À Caen, le dernier jour des condamnés à mort

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À Caen, le dernier jour des condamnés à mort

Message par Virginie le Ven 6 Jan 2012 - 8:40

À Caen, le dernier jour des condamnés à mort

En Normandie, le cérémonial de l’exécution capitale est resté le même de 1463 à 1792. Notre Chroniqueur Histoire, Charles-Henry Groult a refait le chemin.

En chemise, pieds nus, la torche à la main, le condamné est d’abord conduit de la prison de Caen, située près du château, au parvis de l’église. Là, dans une macabre mise en scène, il prononce l’amende honorable : il avoue publiquement sa faute, à haute voix, devant les passants et curieux. Il gagne ensuite la place Belle-Croix, au coeur de la ville, où il s’agenouille, avant de s’engager dans la Rue-aux-Fromages, qu’on surnommait ironiquement « rue Monte-à-Regret ».

Ce sont les derniers mètres avant l’échafaud. Dans ses Recherches et antiquitez écrites en 1588, l’historien normand Charles de Bourgueville confirme qu’« en cette grande place se font toutes les exécutions de justice ». Comme le montrent d’anciennes cartes de Caen, la place Saint-Sauveur accueillit successivement le pilori et l’échafaud. Il arriva même qu’on y suspende le cadavre des suicidés à un gibet. Charles de Bourgueville a décrit le supplice du pilori pratiqué en cette ville : « ce pilori était une grosse masse de bois qui tournait sur l'un des bouts de cet échafaud, où étaient punis les criminels, faussaires et parjures, qui étaient condamnés à mort de ce temps là. Cette punition était que les dits criminels étaient attachés les pieds et mains, et on les faisaient tourner par certains tours pour être vus par le peuple alentours, lesquelles tours de pilori les rendaient infâmes ».

Les exécutions attiraient quelques curieux, et en choquaient beaucoup. Au XVIe siècle, quand l’esprit de la Renaissance commença à souffler sur la ville, le pilori fut remplacé par un échafaud plus grand, mais plus sobre. Cet humiliant cérémonial cessa en 1792. Pour autant, la Révolution ne mit pas fin aux exécutions capitales. À Caen, comme ailleurs en France, elles perdurèrent presque deux siècles encore. Et près des quais, quatre pavés firent longtemps frémir les badauds. Dans les années 1880, ils servaient de point d'appui aux montants d'un échafaud « moderne », transportable et montable « en moins d'une heure et demie »...

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Publié par F.O le 04/01/2012
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Virginie


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Re: À Caen, le dernier jour des condamnés à mort

Message par Asulf le Ven 6 Jan 2012 - 14:10

ouvrage qui peut-être instructif, j'ai un ami qui bosse à peu près sur le même sujet mais à Rouen de 1789 à 1814
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Asulf


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