Enquête : la mobilité professionnelle

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Enquête : la mobilité professionnelle

Message par Virginie le Jeu 20 Jan 2011 - 10:34

Paris Normandie
20/01/2011
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Cette année, un Haut-normand sur cinq changera d'emploi

Enquête : la mobilité professionnelle touche un salarié sur cinq en Haute-Normandie




Chaque année en Haute-Normandie, un salarié sur cinq est concerné par une mobilité professionnelle, c'est-à-dire un changement de métier. Dans la majorité des cas, cette évolution s'effectue dans la même entreprise, et presque toujours dans le même établissement. Fort attachés à leur terre, enracinés, les Haut-Normands ne sont d'ailleurs que très peu nombreux (4%) à accompagner ce changement de statut ou cette mutation, par un déménagement hors de la région. Ce sont les cadres, les ingénieurs, les personnels d'études et de recherche, qui sont géographiquement les plus mobiles. Les jeunes plus que les seniors; les hommes davantage que les femmes.

Telles sont les premières conclusions d'une étude de l'Insee, l'Institut national de la statistique et des études économiques, qui publie un rapport sur la mobilité professionnelle en Haute-Normandie. «On y relève que certaines familles professionnelles bougent beaucoup plus que d'autres», souligne Damien Barthélemy, cosignataire de ce rapport qui dresse, parmi d'autres, les classements des métiers les plus stables et les plus mobiles, de Haute-Normandie. Chez les premiers, caractérisés par un taux de stabilité supérieur à 85%, se trouvent des métiers dont les compétences peuvent difficilement être transférées en dehors de leur famille professionnelle, comme les coiffeurs, esthéticiens, conducteurs de véhicules, employés et techniciens des assurances ou de la banque. «Le niveau au-dessus, c'est cadre bancaire. C'est-à-dire que l'on passe d'un niveau bac + 2 à bac + 5 avec des formations spécifiques. La marche est assez haute», indique le chargé d'études, qui explique ainsi la stabilité observée dans ce secteur.

En revanche, la mobilité la plus importante se constate chez les ouvriers non qualifiés de l'industrie, de l'ameublement et du bois, ainsi que chez les manutentionnaires. L'évolution, vers des postes d'ouvriers qualifiés, y est particulièrement forte. «Le taux de mobilité des ouvriers non qualifiés (26%) est plus élevé que celui de l'ensemble des salariés (20%)», souligne Damien Barthélemy. «En revanche, celle des ouvriers qualifiés (17% dans la région, 15% au niveau national) est nettement moins marquée».

Dans la moitié des cas, ce changement se traduit par une promotion. C'est une mobilité dite «ascendante». Mais ce n'est pas toujours le cas, car certains secteurs, tels le bâtiment et les travaux publics, sont propices aux augmentations, d'autres sont sensiblement moins séduisants. Ainsi, les diminutions de rémunération sont plus fréquentes pour les entrées sur des postes d'employés, notamment d'agents de gardiennage, d'employés et techniciens des assurances, d'employés et d'agents de maîtrise de l'hôtellerie et de la restauration.

Chez les cadres, la mobilité est plus élevée que celle de l'ensemble des salariés. Elle concerne surtout les jeunes de moins de 30 ans. «D'une façon générale, ils rencontrent davantage d'opportunités d'embauches avec un niveau équivalent de responsabilité. Par exemple, 19% des mobilités des cadres techniques de l'industrie se font vers la famille professionnelle des cadres administratifs, comptables et financiers», notent les auteurs de l'étude. Qui relèvent aussi que les femmes cadres connaissent plus souvent une mobilité «descendante» que leurs homologues masculins.


Salaire, motivation, évolution... Les moteurs du changement


Interrogés quant aux composantes les plus importantes de leur emploi, les salariés haut-normands répondent, classiquement, le niveau de rémunération (59 %), les conditions de travail (42 %) et l'intérêt du poste occupé (41 %).
On ne s'étonnera donc pas que la première motivation du changement soit la recherche d'un meilleur salaire (55 %), devant la perte de motivation (47 %), l'absence de perspective d'évolution (45 %) et le stress (43 %). « On change pour une promotion interne, une évolution des compétences ou pour accomplir des tâches différentes », résume Gilles Picard, de l'Association régionale pour l'amélioration des conditions de travail (Aract), commanditaire d'un sondage sur les parcours professionnels en Haute-Normandie. On change aussi pour échapper à des relations sociales difficiles (27 %), à des efforts physiques trop importants (29 %), des horaires pénibles (28 %), voire des risques d'accident (27 %), ces facteurs étant plus prégnants dans la région que sur le plan national.

« Pour autant, la mobilité n'est pas forcément choisie, ni ascendante ou même transversale », fait remarquer Gilles Picard. « Elle est parfois subie, consécutive à un licenciement ou à des restructurations, et accompagnée de périodes de chômage et de pertes de salaire ».
Dans ce cas, il est important que les compétences du salarié aient été reconnues, ou valorisées, et qu'il puisse bénéficier d'un plan de formation lui permettant de retrouver plus facilement un emploi. « Il faut que cette mobilité soit, autant que possible, organisée », indique Gilles Picard. Celui-ci étudie particulièrement trois zones géographiques de la région, Dieppe, la vallée de la Bresle et le pays de Bray, où le taux de mobilité professionnelle est moins élevé que la moyenne régionale. En revanche, lorsqu'elle est choisie, cette mobilité s'y caractérise, plus qu'ailleurs, par une augmentation des compétences et des qualifications. Un atout indéniable à l'heure où s'y profile notamment le grand chantier de l'EPR à Penly.
F. B.
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Virginie


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