édition de Pithou ou celle de Du Breul, et le texte demeura toujours presque aussi inexact et aussi obscur.

Tous ces travaux existaient déjà lorsque le P. Labbe, Oudin et dom Rivet parlèrent d'Abbon dans leurs savants écrits; ils n'en tombèrent pas moins dans de grossières erreurs, qu'une lecture un peu attentive, même sans le secours d'un texte correct, eût fait aisément éviter. Dans le moine Gozlin auquel le poème est adressé par l'auteur, Labbe et Oudin crurent reconnaître Gozlin évêque de Paris pendant le siège; or l'évêque Gozlin était mort le 16 avril 886, le siège durant encore ; Abbon raconte lui-même sa mort, et parle d'Anscheric son successeur, élevé à l'épiscopat au mois d'octobre suivant. Les erreurs de dom Rivet ne sont pas moins étranges : « Le siège de Paris, dit-il, commença en novembre 885 et ne fut levé que le dernier jour de janvier 887, après quinze mois de durée. Abbon en entreprit aussitôt l'histoire et la publia peu après le mois de novembre 888, puisque, dans le corps de l'ouvrage, il ne donne que le titre de comte à Eudes qui fut sacré roi de France, et qu'il qualifie tel dans sa préface. » Or, dans le corps de l'ouvrage et à plusieurs reprises, Abbon donne à Eudes le titre de rex futurus, rex venturus, ou même simplement de rex, et il termine son second livre par le récit sommaire des événements survenus de l'an 888 à l'an 896, ce qui en place nécessairement la composition après cette dernière année.

En insérant le poème d'Abbon dans sa Collection des historiens français, dom Bouquet releva toutes ces erreurs; il avait le manuscrit entre les mains et pouvait en donner enfin une bonne édition en consultant, en y joignant même la glose qui l'expliquait. Il n'en fit rien, et se contenta de réimprimer le texte de Duchesne; il en corrigea seulement les fautes les plus apparentes et y ajouta quelques notes utiles, mais trop rares et qui ne s'adressent pas toujours aux passages les plus embarrassants.

Ce poème curieux, bien que barbare, restait donc, après tant d'éditions, surchargé de fautes et d'obscurités, lorsqu'en 1753, dom Toussaint Duplessis, bénédictin comme dom Bouquet, entreprit enfin d'étudier scrupuleusement le manuscrit, la glose, et de les publier ensemble en les accompagnant d'un long commentaire. Il inséra ce travail dans les Nouvelles Annales de Paris jusqu'au règne de Hugues Capet, et c'est maintenant le seul recueil où le poème d'Abbon doive être lu et puisse être compris. Il s'en faut bien que le texte soit partout correct, que le commentateur ait dissipé toutes les obscurités, expliqué toutes les allusions, saisi même toujours dans ses notes le véritable sens ; mais, pour la plupart des difficultés qui restent encore, c'est à l'auteur lui-même, non plus à l'éditeur qu'il faut s'en prendre; l'érudition a fait son œuvre. D'après le temps qu'elle a mis à y parvenir, on peut; juger combien elle est souvent incomplète et trompeuse, dans les recueils même les plus justement estimés.

Voici ce qu'on sait d'Abbon. Il était moine de Saint-Germain-des-Prés, peut-être neustrien d'origine, et élève d'Aimoin, de la même abbaye. Il ne se donne lui-même dans sa préface que la qualité de lévite ou diacre; dom Rivet affirme, d'après le nécrologe de saint Germain, que plus tard il fut fait prêtre; et on y trouve en effet, vers cette époque, sous la date du 9 mars, sans indication d'année, la mort d'un prêtre Abbon. Rien ne prouve que ce soit le même; cependant cela se peut. Il écrivit son poème entre les années 896 et 898, car il y parlé, comme on vient de voir, d'événements qui se rapportent à la première, et dit ailleurs que le roi Eudes vivait encore; et Eudes mourut en 898. Plusieurs savants ont cru qu'Abbon lui-même n'avait pas vécu au-delà du neuvième siècle; un avertissement qu'il prit soin de placer en tête d'un recueil de ses sermons, dont le manuscrit se trouvait dans la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés, eût suffi pour les détromper ; il les a composés, dit-il, à la demande de Frottier, évêque de Poitiers, de Fulrad, évêque de Paris, et pour l'usage des ecclésiastiques de leurs diocèses. Frottier fut évêque de Poitiers de l'an 900 à l’an 936, et Fulrad évêque de Paris de l'an 921 à l'an 927. La mort d'Abbon ne peut donc être antérieure à l'an 922 ou 923.

