Granville: L’agriculture revient sur terre

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Granville: L’agriculture revient sur terre

Message par Steinn le Sam 19 Mar 2011 - 11:28

Une agriculture raisonnée, et respectueuse de l’environnement, c’est possible. À condition que tout le monde y mette du sien. Sous l’égide du syndicat mixte des bassins versants côtiers granvillais, les agriculteurs vont lutter contre l’érosion des sols et la pollution de nos côtes.

A la suite de pluies diluviennes, les plages de Saint-Pair, Jullouville et de Granville sont parfois fermées et le drapeau rouge hissé par les municipalités. La cause est connue : les précipitations ravinent le sol et entraînent pesticides et autres nitrates vers la mer. 'On ne veut pas taper sur les doigts des agriculteurs”, assure Clément Varin, technicien du syndicat mixte des bassins versants côtiers granvillais. Bien au contraire, le syndicat entend s'associer au monde agricole afin de lutter contre toutes les pollutions diffuses. Pour éviter la contamination, l'idéal est d'attaquer en amont les sources polluantes, aujourd'hui connues. 'On veut limiter l'érosion des sols et la dispersion de la terre, toujours porteuse d'éléments polluants”, indique Clément Varin. Mais encore faut-il connaître les territoires susceptibles d'entraîner une pollution importante par ruissellement des eaux... Pour le savoir, il a fallu une étude poussée au coeur des trois bassins versants du Pays granvillais, la Saigue, le Thar et la Lerre.

“On n’est pas là pour taper sur les doigts”
En priorité, le syndicat va s’occuper d’une zone de 17 km2 englobant Saint-Planchers, Saint-Jeandes- Champs, Saint-Aubin-des- Préaux et Saint-Pair. L’opération va concerner une vingtaine d’exploitants, déjà sensibilisés au cours de plusieurs réunions organisées en partenariat avec la chambre régionale d’agriculture, la chambre départementale, l’agence de l’eau de Normandie, la CUMA… “Nous désirons que le monde agricole propose par lui-même des solutions, et les mette lui-même en place.”

Une couverture végétale tout au long de l’année
Mais comment faut-il procéder dans ce coin du sud-Manche ? “Il s’agit de recouvrir les terres en friches de végétaux comme la moutarde, l’avoine ou autres. D’ici à 2013, on ne devrait plus avoir de champs à nu durant toute l’année et donc plus d’érosion des sols.” Outre la restauration des talus, déjà entamée, les agriculteurs utiliseront également la technique de l’écroutage (houes rotatives…) contre les mauvaises herbes dans leurs champs de blé. Plus précisément, il s’agira de percer la croûte du terrain afin de permettre l’infiltration de l’eau, le tout en évitant de casser les blés. Si ces techniques sont difficiles à comprendre pour les citadins, elles permettront aux exploitants de connaître encore un peu plus leurs terres. Là est vraiment l’essentiel. “Pour chaque type de sols, on a procédé aux mesures adéquates, techniques et ergonomiques.” À l’évidence, les techniciens sont désormais au service d’une agriculture responsable, raisonnée et moderne afin d’enrayer au mieux les pollutions. Et, pourquoi pas, rendre l’agriculture rentable.

Le calendrier 2011 des opérations
Le calendrier fixé par le syndicat mixte des bassins versants côtiers granvillais : 1er rendez-vous de bout de champ le 17 février, intérêts des couverts végétaux, avec démonstration de destruction mécanique ; 2e rendez-vous bout de champ le 25 février, intérêts écroutage sur céréale avec démonstration pratiquée à l’aide d’une houe rotative et herse étrille ; réunion en mars 2011 pour connaître son sol ; visites individuelles en février et mars pour expliquer les intérêts des talus antiérosifs ; 3e rendez- vous bout de champ en juin 2011, intérêts du binage et du semis sous couverts ; 4e rendezvous au bout du champ en octobre 2011, implantation des couverts et technique du travail en sol après récolte maïs, ensilage ; 5e rendez-vous bout de champ, réalisation des talus antiérosifs ; 6e rendez-vous bout de champ, visite semis sous couverts après récolte du maïs. Pratique. Clément Varin au 02 33 91 30 27 ou Marie-Christine Fort au 02 33 79 41 75.

Le syndicat joue la carte de l’eau
En 2003, cinq communautés de communes ont créé une structure intercommunale vouée à la reconquête de la qualité de l’eau : le syndicat mixte des bassins versants des côtiers granvillais. Il assure des travaux d’entretien de rivières, et met en place différentes actions contre la pollution des eaux. Pour atteindre cet objectif, le syndicat s’est associé avec l’Agence de l’eau de Seine/Normandie, qui met à disposition des outils de financement. Au cours de ces sept dernières années, le syndicat mixte des bassins versants côtiers granvillais a mené deux opérations contractuelles : un contrat territorial achevé en 2008 et le contrat global achevé en 2015. Il y a peu, le SMBCG a engagé un partenariat avec l’Université de Caen, le laboratoire Géophen et la chambre départementale de l’agriculture pour étudier l’érosion des sols et leur influence sur la pollution des eaux du littoral.

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