Pourquoi les Haut-Normands vont-ils au Salon de l'agriculture

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Pourquoi les Haut-Normands vont-ils au Salon de l'agriculture

Message par Steinn le Mar 28 Fév 2012 - 8:24



Patrick Outrebon, éleveur de vaches normandes, présente Déesse au concours général (photo J.-M. Thuillier)

Déesse a trois ans. Cette vache, pure race Normande et en première lactation, a participé dimanche pour la première fois au concours général agricole. Avec son regard doux, sa belle robe marron et blanche, Déesse est une jeune beauté qui ne demande qu'à s'affirmer. Comme les mannequins femmes des défilés de haute-couture, elle a dû apprendre à marcher à la ferme pour se préparer à ce concours.
Vaincre sa timidité, présenter son meilleur profil et savoir obéir quand il le faut: la vie de bête de concours n'est pas tous les jours une sinécure. Mais elle est la fierté de ses propriétaires, Patrick et Nathalie Outrebon, éleveurs de la race normande. Le couple est à la tête d'un cheptel de 90 bêtes.
C'est à Campneuseville, à mi-chemin de Rouen et Amiens, que Déesse a fait son apprentissage dans la propriété familiale. Déjà trois générations dans ce lieu bucolique: un ancien monastère reconverti en ferme d'élevage.
«C'est la cinquième fois que nous allons au Salon. Il s'agit, avant tout, de promouvoir cette race. Une race locale à double aptitude: viande et lait. Les Normandes ont servi à approvisionner Paris après-guerre, en viande, lait et beurre! Aller au Salon n'est pas objectif, c'est un peu la cerise sur le gâteau», explique le président de l'association des éleveurs de race normande.
«Nous allons au Salon pour l'ambiance, pour rencontrer des éleveurs et parler de notre région.» Le concours général, Patrick Outrebon s'est fait une raison: «la meilleure place pour moi, c'est une seconde. Nous n'y allons pas pour gagner car le niveau est très élevé. Nous sommes des amateurs face à des professionnels, il y a de vrais bêtes de concours.»
L'éleveur reconnaît que le Salon lui rapporte peu. «C'est juste de la reconnaissance pour l'élevage, cela donne aussi de la crédibilité à ma fonction de président», plaisante-t-il.
Etre l'une des vitrines du monde agricole, c'est aussi le souhait de Philippe Perrier, éleveur d'ânes normands à Bréauté. Une première participation au salon qui stimule cet éleveur d'une dizaine de bêtes. Ils sont moins de dix en Seine-Maritime et le plus gros élevage compte 25 équidés.
«C'est un hobby, une passion. Je le fais depuis une dizaine d'années, dans la vie je suis consultant auprès des pharmacies», explique l'éleveur. «Je vais au Salon car chaque race est représentée par un mâle et une femelle. Et j'en ai une, Uriele de l'Espérance, trois ans, qui est première dame de France au concours national du Haras des Pins.» Philippe Perrier est fier et heureux de participer à l'aventure salon: «C'est une expérience qui a le mérite d'être vécue, je vais d'ailleurs tenir salon à l'ancienne. Je vais dormir sur place avec les animaux, près d'eux, dans un sac de couchage. Il parait que l'ambiance le soir est très sympa avec les autres éleveurs…» Le propriétaire de l'asinerie de la Petite Fosse compte toutefois sur des retombées positives: «Il faut que les gens continuent d'acheter des ânes purs race. Il s'agit aussi de motiver d'autres éleveurs comme nous: il n'y a pas assez de naissances d'ânes normands et il y a encore beaucoup de travail génétique à réaliser!» Le Salon reste une belle aventure et un rêve à partager aussi avec les citadins de plus en plus nombreux à se rendre au salon pour découvrir en famille la ruralité française.

Les médailles qui changent la vie

Etre médaillé au concours général agricole, c'est le graal pour les artisans, producteurs ou industriels. Retour d'expérience.

Or, argent, bronze, avec cinq médailles en 2011, la ferme des Peupliers à Flipou (27) a décroché le gros lot l'année dernière. Leurs yaourts, desserts et lait ont fait un malheur, la reconnaissance de plus de cinquante ans d'existence. « Nous y sommes allés plusieurs fois pour présenter nos produits, mais en 2011 ces médailles ont récompensé toute l'équipe qui travaille au quotidien », se souvient Christelle Lefèvre, responsable de l'unité de transformation. Vingt-deux salariés travaillent sur l'exploitation, entre l'élevage des vaches laitières et les ateliers. Six millions de pots sortent annuellement de l'entreprise. « C'est un apport en communication : l'aspect petite unité de fabrication, les méthodes artisanales comme à la maison… Beaucoup de personnes sont venues nous voir dans l'après Salon pour acheter des produits. Nous avons eu aussi beaucoup d'appels téléphoniques, les gens sont curieux… »

Du yaourt au nectar de framboises
Les demandes de visite se multipliant d'ailleurs et la ferme des Peupliers envisage d'en organiser après travaux modificatifs. Cette reconnaissance pousse d'ailleurs ces exploitants à s'inscrire cette année, en parallèle au Salon de l'agriculture, pour leur première participation au salon des fromages et des produits laitiers.
Un autre médaillé 2011 est l'EARL des Fruits Rouges à Ajou (27) qui a remporté l'or pour son nectar de framboises. « Oui, ça vaut le coup d'aller et de faire le Salon. Cette médaille a été pour nous une référence supplémentaire, la reconnaissance de notre production et de notre produit », résume Jean-Baptiste Prévost, le fils des exploitants du domaine des Framboisiers dans la vallée de la Risle. « Nous n'avons pas eu plus de commandes professionnelles, mais les particuliers ont été plus réceptifs. Ils prennent cette médaille d'or comme un gage de qualité. »
Dans un rayon de grande surface, une bouteille médaillée au concours général incite plus facilement le consommateur à la choisir. « Nous sommes artisans, agriculteur et transformateur. La médaille est une publicité globale qui permet de nous faire connaître. Les retombées ne sont pas immédiates, nous avons augmenté en volume de 5 % depuis l'an dernier. » La société produit 15 000 bouteilles et présentera cette année au salon un apéritif à la framboise et un autre avec du calvados.

Alain Lemarchand

Source :arrow: Paris-normandie.fr
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum