la véritable histoire de la sorcière de la Dourdannerie - Les Cahiers percherons n° 189

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la véritable histoire de la sorcière de la Dourdannerie - Les Cahiers percherons n° 189

Message par Virginie le Ven 13 Avr 2012 - 7:44

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12/04/12

Perche. L’histoire de l’ensorceleuse faiseuse d’ange

DANS Les Cahiers percherons de ce mois d’avril, Michel Ganivet a déniché une histoire qui devrait en faire frémir plus d’un : «La véritable histoire de la sorcière de la Dourdannerie», à Bretoncelles, au XIXe siècle.

La dernière sorcière reconnue comme telle dans le Perche a fini sur l’échafaud, le 22 mars 1823. Guillotinée à Mortagne, sur l’actuelle place de la République, devant des centaines de personnes, la veille des Rameaux. Retour sur la vie et les pratiques de Rosalie Gibory. Une histoire à vous hérisser le poil.

Elle rentrait dans les maisons
Au nez crochu, le sien était plutôt épaté. Au chapeau noir en pointe, elle préférait un foulard. À la longue tenue sombre, elle portait des vêtements de paysanne. Rien de plus normal pour l’époque. Point de balais non plus pour se déplacer. À défaut d’être trapue, elle était grande. Le teint mat. Les yeux perçants. Les gens la craignaient pour sa taille : «Elle avait la particularité d’entrer dans les maisons quand elle le voulait», rapporte Michel Ganivet qui a consulté des dossiers judiciaires des Archives départementales de l’Orne.

Ses pratiques étaient aussi redoutées. Rosalie Gibory était faiseuse d’ange : avorteuse. Les gens venaient la voir en pleine nuit. Elle leur «donnait de l’eau», disait-on.

Passionnées de plantes
Née à Saint-André d’Échauffour, cette fille de vétérinaire autoproclamé s’est passionnée pour les plantes. Elle s’est intéressée à la médecine naturelle et particulièrement à une plante avortive qui lui amène une clientèle. Une passion qu’elle a découverte quand elle s’est installée chez son père au lieu-dit «La Pégazière », à Bretoncelles, vers 1819, après un premier divorce. Sans aucun diplôme, le paternel était vétérinaire : il soignait aussi bien les bêtes que les êtres humains. À 90 ans, il exerçait toujours.
Vers 1820, elle se met en couple avec Pierre Legoult, qui est l’un des trois propriétaires du manoir de la Dourdannerie, situé à 1 km de l’ancien chef-lieu de canton. Le forgeron la prend tout d’abord comme bonne. Il lui donna une chambre à l’étage. Puis «elle a descendu son lit», disait-on à l’époque pour signifier que la bonne couchait avec le patron.

Elle passe pour être une sorcière aux yeux des gens de la campagne. Sa conduite est qualifiée de «déréglée». Vue grosse à plusieurs reprises, elle n’a jamais eu d’enfant… Pourtant, dix ans plutôt à La Loupe, elle a été traduite devant les jurés d’Eure-et-Loir : elle a accouché d’un enfant jeté dans un vivier dont il a été retiré noyé. Les médecins ont alors considéré que cet enfant n’aurait pas vécu. Elle a été acquittée.

Comme un fléau
Elle finira par donner naissance à une petite fille qui sera placée. «Cette fille, d’une inconduite notoire a eu un grand nombre d’enfants. Un seul est légalement connu mais le sort des autres est ignoré. Serait-il permis de penser que leur disparition est l’ouvrage du crime ?…», s’interroge-t-on.

Regardée «comme un fléau. On lui reproche d’avoir fait périr l’un de ses enfants. On va jusqu’à dire qu’elle l’a brûlé…» Elle a 44 ans. De la partie centrale du manoir, sortait une fumée noire… Après avoir fait avorter d’autres femmes, elle faisait cuire les fœtus qu’elle transformait en poudre. Laquelle s’avérait être plus efficace pour les avortements.

C’est l’une de ses «patientes» qui l’a poussée à sa perte. Enceinte, Madeleine Chauveau a accouché plus tôt que prévu. Cette servante, elle habitait le bourg, a fait appel à la faiseuse d’ange. Qui s’est débarrassée du bébé. Sauf qu’il était encore vivant.
L’enquête judiciaire a été menée par Émile Brad, alors en poste à Mortagne. Il est d’une étonnante efficacité. Très pointilleux, il peut compter sur le greffier, Michel Robert Vallée, qui possède une écriture très alerte. Il reprend tout ce qui se dit pendant le jugement : aucun détail ne lui échappe. En lisant les comptes rendus d’audience, on a l’impression d’y être.

Pratique. «Bretoncelles : la véritable histoire de la sorcière de la Dourdannerie», dans Les Cahiers percherons n° 189, au prix de 7 euros. Édité par les Amis du Perche.
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Virginie


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