La Normandie réunifiée : retour d'une ancienne province prestigieuse

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La Normandie réunifiée : retour d'une ancienne province prestigieuse

Message par Virginie le Jeu 19 Juin 2014 - 7:35

La Normandie réunifiée : retour d'une ancienne province prestigieuse

   boursorama.com
AFP le 18/06/2014

AFP a écrit:La Normandie, ancienne et prestigieuse province, doit réapparaître en tant que telle sur la future carte des régions, après avoir été coupée en deux en 1956. Sa réunification, compliquée par la rivalité entre Caen et Rouen, était devenue un serpent de mer.

Si, pour certaines régions, le redécoupage présenté mercredi en conseil des ministres s'éloigne parfois de l'héritage du passé, la fusion de la Haute et de la Basse-Normandie ne souffre d'aucune contestation historique.

Les frontières de la nouvelle région seront pratiquement les mêmes que celles de l'ancien duché de Normandie, établies au XIe siècle.

Ce vaste territoire a d'abord été le comté de Rouen, concédé en 911 par le roi de France au chef viking Rollon lors du traité de Saint-Clair-sur-Epte, avant de progresser vers l'ouest, jusqu'au Mont Saint-Michel.

Episode glorieux, la Normandie s'étendra même outre-Manche quand son duc le plus célèbre, Guillaume le Conquérant, deviendra roi d'Angleterre en 1066.

Rattachée au royaume de France, à l'exception des îles anglo-normandes, la Normandie restera une province à part, avec son droit coutumier, son parlement et son fameux échiquier, sorte de cour des comptes itinérante.

La Révolution française va transformer la province en cinq départements. Mais culturellement, l'entité normande va perdurer.

Le Débarquement du 6 juin 1944 va accroître la notoriété de la Normandie dans le monde entier. Une notoriété encore confirmée par le grand succès des événements organisés autour du 70e anniversaire du Débarquement.

- Hollande résiste à Fabius -

"Quand le président Barack Obama assiste aux commémorations, il ne vient pas en +Lower Normandy+ mais en Normandie", s'insurge Didier Patte, professeur d'histoire-géographie à la retraite et président du Mouvement normand, le plus ancien des mouvements régionalistes.

De fait, les non normands ne font guère la distinction entre Haute et Basse-Normandie.

La partition, en 1956, lors de la création des régions, est due à un haut fonctionnaire, Serge Antoine, qui a confié sur la fin de sa vie qu'il la regrettait.

Le thème de la réunification est revenu ensuite régulièrement dans les discours politiques mais les dirigeants haut et bas normands craignaient de perdre leur pré carré et le choix de la capitale était une pierre d'achoppement entre Caen et Rouen. Economiquement moins puissante, Caen redoute de perdre des emplois administratifs.

Plutôt favorables à la réunification, selon les derniers sondages, les Normands se sont néanmoins habitués à la partition, la Basse-Normandie regardant plus vers la Bretagne, la Haute davantage vers l'Ile-de-France.

Sans attendre les décisions politiques, des acteurs économiques dans le maritime, l'agriculture, le tourisme, l'énergie (EDF), la banque, et des fédérations sportives ont opté pour des structures normandes.

Partisans et adversaires d'une réunification se retrouvent dans tous les partis mais le noyau dur de l'opposition était clairement logé en Haute-Normandie chez les dirigeants socialistes proches de Laurent Fabius. Particulièrement Alain Le Vern, président du conseil régional jusqu'en octobre 2013.

Voyant que le vent tournait, les fabiusiens ont proposé "l'Arc Manche" au nom de la puissance économique: Normandie réunifiée et Picardie pour le nouveau président haut-normand, Nicolas Mayer-Rossignol, Nord-Pas-de-Calais en plus pour M. Fabius.

Mais le chef de l'Etat a préféré l'option purement normande. Le président PS de Basse-Normandie, Laurent Beauvais, a tiré profit du 70e anniversaire du Débarquement pour plaider en faveur d'une Normandie non diluée dans une grande zone nord-ouest.

Les Bas-Normands vont maintenant chercher à transformer l'essai en obtenant pour Caen le statut de capitale. Mais ce choix sera décidé par décret. François Hollande osera-t-il refuser ce statut à Rouen, sa ville natale, au moment où elle s'apprête à devenir métropole?

La droite ne croyait en tout cas pas que le président pourrait imposer la fusion à son ministre des Affaires étrangères.

Si cela se fait "je traverse le bassin du Commerce à la nage", s'était risqué à déclarer le maire UMP du Havre, Edouard Philippe, 43 ans. Il lui faudra accomplir 560 m dans ce bassin du centre-ville dont l'eau est plutôt fraîche...
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Virginie


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