« Les 100 ans du Club des cent »

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« Les 100 ans du Club des cent »

Message par Virginie le Mer 30 Mai 2012 - 20:22

Evreux : le Club des cent a 100 ans

:arrow: paris-normandie.fr
Publié le lundi 28 mai 2012

SOUVENIR.C'est à La Biche qu'un dimanche de 1912, fut fondée cette confrérie d'amateurs de bonne chair et de vins fins. Devenue une institution, son aventure continue.

L'anniversaire est passé quasiment inaperçu. Parce que le Club des cent, qui est un peu un cercle fermé de gastronomes et d'amateurs de vins fins, n'est connu que de quelques-uns. Et puis parce que « La Biche » n'existe plus.


A La Biche, une plaque apposée lors du 25e anniversaire

« De très bonnes choses sur de la vaisselle propre ! »
C'est bien ici, pourtant, qu'est née, ainsi que le rappelait une plaque installée au cœur même du restaurant, « la plus ancienne des associations gastronomiques ». C'était le 4 février 1912, un dimanche. Une histoire qui mérite d'être contée.
Ainsi que le narre « Les 100 ans du Club des cent », ouvrage collectif édité chez Flammarion, tout est parti de la volonté de préserver le patrimoine gastronomique de notre belle France. En lançant, le 19 janvier 1912, les invitations au repas inaugural, le journaliste Louis Forest, président-fondateur du futur club, posait les principes de l'association : « C'est un club de touristes automobilistes sérieux, batteurs de routes émérites et qui tiennent par-dessus tout à ne pas s'embêter dans la vie. Notre Société a pour but de nous délivrer de toutes les fausses indications des guides qui nous recommandent des boîtes infâmes et des gargotes innommables. Nous voulons avoir la liste complète des seules bonnes auberges, des seules bonnes boîtes bien françaises où l'on mange de très bonnes choses sur de la vaisselle propre et avec du linge bien blanc. Plus de tables d'hôtes médiocres ou douteuses ! »
L'invitation précisait que le déplacement à Evreux se ferait « par tous les temps ». Un avertissement pas inutile puisque ce dimanche 4 février, il faisait - 15. Quand on sait que les conduites intérieures n'étaient pas encore de mode, on peut affirmer que les invités l'ont bien mérité ce repas. Mais avant de passer à table, les membres fondateurs élaborèrent des statuts. Puis c'est l'assemblée générale au restaurant Pinel, à la Grande Jatte, le 14 mai 1912, qui fixa le principe de limiter à cent le nombre de membres du Club. Des membres admis après un examen d'entrée, fait de questions pernicieuses sur la gastronomie et le vin, ainsi que le rapporte savoureusement Bernard Pivot, qui, pour sa part, subit l'épreuve avec succès en 1985.

F. C. d'apres « Les 100 ans du Club des cent » (Flammarion) 32 €

« Evreux possédait de beaux atouts »
Jean-Pierre Raux, passionné d'histoire locale et de généalogie, rappelle le rayonnement de la préfecture de l'Eure, au début du XXe siècle.
« A l'époque où le Club des cent fut créé à La Biche, ce restaurant appartenait à la famille Peschet. C'était un des deux grands restaurants d'Evreux, avec Le Grand Cerf. On y organisait les repas de famille, mais aussi des réceptions à l'occasion de grands événements. Les deux tables se partageaient quasiment toutes les cérémonies officielles. Les banquets patriotiques avaient lieu à La Biche, où Mac-Mahon, par exemple, déjeuna. Plus tard, c'est au Grand Cerf que l'on fêta la traversée de l'Atlantique par Costes et Bellonte. Victor Hugo coucha au Grand Cerf, Salvador Dali y est passé. » Et plus anecdotique, « Robert Kennedy s'y est vu refuser un verre de vin ! »
« Le Grand Cerf » devait disparaître une première fois sous les bombardements de juin 1940, tandis que « La Biche » a été emportée il y a trois ans par un incendie, quelques jours avant Noël.
Le début du XXe siècle, c'est aussi l'essor de l'automobile qui, cahin-caha, va supplanter la voiture hippomobile.
« C'est l'époque où les marques implantent des concessions et des garages dans le centre des villes. A Evreux, Renault s'implante rue Joséphine, sur l'emplacement actuel de la Siloge. Un peu plus haut dans la même rue, il y avait le garage Peugeot d'Edmond Hée. Quant à André Citroën, qui possédait une résidence sur la côte normande, il a fait installer sur son passage la plus belle concession de France. Les bâtiments qui accueillent maintenant la Halle des expositions. »
C'est sa position entre Paris et Deauville, à l'époque où le tourisme automobile balbutiait, qui a servi Evreux. « En 1896, la Société libre de l'Eure organisa conjointement un concours de bovins et une présentation de voitures. Le constructeur Panhard-Levassor remporta un prix », raconte Jean-Pierre Raux.

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Virginie


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