Un « Havrais » à Hastings

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Un « Havrais » à Hastings

Message par Steinn le Mar 22 Nov 2011 - 22:07


Mardi 22 novembre 2011 à 18:43 par dlmt

14 octobre 1066. Le duc Guillaume le Bâtard affronte le roi saxon Harold de Wessex au nord d’Hastings, en Angleterre. Dans les rangs des troupes normandes figure un certain Guillaume Malet, seigneur de Graville.


L’histoire de notre ville débute officiellement avec la fameuse ordonnance de François 1er, qui autorise le 7 février 1517 l’amiral Bonnyvet à construire « hâvre et fortification au lieu de Grasse ». La ville primitive va s’agrandir progressivement et absorber au cours des siècles des entités bien plus anciennes, comme les villages de Sanvic et de Rouelles. En s’appropriant leur territoire, Le Havre est devenu dépositaire de leur mémoire. Il en va de même pour Graville, dont le beau prieuré domine toujours la Porte Océane.
Au temps de la conquête de l’Angleterre, « Gerard villa » appartient à un certain Guillaume « que l’on dit Malet », selon le poète jersiais Wace. La signification du surnom « Malet » reste obscure. Peut-être provient-t-il du latin « Malleator » (forgeron), qui désigne dans le présent cas un guerrier opérant à la masse sur les champs de batailles. Toujours d’après Wace, Malet s’illustre à Hastings par son courage et manque même de perdre la vie dans la mêlée : « Avec l’épée qui étincelle, Aux Anglais il rend une dure escrime, Mais ils lui perforent son écu ; Et tuent son cheval sous lui, Et lui-même va être tué, quand survient le sire de Montfort, Et le Seigneur Guillaume de Vez Pont. Avec la grande troupe qu’ils ont, Ils viennent hardiment à sa rescousse, Et y perdent moult de leurs gens. Ils font monter aussitôt Malet, Sur un destrier qui arrive tout frais ».

Un cadavre contre de l’or

Au soir de la bataille, Guillaume Malet a échappé à la mort. Il enjambe un immonde enchevêtrement de chevaux et d’hommes, masses molles à jamais inertes, pour rejoindre le monde des vivants. Le corps du roi Harold, atrocement mutilé, vient juste d’être reconnu par son ancienne maîtresse, la belle Édith au Col-de-Cygne. Seules quelques particularités corporelles lui ont permis de l’identifier. Déjà la mère du roi défunt demande au duc le cadavre de son fils contre son poids en or, afin de lui donner une sépulture digne. Mais le Bâtard s’y refuse, voulant à tout prix éviter que la tombe de son ennemi ne devienne un dangereux lieu de pèlerinage et de recueillement pour le peuple vaincu. Il fait mander Guillaume Malet et lui ordonne de l’inhumer discrètement quelque part près du rivage. « On dit par raillerie, écrit un contemporain, qu’il fallait enterrer Harold en un lieu où il pût garder la mer et le rivage dont en sa fureur il avait voulu fermer l’accès ».
Ainsi l’un des plus anciens « Havrais » de l’histoire, fut-il le seul à connaître l’endroit où repose pour l’éternité l’infortuné roi Harold.
Stéphane William Gondoin

Extrait de « Histoires normandes; au temps des Vikings et des ducs de Normandie (820 – 1204)».
Éditions InQuarto.
Prix : 18 euros.

Site de Stéphane William Gondoin http://www.normannia.fr/



Lien :arrow: Lehavreinfos.fr
avatar
Steinn


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum