Georges-René Pléville Le Pelley: Corsaire et ministre.

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Georges-René Pléville Le Pelley: Corsaire et ministre.

Message par Asulf le Dim 1 Avr 2012 - 18:18


Georges-René Pléville Le Pelley est un corsaire, gouverneur du port de Marseille, vice-amiral et ministre français de la Marine et des Colonies, né à Granville le 29 juin 1726 et mort à Paris le 2 octobre1805. Il fait la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), est capitaine Terre-Neuvas, est corsaire lors de la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Après la guerre on le retrouve capitaine de port à La Martinique, puis en 1767 capitaine de port à Marseille.

SA JEUNESSE (1739-1743)

Dans les Mémoires d’un marin granvillais qu’il écrit après le décès sa femme et son unique fils, morts en 1780 et 1783, Le Pelley consacre les premières pages à l’importance de sa famille avant sa naissance et à sa déchéance du temps de sa jeunesse. Ils les citent presque tous, d’Hugues Le Pelley, officier volontaire, propriétaire d’une campagne assés considérable, vivant du temps de Charles VII (1403-1461) à son grand-père, Jacques Le Pelley du Manoir (1658-1726) écuyer, garde du corps du roi, gouverneur de Granville, armateur, mariée à Anne-Françoise de La Pigannière de Courcelles, fille d’un vicomte d’Avranches. L'aïeul qui va dissiper au jeu les 600.000 livres de la fortune familiale et les 2/3 de la dot de sa femme.
De ce fait, Georges-René naît dans une maisière de petite estime. Son père, Hervé Le Pelley de Pléville, capitaine de Terre-Neuvas est très apprécié en tant que marin, mais très pauvre. Il meurt jeune et son fils et ses deux filles sont élevés par leur belle-mère. Selon Pléville : par imbécillité après la mort de mon père elle mangea son bien et le mien.
Son oncle René, qui est un abbé pourtant peu fortuné, paie les études de Georges-René Pléville Le Pelley au collège de Coutances et toute sa famille le voit déjà au séminaire... Mais Le Pelley au lieu de se contenter de ce destin tout tracé, veut être marin et rêve d’être digne de ses ancêtres. Cette passion pour la mer et cet envie de retrouver son rang vont lui permettre d’endurer dès l’âge de douze ans les dures conditions de vie des mousses, volontaires, matelots terre-neuviers, sans qu’il se lamente sur son sort. Il dénonce violemment toutefois les mauvais traitements infligés à l’un de ses compagnons par le capitaine du navire et est battu, puis mis aux arrêts. Il doit s’enfuir et faire 120 lieues pour rejoindre Québec au milieu d’une nature hostile, juste peuplée de quelques Indiens et d’ours.
Georges-René survit à cette dure épreuve et devient quelques temps flibustier pendant l’année 1741. Comme il est devenu un marin estimé de tous, il regagne comme patron de canot et gabier, puis timonier, Granville, où tout le monde le croit mort. A bord du navire, il écrit un placet au capitaine pour se plaindre des vers dans la nourriture. Comme il emploie quelques mots latins, ses compagnons d’infortune le surnomment le latiniste.
Le 20 avril 1742, il débarque finalement au Havre et repart pour l’Amérique un mois plus tard sur le navire d’un autre de ses oncles Tilly Le Pelley. En tant que lieutenant il adoucit le sort de l’équipage et a le temps pour améliorer ses connaissances en hydrographie et astronomie. A La Martinique, il est enseigne pour le commerce et s’occupe des livres de compte, car il est déjà instruit. Toutefois pas assez pour être officier sur un des vaisseaux du roi. En 1743, à son retour, son oncle l'envoie à Caen où il étudie l’hydrographie, les mathématiques, le dessin, à danser, l’écriture et l’équitation.

LA GUERRE DE SUCCESSION D’AUTRICHE (1744-1748)

Georges-René Pléville Le Pelley ne parle pas de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) avant 1744, date à laquelle le conflit bloque les activités des ports français. Il s’embarque comme lieutenant sur un corsaire de six canons. Puis, il est second capitaine sur un autre navire avec la même puissance de feu. Dans un combat contre deux navires anglais plus puissants, il est blessé par deux balles, l’une au bras et l’autre à la cuisse, et finalement un boulet lui coupe la jambe droite. A Falmouth, la femme d’un juge de l’amirauté le fait soigner et lui permet de regagner la France en février 1745.
A peine guéri de sa blessure, Le Pelley passe comme lieutenant de frégate sur l’Argonaute, commandé par Tilly Le Pelley, son oncle. Il navigue pendant deux campagnes sur les vaisseaux du roy, dont une lieutenant en pied chargé du détail et des signaux. Puis, il va à Terre-Neuve, où il doit repousser l'attaque d'une centaine d’esquimaux.
Sur le vaisseau du roi, Le Mercure, il combat l’escadre de l'amiral Anson et se distingue lors des affrontements par son courage. Le Pelley, qui est officier de manœuvre, a sa jambe de bois emportée. Il dit aux membres de l’équipage : Le boulet s’est trompé ! Le Pelley n’a que vingt ans, mais c’est deuxième fois qu’un boulet lui frappe la même jambe.
Sur un navire corsaire de Granville, sa part d’armement est de 2.400 livres, et il écrira bien des années plus tard : Je voulais acheter tout granville. Fait à nouveau prisonnier, il achète deux de ses geôliers, s’évade et réussit à rejoindre Morlaix.

ENTRE DEUX GUERRES (1748-1756)

Georges-René Pléville Le Pelley est second capitaine au commerce et on le force d’y prendre un intérêt de un quart. Il va à La Martinique et à son désarmement reçoit une somme importante. Revenu à Granville, il fait à nouveau des études pendant un an et sonde la Manche d’Ouessant à Cherbourg. En 1750, il repart à La Martinique. L’année suivante, il fait de la contrebande sur les côtes anglaises et est une nouvelle fois dit mort dans sa ville natale. Sa sœur fait dire pour lui l’office des défunts.
Mais Le Pelley revient parmi les siens, mais repart en 1752, comme capitaine pur Terre-Neuve et l’Amérique. Sur les 140 hommes de son équipage il est le plus jeune, à part les mousses. Pendant trois ans, il fait des campagnes de pêche. C’est une activité très éprouvante et dangereuse tout autant pour l’équipage que pour ses officiers. Il passe selon ses Mémoires parfois quatre-vingt heures sur le pont sans dormir. Son seul plaisir est d’aller vendre ses cargaisons de morue à Marseille.
Le Pelley rencontre dans cette ville Marie-Ursule Rambaud (1735-1780), fille de Jean Rambaud, armateur et capitaine qui devient corsaire lors des guerres et figure dans le tout récent Armorial de la ville de Marseille. Georges-René écrit : Dans l’automne de 1755, j’épousais à Marseille Demoiselle Marie-Ursule Rambaud, fille d’un capitaine comme moi. Mais la date est inventée. Ils se sont mariés le 16 octobre 1757 et ont déjà deux enfants. La guerre fait que les bâtiments terre-neuviers sont réquisitionnés et Pléville Le Pelley a certainement très besoin de l’appui de Jean Rambaud, bourgeois de Marseille, pour devenir un personnage important de ce port. Il devait se marier avant la naissance du deuxième enfant, mais il était en mer.

GUERRE DE SEPT ANS (1756-1763)

Au début de la Guerre de Sept Ans (1756-1763) Georges-René Pléville Le Pelley fait plusieurs transports de troupes qu’ils débarquent à Minorque, île dont il annonce la prise aux Marseillais. Il prend le commandement d’un navire corsaire et ne fait que huit prises sur les côtes espagnoles ce qui le déçoit.
En 1758, le roi lui accorde le brevet de lieutenant de frégate et il part pour l’Amérique. Commandant un bâtiment du roi, il fait encore de nombreuses prises et attaque des navires anglais mieux armés que le sien.

CAPITAINE DE PORT (1763-1777)

Georges-René Pléville Le Pelley est nommé capitaine de port à La Martinique. Il s’y rend avec son beau-frère, Benoît de Rambaud, qui a 13 ans. Il le prend comme aide de port et le fait travailler et étudier avec le sieur Bellin, ingénieur-géographe de la marine. L’état des bassins, des magasins et des fournitures est catastrophique. Et puis il n’existe aucun plan des Antilles françaises ou presque. Le Pelley retire les navires marchands coulés des ports, construit des quais, crée des unités de police, organise une poste, lève des plans... Il finance les travaux parfois à ses frais, mais s’épuise et tombe malade.
En 1765, il regagne la France. La mer le rétablit et le ministre à Versailles le fait capitaine de brûlot. A la demande du Premier Commis de la Marine, il rédige un mémoire pour fournir des nègres aux colonies... un tiers meilleur marché. Celui-ci obtient sa disgrâce. Par la suite, avec la Compagnie de Nouvelle Guyenne, ils appliquent ses plans et s’enrichissent.
En 1767, Le Pelley rédige aussi un traité sur la mâture et est nommé capitaine de port à Marseille, où il recrée des registres, applique les dernières ordonnances, stoppe la corruption et recrée une unité de police efficace. Comme l’écrit Fleury, sa femme s’effraie de toutes ses mesures et s’attend à une réaction très vive des Marseillais. Néanmoins ses réformes à la longue plaisent et il est fait lieutenant de vaisseau et de port.
La frégate britannique l'Alarme, battue par la tempête dans la soirée du 1er mai 1770 s'affale sur la côte. Pléville parvient malgré sa jambe de bois à bord de la frégate dont il prend le commandement. Les Lords de l'amirauté lui donnent un éclatant témoignage de leur reconnaissance : une soupière en argent, sur laquelle sont gravés des dauphins et autres attributs maritimes, avec un modèle de la frégate l'Alarme. Le couvercle, richement ciselé, est surmonté d'un triton. Ce vase, remarquable par l'élégance de sa forme et le fini du travail, porte d'un côté les armes de Grande-Bretagne, et de l'autre l'inscription suivante, destinée à conserver le souvenir de l'événement : Georgio-Renato Pleville Le Pelley, nobili normano Grandivillensi, navis bellicœ portusque Massiliensis pro prœfecto, ob navim regiam in litiore gallico pericli-tantem virtute diligentiâ que suâ serva-tam. Septem vin reinavalis Britannicœ. M.DCCLXX. Dix ans plus tard, le dévouement de Pléville Le Pelley trouvera une autre récompense. Son fils, jeune officier de marine, prisonnier sera libéré avec trois de ses camarades.
En 1773, il est fait chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis et capitaine au régiment de Marseille, puis aide-major de la Marine et enfin commissaire. Il refuse d’ailleurs de porter l’uniforme du corps des officiers de la Plume. Par contre, il est très heureux d’être nommé capitaine en chef du port et fait sonder à ses frais le bassin.
En 1776, Le Pelley va à La Martinique. Ce voyage lui coûte cinq pour cent de pertes du fait des vents contraires et de tracasseries de l’administration royale.
1777, il organise des fêtes pour la visite du frère du roi, Monsieur, et peu de temps après pour l’empereur d’Autriche. Le futur Louis XVIII pour le remercier lui fait cadeau de l'un de ses portraits et Joseph II d'Autriche d’une pension, mais payé par le roi de France.

GUERRE D'INDÉPENDANCE DES ÉTATS-UNIS D'AMERIQUE

En 1778, Georges-René Pléville Le Pelley fait fonction de lieutenant de vaisseau dans l’escadre Charles Henri d'Estaing sur le vaisseau amiral, le Languedoc. Il participe à toute la campagne et à ses différents combats. Il est chargé par d'Estaing de la vente des prises et du ravitaillement et étonne par son désintéressement. Il est promu capitaine de vaisseau sur intervention de l'amiral.
A Marseille il est nommé capitaine de vaisseau et de port, mais peu de temps après cet avancement, Marie Ursule Rambaud, son épouse, meurt d'une anémie pernicieuse le 5 novembre 1780 et leur fils décède en six jours en 1783, en allant à Toulon, d'une fièvre ardente, dont aucun médecin n'est capable de déceler l'origine. Ses deux décès l’affectent beaucoup.
Après ces drames, son beau-frère, Benoît de Rambaud, se marie. Ses témoins sont deux grands marins, Suffren et Villaret de Joyeuse. Georges-René, qui n’a plus que deux filles, accepte avec joie d’être le parrain de son neveu, Auguste-Georges de Rambaud le 12 janvier 1786, à Versailles. Sa belle-sœur, Agathe de Rambaud, née Mottet, fille du Premier de la Marine responsable des colonies, élève le futur Louis XVII. A 60 ans, Le Pelley vient d’être fait chevalier de l'Ordre de Cincinnatus. Il est l’un des rares officiers roturiers qui est à la fois capitaine de vaisseau et gouverneur d'un grand port comme Marseille. Il a été l’un des plus jeunes chevaliers de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis et a reçu des cadeaux des Lords anglais, de Monsieur, de l’empereur d’Autriche. La maisière de petite estime n’est plus qu’un mauvais souvenir. Quoique ?