Le poème sur le siège de Paris et ces Sermons sont les seuls ouvrages qui restent de lui; cinq des sermons seulement ont été publiés par d'Acheri ; ils ne se distinguent par aucun mérite particulier. Quant au poème, ce n'est pas, comme les lecteurs s'en convaincront aisément, le mérite littéraire qui en fait la valeur; la complaisance même des éditeurs ne se l'est point dissimulé ; tous se sont bornés à en publier les deux premiers livres, laissant de côté le troisième, qui ne se rapporte en rien à l'histoire et ne contient que des dissertations ou des allégories théologiques. Dans les deux premiers même, quoique l'écrivain eût dû être animé par les faits et par les sentiments qu'il avait éprouvés en y assistant, aucune beauté poétique ne se rencontre, aucune trace de talent ne se laisse apercevoir. Les hommes du ixe siècle n'étaient pas plus étrangers que nous aux émotions que suscitent dans la nature humaine la nécessité de grands efforts, la présence de cruels dangers. Les Parisiens, assiégés par les Normands, les ont certainement ressenties, car ils ont fait preuve d'opiniâtreté, d'adresse, de dévouement, de courage; ils ont eu, dans leurs murs, durant ces dix-huit mois de détresse, des héros, des traîtres, des lâches; ils ont admiré, compati, espéré, tremblé : ce sont là les sources de la poésie; Abbon n'y a point puisé, n'a fait passer dans ses vers, avec vérité et énergie, aucune des impressions qu'il avait sans doute partagées; d'emphatiques lieux communs, d'énigmatiques subtilités, des exclamations convenues, des comparaisons empruntées, c'est là tout ce que lui a inspiré un si pénétrant spectacle, et sa lourde imagination ne nous fait rien voir de ce qui l'avait à coup sûr profondément ébranlé. Telle est l'impuissance des écrivains de ce temps, en qui la pédanterie monacale s'unit à la grossièreté barbare; leurs propres émotions leur échappent; ils les ont reçues, car ils étaient hommes; ils sont hors d'état de les reproduire, de les communiquer, et les faits demeurent stériles et glacés dans leur pensée dès qu'ils se sont éloignes de leurs yeux. Mais telle est ici l'importance des faits mêmes, qu'elle suffit, pour donner au poème d'Abbon un haut, degré d'intérêt; c'est l'histoire seule qu'il y faut chercher. Nous n'avons, sur ces expéditions des Normands qui couvraient alors la France, et se renouvelaient partout presque chaque jour, aucun monument aussi précis, aussi détaillé, ni qui nous fasse aussi bien connaître tous les accidents, toutes les formes de cette lutte désordonnée de deux peuples, l'un sans gouvernement, l'autre sans patrie. Le siège de Paris par les Normands, en y comprenant toutes ses vicissitudes, dura du 25 novembre 885 au mois de mai 887; huit rudes assauts furent livrés à la ville, dont les citoyens, ecclésiastiques et laïques, se défendirent avec une admirable énergie. Abbon avait tout vu ; il suit pas à pas l'histoire du siège, et nous informe de tout, froidement, obscurément, mais avec étendue et exactitude. C'est là le mérite de son ouvrage, mérite sans gloire pour l'auteur, mais qui ne peut manquer d'intéresser vivement tout lecteur curieux de comprendre vraiment des faits que les historiens modernes racontent plus vaguement encore que les plus insipides chroniqueurs.

La traduction de ce poème était, nous n'hésitons pas à le dire, fort difficile. On en a donné jusqu'ici des fragments, des extraits, jamais une version exacte et complète. Nous ne nous flattons pas d'avoir surmonté tous les obstacles et deviné toutes les énigmes; Abbon lui-même se trouvait obscur, et crut avoir besoin de s'expliquer, si du moins il est vrai, comme dom Toussaint Duplessis est porté à le penser, que la glose jointe au texte soit son propre ouvrage. Le traducteur qui a bien voulu se charger de ce pénible travail n'a épargné ni temps, ni recherches, ni peines pour pénétrer dans le labyrinthe de chaque phrase, et leur prêter à toutes un sens raisonnable et clair. La glose et le commentaire du savant bénédictin nous ont été d'un grand secours; nous n'avons cependant pas adopté toujours l'explication qu'il a jugée préférable; dans quelques passages nous sommes convaincu qu'il s'est trompé; dans d'autres, nous avons choisi entre les conjectures. Il nous a paru inutile d'étaler dans de longues notes ces fastidieux débats; après tout, les faits historiques seuls sont importants; les lecteurs, s'il s'en trouve qui prendront la peine de comparer notre traduction avec le texte, apprécieront ce mérite de la difficulté vaincue, le seul auquel on puisse prétendre en pareille matière.

F. G.

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Message par Invité le Sam 10 Sep 2011 - 15:00

oui!

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Message par Géneustrie le Sam 10 Sep 2011 - 20:22

A bon ?
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