Normandie. La réunification semble acquise

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Normandie. La réunification semble acquise

Message par Virginie le Sam 30 Aoû 2014 - 20:27

Normandie. La réunification semble acquise

Publié par : redacbzhinfo  30 août 2014



30/08/2014 – 07H00 Rouen (Breizh-info.com) -
Si le projet de loi relatif à la délimitation des régions fait beaucoup de mécontents, il ne fait pas l’unanimité contre lui. En effet, la Normandie peut afficher sa satisfaction : la réunification est en marche. Le fameux décret du 2 juin 1960, qui fixe le périmètre des régions actuelles, avait fabriqué deux Normandie : la haute et la basse. La première ayant Rouen pour chef-lieu, la seconde Caen.

Situation qui convenait parfaitement aux deux « boss » de l’époque : Michel d’Ornano dans la « basse » et Jean Lecanuet « dans la « haute ». Chacun possédait ainsi son fief. Comme ils appartenaient tous les deux à la même famille – l’UDF – ils ne pouvaient se permettre d’engager une opération d’annexion en direction de celui  du voisin. En effet qui dit réunification, dit un seul patron. Un Yalta régional s’était donc établi.

Après la disparition de Jean Lacanuet, la « haute » tombait dans l’escarcelle de Laurent Fabius et de ses amis socialistes, tandis que la « basse » demeurait ancrée à droite. Un clivage qui rendait service aux uns et aux autres. La question de la réunification  ne se posait plus puisque deux camps adverses étaient aux affaires. Le système Fabius dominait la haute avec son patron incontesté, des vassaux obéissants et une vie politique locale sous contrôle. Tandis que la droite continuait à cuire sa petite soupe en « basse ». Jusqu’aux dernières élections régionales  où cette dernière tombe à gauche avec un président, Laurent Beuvais (PS), acquis à la réunification

A son initiative, différentes opérations de rapprochement ont lieu avec la « haute ». Mais les employés de Fabius ne veulent entendre parler que de « coopération ». Evidemment, coup de tonnerre lorsque François Hollande lance la réforme territoriale, car qui dit diminuer le nombre des régions, dit fusionner les deux Normandie : cela va de soi.
Alors l’équipe Fabius tente de torpiller le projet. Tous les coups sont permis : par exemple, on propose de créer une nouvelle région additionnant « la basse », la « haute » et la Picardie. On va même plus loin en avançant une idée formidable : fusionner ces derniers avec la région Nord-Pas-de Calais.

A coup sûr, la préoccupation première de l’équipe Fabius est de maintenir au centre du dispositif son fief rouennais. Dans l’hypothèse d’une fusion avec la Picardie, Rouen s’imposait naturellement comme chef-lieu. Tandis qu’en cas de simple réunification se pose immédiatement le problème de la capitale : Rouen ou Caen ?

Finalement, Laurent Fabius a fini par se faire à l’idée de la réunification. Très certainement après avoir obtenu à l’Elysée les assurances souhaitées : le chef-lieu de la « Normandie » sera Rouen.
On voit mal François Hollande refuser cette faveur à son ministre des Affaires étrangères. Avantage d’un décret : pas de débat au Parlement.
Avec comme chef-lieu Rouen, la Normandie verra le préfet de région et les directions régionales des administrations d’Etat se maintenir dans cette ville, avec simplement une extension géographique de leurs compétences. Pendant ce temps, Caen perdra son préfet de région et toutes les structures étatiques liées au statut de capitale régionale; c’est à dire beaucoup d’emplois cadres.

Politiquement, l’affaire n’est pas très grave puisque, depuis les récentes élections municipales, la municipalité est de droite. l’Elysée et Matignon n’ont donc aucune raison de faire des cadeaux au nouveau maire, Joël Bureau (UMP).
On devine tout de suite les hurlements que cette situation nouvelle va provoquer chez les élites caennaises : une impression de déclassement, doublée d’une disparition d’emplois précieux en ces temps difficiles.

Aujourd’hui, capitale régionale, Caen se verra donc rabaisser au rang médiocre de simple chef-lieu de département. Si bien qu’un maire de Caen soucieux de défendre les intérêts de sa ville ne peut pas devenir un chaud partisan de la réunification. Sa cité a tout à y perdre. D’où des blocages à prévoir lorsque sonnera l’heure d’appliquer la nouvelle loi.
C’est ce qu’avait bien compris Alain Tourret (PRG) député de Vire et militant depuis toujours de la cause normande. D’où son souci de désamorcer les oppositions qui ne manqueront pas de se faire jour en « Basse » dès que les élus et les élites comprendront que le processus de réunification accouche d’un vainqueur (Rouen) et d’un vaincu (Caen).Pendant les débats à l’Assemblée nationale, M. Tourret a fait preuve de beaucoup de vaillance en présentant et défendant quinze amendements .
L’un deux concerne tout particulièrement la Normandie : « le chef-lieu de la région ne regroupera pas obligatoirement le préfet de région et l’assemblée régionale qui pourront siéger dans des lieux différents« . Derrière cette phrase se cache la concurrence Caen-Rouen pour le leadership normand. Alors qu’en sera-t-il en définitive ?

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