LA REVOLUTION

Thérèse Pléville Le Pelley épouse François de Viefville, le 23 janvier 1788. C’est un major des vaisseaux du Roi. Quelques mois plus tard, Georges Pléville se fâche. Il était convenu que Viefville le remplacerait comme commandant du port de Marseille. Le Ministre de La Luzerne l’avait promis. Le vieux capitaine de vaisseau écrit : Nous attendions chaque jour les brevets lorsque au mois de mars nous fûmes accablés de l'injustice la plus criante. Je reçus un brevet de retraite et le ministre nomma à ma place à Marseille le sieur Eyriés, lieutenant de port au Havre, avec ordre d'y rester même avec les frais de bureau de Marseille, et Viefville redevenoit lieutenant de port. Cet Eyriés n'avoit jamais servi qu'au Havre, nullement dans les grands ports ny sur les vaisseaux, mais il étoit l'agent de la riche Compagnie d’Afrique, dans laquelle La Luzerne, Duras, etc., étoient intéressés. Il fallait bien le récompenser sans qu’il leur en coûtât. Le corps de la Marine cria, écrivit contre cette abomination, mais nulle réponse et les choses restèrent en état. Cependant, sans cette injustice, ma fille m'auroit resté et, à la Révolution, je me serois trouvé, par ancienneté, le premier vice-amiral de France, et ma fille vivroit encore.
De nombreuses injustices comme celle-ci font que la Révolution éclate. Pléville le Pelley écrit en parlant de la situation à Marseille qu’il avait à se plaindre du gouvernement à plus d’un égard… Un club patriotique se forma. On commençoit à échaufer l'esprit du peuple. Tout le monde étoit à ce club : chevaliers de Saint-Louis, de Malthe, négocians, bourgeois, artisans, ouvriers. Le tout formoit près de deux mille hommes. On me proposa d'y entrer. J’avois plus d'une raison d'accepter : j’avois eu pendant quinze ans jurisdiction sur le peuple; j'avois été juste, à la vérité, mais les méchans sont à craindre. D'ailleurs, j'entrevoyois dans la Révolution une réforme nécessaire d'abus sur toutes les classes du peuple. Je viens d'en faire moi-même la dure expérience par les ordonnances de 74, 76, et ce qui vient de m'arriver sur ma retraite. La Révolution réformatrice desdits abus me paroît donc indispensable. Georges-René Pléville Le Pelley devient le trésorier du club révolutionnaire de Marseille et il débarque même à Avignon, le sabre à la main, pour y ramener l'ordre.
Néanmoins, pendant la Terreur, il prend le commandement d’une division navale chargée de rapatrier un convoi de ravitaillement bloqué à Tunis, en remplacement de Vence accusé de trahison. Une fois sur place, il constate que Vence, franc-maçon comme lui, n’a aucunement failli à son devoir. Ignorant ses ordres, il le maintient à son commandement et lui offre simplement son aide. Il va de l'Italie à Paris bien qu'il soit recherché comme noble et officier de Saint-Louis. Au Comité de Salut Public, Robespierre lui dit : Voilà cependant une désobéissance formelle. Mais les vaisseaux et les navires de transports sauvés, le midi de la France ravitaillé font qu’il est félicité et Vence fait contre-amiral.
En 1794, il est appelé à faire partie des Comités de Marine et de Commerce de la Convention, où ses conseils sont d’une grande utilité. Peu de temps après, il est nommé chef de division au Ministère de la Marine. Il dénonce la situation catastrophique de la Marine et des Colonies. On l’écarte en l’envoyant réorganiser les forces navales à Ancône et Corfou.

