Hervé Morin trace son sillon pour 2012

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Hervé Morin trace son sillon pour 2012

Message par Steinn le Jeu 17 Fév 2011 - 13:41


Hervé Morin parcourt la ville de Redon où il a visité mercredi
un centre d'accueil de jour pour personnes dépendantes.
©️ Sipa / Lionel Le Saux


De notre envoyée spéciale, Ségolène Gros de Larquier

Enfoncé dans son manteau de ville gris, Hervé Morin ôte ses mocassins pour une paire de bottes. Sous le soleil timide de ce mercredi de février, le patron du Nouveau Centre (NC) est venu visiter un élevage porcin situé à cinquante kilomètres de Rennes. "Je suis moi-même fils de paysan. J'aurais bien voulu le devenir aussi, mais mon père m'a déchiré mon diplôme de BTS de production animale pour m'empêcher de faire un métier de crève-la-faim", raconte Hervé Morin. Des souvenirs plein la tête, l'ancien ministre de la Défense patauge dans la boue avec bonne humeur, suivi d'une vingtaine d'agriculteurs et d'éleveurs.

Après cette visite, une discussion franche s'engage avec les gens du cru lors d'un déjeuner-débat. "On vous préfère à Jean-Louis Borloo. Pour les gens du monde rural, Borloo, c'est un peu le Dominique Strauss-Kahn de la droite !" peste un éleveur laitier. Un autre renchérit : "Borloo me donne des boutons. Il ne fait que de la communication. Le Grenelle de l'environnement a été dur à avaler." Hervé Morin ne bronche pas. Pas question de taper sur le chef de file du Parti radical avec lequel il travaille à la construction d'une confédération centriste destinée à rassembler également l'Alliance centriste de Jean Arthuis, La Gauche moderne de Jean-Marie Bockel et les écologistes indépendants. Mais le commentaire ne déplaît pas... Car sans le reconnaître ouvertement, Hervé Morin et Jean-Louis Borloo se sont engagés dans une sorte de primaire en vue de l'élection présidentielle de 2012.

Territoires perdus

Convaincu de pouvoir incarner lui-même la famille centriste, Hervé Morin trace sa route. À l'automne, celui qui est redevenu député a entamé, avec "son petit carnet à la main", un tour de France" à la rencontre des exclus et des "territoires perdus". "Aujourd'hui, j'ai noté dans mon calepin que les paysans ont le sentiment d'être abandonnés. Ils sont en manque de reconnaissance, tout comme les magistrats ou même les gars de banlieue qui veulent être pris pour des Français comme les autres", confie-t-il au Point.fr dans la voiture qui l'emmène dans un centre d'accueil de jour pour personnes âgées dépendantes. Faire émerger une "société de reconnaissance" : voilà le coeur du programme d'Hervé Morin pour 2012. Il défend aussi l'importance de la baisse des déficits, la hausse du pouvoir d'achat ou encore une remise à plat de la formation professionnelle. "Je veux un centre fort. Je veux qu'il n'existe pas de majorité sans nous. On a été à deux doigts de l'être en 1981... La destruction est créatrice !" veut croire Hervé Morin.

Encore en chantier, la "maison centriste" pourrait prendre une autre allure le 16 mai, au lendemain du congrès du Parti radical lors duquel devra être tranchée la question de l'association à l'UMP. Puis, à l'automne, il faudra déterminer quel sera le candidat du centre droit. "Je ne sais pas quelles sont les intentions de Jean-Louis Borloo, s'il désire ou non être candidat. Mais quoi qu'il en soit, le meilleur d'entre nous s'imposera. Cela se fera naturellement", estime Hervé Morin. À ses détracteurs qui raillent son manque de notoriété, l'ex-ministre de la Défense objecte que son parti dispose d'un solide réseau d'élus et de militants et que son travail de terrain commence à porter ses fruits. Et ô surprise ! oui. Dans la bourgade de Redon, lorsqu'il pousse la porte d'un bar pour boire un café, les habitués du comptoir le reconnaissent et s'empressent même de lui serrer la main ! Confiant, Hervé Morin balaie donc d'un revers de la main les sondages dans lesquels il apparaît à la traîne : "Lors de la présidentielle de 1965, Jean Lecanuet était crédité de 1 % face à de Gaulle, cela ne l'a pas empêché de finir à plus de 15 % !"

Scènes

Estimant incarner "le besoin de renouveau dans la classe politique française", ce Normand âgé de 49 ans égrène ses atouts : "Je suis jeune, j'incarne une certaine modernité en défendant, par exemple, l'adoption pour les couples homosexuels et j'ai un ancrage dans la France rurale, dans la France du terroir."

Au NC, on assure que Morin est déjà certain d'avoir au moins 390 parrainages sur les 500 nécessaires pour être candidat à l'Élysée. Autant d'arguments que l'ancien ministre déclinera les prochaines semaines sur les terres de Moselle, du Gers et dans les Bouches-du-Rhône, mais aussi sur la scène médiatique. Le dimanche 27 février, Hervé Morin fera son retour au Grand Jury. Le mois prochain, il enfilera le costume de locataire de l'Élysée, le temps de l'émission de Canal Jimmy Bonsoir, Monsieur le Président lors de laquelle l'invité est interrogé comme s'il venait de devenir chef de l'État. Un grand oral auquel il s'est prêté avec conviction. Hervé Morin commente, énigmatique : "L'exercice est intéressant. Cela a une certaine résonance..."


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Steinn


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