Le site historique du Hoc retrouve sa pointe

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Le site historique du Hoc retrouve sa pointe

Message par Steinn le Ven 17 Sep 2010 - 14:10


La consolidation de la falaise de la Pointe du Hoc s'achève.



Ce lieu illustre du Débarquement allié du 6 juin 1944 était victime de l'érosion depuis des années.

Après de gros travaux payés par les Américains, tout le site va rouvrir fin novembre.



Reportage

Depuis neuf ans, les 800 000 visiteurs annuels de la Pointe du Hoc, à Cricqueville-en-Bessin, étaient frustrés de ne plus accéder au poste d'observation allemand, au bout de la pointe. Ils pourront de nouveau le découvrir fin novembre lorsque les considérables travaux auront été définitivement achevés.

Un chantier de montagne

En 65 ans, la mer a grignoté dix mètres de falaise rendant dangereuse la position du blockhaus, rendu célèbre par le film Le jour le plus long. En charge de la gestion du site, l'ABMC, American battle monument commission, a fait appel au Congrès des États-Unis pour financer les travaux pour un coût de 4 millions d'euros. « Les travaux sont d'exception. Le résultat est satisfaisant. Il remplit pleinement l'objectif de consolider la falaise sans détériorer l'aspect du site. C'est assez rare que le Congrès américain finance ce genre de chantier », indique Roland Beaudet, chargé de coordination à l'ABMC.

Débuté en février, le chantier a été confié à une entreprise spécialisée en travaux à flan de montagne. Il a consisté à renforcer le pied de falaise par la pose de près de 5 km de barres d'acier qui y ont été enfoncées. « Ce qui est bluffant, c'est qu'on ne remarque rien », explique Benoit Lereverrand, assistant à la maîtrise d'ouvrage. Juste sous le blockhaus, plus de 500 tonnes de bétons ont été coulées dans les crevasses.

En façade, le maître d'œuvre a fait appel à un tailleur de pierre local pour choisir les roches tombées par l'érosion afin de les replacer en façade. Le chantier au pied de la falaise est achevé et l'escalier métallique placé le long sera démonté d'ici une semaine.

Un soulagement pour ces ouvriers habitués à la montagne : vendredi, ils ont découvert la grande marée. Une équipe s'est même fait surprendre par la rapidité de la montée de l'eau. Ils ont dû rester perchés sur les blocs de pierres jusqu'à la marée descendante. « C'est un chantier atypique où le climat et la nature ont eu une part importante. Il reste encore une phase délicate autour du blockhaus, ensuite nous allons revégétaliser le lieu en semant des graines prélevées ici pour conserver l'intégrité du site », détaille Alain Forgeau, responsable de l'entreprise GTS. Une fois le chemin de promenade sécurisé et l'éclairage installé, les visiteurs auront à nouveau accès au blockhaus, pour au moins 30 ans.

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Re: Le site historique du Hoc retrouve sa pointe

Message par Virginie le Lun 6 Juin 2011 - 20:44

La Pointe du Hoc était chaos, la revoilà OK


Jean-Yves Desfoux


La pointe du Hoc vue du ciel: un paysage lunaire. Le site, consolidé, a été rendu aux visiteurs ce week-end.
Philippe Chérel.



Victime de l'érosion, la pointe s'est détachée de la falaise où ont été solidement arrimés les bunkers dans lesquels les Allemands ont vu débarquer les Américains.
Philippe Chérel


Philippe Chérel

Un 6 juin de plus. Le 67e depuis 1944, depuis que la liberté est arrivée en Normandie par la mer, la Pointe du Hoc. Rongée par les embruns et les ans, la falaise est fragile. Pour retarder le moment où elle s'éboulera dans l'oubli, les États-Unis ont colmaté ses fissures, stabilisé les derniers bunkers. Les travaux viennent de s'achever. L'éperon d'épopée devrait encore tenir vingt ou trente ans.
À l'endroit où la Manche se mouche du coude, à mi-chemin d'Utah et Omaha Beach, trône un paysage imposant le respect. Trente mètres d'à-pic sous un ciel en marmelade. Cris rouillés des oiseaux fulmar et ressac sourd des galets dépolis. Grandes orgues du vent. Le nez enfourne des parfums suaves de sureau et des bouffées d'iode. On y avale de l'air de première main, de l'air qui n'a jamais été respiré. C'est la pointe du Hoc.