MINISTRE (1797)

Nommé contre-amiral au début de l’année 1797, en juillet Le Pelley est envoyé comme ministre plénipotentiaire, au Congrès de Lille, pour y traiter de la paix. Il se signale par sa méfiance vis à vis des Anglais. Adolphe Thiers, dans son Histoire de la Révolution, du Consulat et l’Empire écrira : ...Au contraire Letourneur et Pléville le Pelley, honnêtes gens, mais peu habitués à la diplomatie, avaient la sauvagerie révolutionnaire; ils considéraient les deux Anglais, comme des hommes dangereux, toujours prêts à intriguer et à tromper, et contre lesquels il fallait entrer en défiance. Ils ne voulaient les voir qu’officiellement, et craignaient de se compromettre par toute espèce de communication. Ce n’était pas ainsi qu’on pouvait s’entendre… rapprochements intimes. M. Maret plus habitué que ses collègues aux usages diplomatiques, s’y pressa volontiers; mais il fallut négocier auprès de Letourneur et de Pléville Le Pelley pour amener des rencontres au spectacle.
Le 16 juillet 1797, Georges-René Pléville Le Pelley remplace Laurent Truguet comme ministre français de la Marine et des Colonies. Paul Barras le nomme à cette fonction du fait de ses idées profondément républicaines et car il avait pu apprécier ses talents en séjournant à Marseille à son retour des Indes. Effectivement, Le Pelley est réublicain et, dans un rapport du 5 octobre 1797, il va jusqu’à surnommer Malte la république aristocrafanatique.
Mais, Thiers estime que Le Pelley est un vieux et brave marin, un administrateur excellent... Il essaie de reconstituer un Marine de guerre, mais en vain. Il est remarqué pour son désintéressement et son honnêteté scrupuleuse dans un régime particulièrement marqué par la corruption généralisée des élites politiques et administratives. Un exemple : Georges-René fait construire le télégraphe qui surmonte l'hôtel du ministère de la Marine à Paris, avec le montant d'une allocation qui lui revenait pour frais de tournée dans les ports de France.Ce ministre fait adopter des lois où transparaît son amour de l’humanité : sur les naufragés ennemis, aux réfugiés des colonies, en faveur des pensionnaires...
Vice-amiral en avril 1798, il démissionne le 27 du ministère car, comme l’écrit l’historienne Monique Le Pelley-Fonteny, il prévoit Aboukir. Bruix, le remplaçant de Le Pelley, est un partisan d'une restauration de l'esclavage dans les colonies françaises. Sa nomination est une réussite du lobby colonial.

SÉNATEUR

Nommé à quelques mois de là, au commandement de l’armée navale réunie dans la Méditerranée, mais épuisé par les fatigues d’une vie si active, Georges-René Pléville Le Pelley résigne bientôt ce commandement, puis s’installe à Paris, pour y vivre avec sa famille.
Les honneurs viennent l’y chercher. Napoléon vient de créer le Sénat et il cherche des citoyens distingués par leurs services et leurs talents. Le Pelley est nommé sénateur en 1799. Puis, il est un des cinquante premiers titulaires de la Légion d’Honneur, le 2 novembre 1803. L’empereur le nomme grand officier de la Légion d’honneur, en 1804.
Georges-René Pléville Le Pelley ne jouit pas longtemps de ses distinctions. Une maladie de quelques jours l’enlève le 2 octobre 1805, 2, rue Grange Batelière, dans le IIe arrondissement, à l’âge de près de 80 ans. Un monument simple, décoré d’une épitaphe composée par Monsieur Lemaire, lui est élevé au cimetière de Montmartre par sa famille et ses amis.
A son enterrement ses successeurs négocient déjà une diminution du budget de la Marine.

APRÈS SA MORT

L'amiral Pléville Le Pelley, brave sans forfanterie, travailleur acharné, administrateur au désintéressement sans bornes, est de ceux que l'histoire laisse dans l'ombre. Seuls quelques enfants de sa petite patrie granvillaise et de rares historiens sauvent de l'oubli la noble figure de ce patriote sans peur, de ce républicain sans reproche, et de cet homme honnête. Sa statue à Granville datant de 1907 est détruite en 1942, par le gouvernement de Vichy. Son portrait le plus connu est au musée du Vieux Granville et une nouvelle statue domine le port de sa ville natale. On peut voir son buste au château de Versailles, mais le Sénat en possède un double qu’il n’expose plus dans sa Grande Galerie.
Le dramaturge Édouard Bourdet (1887-1945) mari de l’écrivain Catherine Pozzi (1883-1934) et son fils, Claude Bourdet (1909-1996), compagnon de la Libération et fondateur de L'Observateur politique, économique et littéraire et de Combat sont ses descendants.

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