du pétrole dans le pays de Bray ?

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du pétrole dans le pays de Bray ?

Message par Virginie le Lun 23 Juil 2012 - 8:22

Le pétrole du pays de Bray attise les convoitises

Energie. Une société de prospection pense trouver du pétrole dans le sous-sol du pays de Bray en Haute-Normandie.

:arrow: paris-normandie.fr
Publié le dimanche 22 juillet 2012



En termes de richesses naturelles, le pays de Bray est réputé pour son fromage de Neufchâtel ou la poule de Gournay. Et bientôt pour son pétrole ?
Loin du plancher des vaches, quelque part entre 2,5 et 3 km de profondeur, le sous-sol renfermerait des hydrocarbures. C’est du moins ce qu’a reniflé Poros SAS. Cette société de prospection basée à Enghien, dans le Val d’Oise, a déposé en 2009 une demande de permis de recherche d’hydrocarbures dans un périmètre de 587 km² couvrant pour l’essentiel une partie du département de l’Oise et débordant sur la Seine-Maritime. Passée inaperçue à l’époque, cette requête a brusquement refait surface le mois dernier en même temps que le débat sur l’exploitation des gaz de schiste et par la publication, sur le site du ministère de l’Ecologie, d’une carte de France recensant, par département, toutes les demandes d’exploration en cours. Celle de Poros, qui a déposé en tout 7 dossiers pour le bassin parisien, est en suspens.

Alors que le gouvernement annonce une réforme du Code minier avant la fin 2012, « les choses sont un peu bloquées », regrette le pdg de Poros, espérant un accord « cette année ». Au téléphone, Yannis Bassias est formel : « Il y a des hydrocarbures en pays de Bray, c’est sûr ! Il y a eu une production durant quelques semaines ou quelques mois dans les années 80 (lire ci-contre). » Tout aussi catégorique, ce géologue de formation évacue d’entrée la polémique sur les risques liés à l’extraction du pétrole non conventionnel, c’est-à-dire prisonnier de la roche, comme les gaz de schiste. « Ça n’a rien à voir avec les gaz et les huiles de schiste ! C’est une production normale d’huile qui intéresse la région. Le gaz de schiste n’est pas présent dans le bassin parisien. C’est impossible », insiste le patron de Poros, qui garantit, dans l’hypothèse où la présence de pétrole serait confirmée et l’exploitation un jour autorisée, l’utilisation de techniques d’exploitation non polluantes. « Dans le bassin parisien, il existe des techniques traditionnelles d’exploitation depuis 50-70 ans… La production (en pays de Bray, NDLR) ne peut être exploitée que par les mêmes techniques. »

Au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) de Haute-Normandie, le géologue Pierre Pannet se dit « assez étonné », « pas au courant de cette demande de permis ». Quant aux données relatives aux recherches antérieures concernant d’éventuels gisements, il faut payer pour les voir.
Yannis Bassias compte se les procurer s’il obtient le feu vert du gouvernement. Pour autant l’exploration ne se ferait pas du jour au lendemain. « Il faut étudier à fond toutes les données, ce qui peut prendre un an. Si nous parvenons à des conclusions favorables sur la présence d’hydrocarbures, viennent ensuite toutes les demandes liées à l’environnement, la sécurité, la disponibilité des terrains… » La viabilité économique du projet passerait aussi par l’alliance avec des partenaires industriels. Bref, « la production dans cette région, s’il y a preuve, s’il y a décision d’explorer, ça nous mène dans 5 à 10 ans. » Et toute la polémique autour du gaz de schiste étant, dans le cas présent, « du domaine de la caricature », Poros n’a qu’un seul message à faire passer : « N’ayez pas peur ! »

Les écologistes restent sur la réserve

La ministre de l’Environnement Delphine Batho l’a affirmé vendredi 20 juillet: le gouvernement ne reviendra pas sur l’interdiction de la fracturation hydraulique en France. Il n’empêche, et quand bien même la société Poros dément vouloir fracturer le sous-sol du pays de Bray, les écologistes, opposés à l’exploitation des gisements fossiles non conventionnels, restent vigilants. Selon Sylvie Barbier, présidente de Haute-Normandie Nature Environnement, « tout laisse à penser que si les prospections sont relancées, alors que les précédents forages réalisés n’ont fourni qu’une très faible production, c’est qu’ils comptent mettre en œuvre de nouveaux procédés, par exemple la fracturation. » Or cette technologie présente un risque majeur de pollution des nappes phréatiques. « L’indépendance énergétique, oui. Mais pas au prix de la pollution de l’eau », plaide à son tour Véronique Moinet. L’ex-candidate EELV aux législatives en pays de Bray précise que la réforme du Code minier vise justement à permettre la concertation avec les populations et les collectivités locales : « Jusqu’à présent, c’était plutôt à discrétion entre les pétroliers et le gouvernement. Mais le dossier est explosif, il a déjà fait sauter Nicole Bricq. » La première ministre de l’écologie du gouvernement Ayrault voulait « mettre à plat tous les permis » de recherche, y compris celui de Shell pour un forage à 6 000m de profondeur au large de la Guyane. Le permis a finalement été délivré, et Nicole Bricq s’occupe maintenant du commerce extérieur.

Les indices d'un sous-sol riche

- Le « permis de Bray ». Adressée au ministère de l’écologie le 21 avril 2009, la demande de permis exclusif de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux couvre un périmètre de 587 km² situé à cheval entre la Picardie et la Haute-Normandie. L’emprise est délimitée entre les villes de Beauvais (Oise) à l’Est et de Gournay-en-Bray à l’extrémité Ouest.

- Les précédents forages. Dans le mémoire technique justifiant sa demande de permis de recherche en pays de Bray, Poros indique que depuis 1954, 22 puits ont été forés, le long de la faille de Bray, dans le périmètre concerné. « Les deux derniers ont montré des indices d’huiles », l’un d’eux ayant produit « de l’huile anhydre (mélangée à de l’eau) les premiers jours, avant une venue d’eau ».

- La production. Toujours selon les documents produits par Poros, la production connue dans les limites du périmètre « s’élève à 425 tonnes (2 975 barils) et il est peu probable que les puits existants puissent produire davantage ». En revanche, la société de prospection avance que « d’autres puits pourraient être forés le long de la faille car il est probable que le réseau de fracturation renferme des hydrocarbures ».

Sandrine Grosjean
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Virginie


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