Le 6 juin 1944, à la pointe du jour, l'ambiance y fut franchement irrespirable. Louis Ledevin, l'ancien maire de Cricqueville-en-Bessin, dix ans à l'époque, a toujours en tête « l'image des chapelets de bombes et le bruit des explosions. Les Américains ne sont pas venus ici pour des prunes. Je quitterai la vie avec ça au fond de moi, ce bruit d'enfer. »

À 7 h 10, avec un peu de retard à l'abordage, 225 Rangers américains, se ruent à l'assaut du nid d'aigle qui enfonce son mufle dans la mer et que l'occupant nazi croyait « imprenable ».

Il n'y a rien d'imprenable pour un Ranger. Un Ranger est un soldat « silencieux comme un chat et fort comme un ours ». C'est un éclaireur qui fait du clair à l'arme blanche. Un gars qui ressemble, par exemple, au sergent William Petty dont Geert Van den Bogaert, l'incollable guide du cimetière de Colleville, connaît le pedigree sur le bout des doigts : « Il veut s'engager dans les Rangers. C'est un athlète, il a tout pour lui sauf un petit défaut : il porte un dentier. On lui dit : William vous ne pouvez pas être enrôlé dans les Rangers. Alors Petty rétorque : Mais, je ne veux pas manger les Allemands, je veux les tuer. OK, William, tu seras des nôtres ».

Ce fut vraiment une bonne et solide recrue que ce William Petty : au soir de la bataille de la pointe du Hoc, il a supprimé 30 soldats ennemis. Sans les dents.

Ce 6 juin 1944, il faut donc prendre le Hoc qui a été écrasé de bombes et ressemble désormais à la Lune, le sol grêlé de milliers de cratères, aux allures de planète morte. Il faut y détruire les canons de 155 mm qui peuvent arroser les copains fraîchement débarqués à Utah dans la Manche et à Omaha dans le Calvados.

Six millions de dollars sur la table

Et pour prendre le Hoc, il n'y a qu'une façon : il faut lancer des grappins, s'affranchir du sol, jouer les écureuils, se hisser à la force du poignet. Il y a quelque chose de sauvagement primitif dans la conquête de ce bec de calcaire : « Pour une fois, nos tuniques bleues se battent comme des Sioux, ce sont eux qui encerclent l'ennemi, dit joliment George Clifton, visiteur d'un jour de ce vieux parapet d'Europe, la pointe du Hoc appartient à notre légende nationale comme Fort Alamo ou Guadalcanal. Tous les présidents des États-Unis doivent passer ici et prononcer un beau discours. Pour nous, c'est Austerlitz ».

Au soir du jour J pourtant, il y a toujours un hic au Hoc : il n'est pas pris. La lutte va y faire rage jusqu'au 8 juin à midi. Les 225 Rangers ne sont plus que 90 quand l'orage de fer et de feu cesse de pleuvoir. Ici, le jour le plus long a duré 72 heures. Et mérité son nom.

Voilà dix ans, le poste de commandement allemand qui se trouvait à dix mètres du bord, s'est retrouvé au-dessus du vide. Et le bout de la pointe où la trace de la guerre est sous nos pieds, a été interdit au public. Les États-Unis, qui jouissent pleinement de l'endroit, propriété du Conservatoire du littoral, ont alors mis six millions de dollars sur la table pour rendre le Hoc aux gens d'ici et d'ailleurs.

Un chantier très pointu (attentif à la nidification des oiseaux marins, stockant précieusement les graines d'herbes pour les replanter au final) a joué avec les marées, colmaté les fissures, enfoncé des clous de fer et de béton, arrimé solidement les derniers bunkers déchaussés, coulé du béton pour étayer les roches d'en bas.

Et livré une pointe du Hoc dans l'état où les braves libérateurs l'avaient laissée en 1944. Tout a été revisité et rien ne se voit à l'oeil nu : « La pointe du Hoc est tirée d'affaire pour vingt ou trente ans. Les derniers vétérans ne verront pas sombrer le lieu de leurs exploits ». Il nous reste trois Rangers des 90 rescapés de 1944.

Un jour, c'est écrit, la pointe s'éboulera dans la mer. Par petits bouts ou d'un coup d'un seul, les tempêtes en décideront : « Ici, il y a eu une bataille entre des hommes. Ça se finit toujours par une paix que l'on signe. Mais la guerre contre la mer... » C'est une autre paire de manches. Et même de Manche.

François SIMON.

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Virginie


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